MAILLY Alexis, Louis

Par Yves Le Maner

Né le 1er mars 1883 à Chirmont (Somme) ; mort le 7 octobre 1945 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; employé, journaliste ; militant socialiste ; secrétaire de la Fédération socialiste de la Somme (1909-1937) ; fondateur et rédacteur en chef du journal socialiste d’Amiens, le Cri du Peuple ; administrateur du Populaire de 1937 à 1939.

Fils d’un agriculteur, Alexis Mailly s’installa à Amiens après ses études primaires pour travailler dans une maison de commerce. Employé par la suite à la coopérative "l’Union", il en devint le gérant. Ardent militant socialiste malgré son jeune âge, il fonda en 1902 le Cri du Peuple qui fut l’organe départemental du Parti socialiste SFIO de la Somme dès sa constitution ; Mailly devait en rester le gérant et le rédacteur en chef jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il joua un rôle important dans le processus d’unité dans la Somme et fut délégué au congrès constitutif du Parti SFIO à Paris en 1905. Mailly prit en 1909 la direction du secrétariat de la Fédération socialiste SFIO de la Somme et la garda jusqu’en 1937, à l’exception de quelques mois de mobilisation au cours de la Première Guerre mondiale. Il représenta sa fédération aux congrès nationaux d’avant-guerre à Nîmes (février 1910), Paris (juillet 1910), Saint-Quentin (1911), Brest (1913) et Amiens (1914). A nouveau délégué aux congrès de Strasbourg (février 1920) et de Tours (décembre 1920), il opta, au cours de ce dernier congrès, pour le maintien de l’unité internationale, toutes tendances réunies. Après la scission, il resta avec la minorité à la SFIO et continua de représenter la Fédération de la Somme à la plupart des congrès nationaux organisés jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Membre de la CAP du Parti socialiste SFIO de 1926 à 1939, il y fut l’un des plus fidèles soutiens de Paul Faure. Excellent orateur, spécialiste du langage "vert", il marqua de sa forte personnalité le mouvement socialiste picard pendant l’entre-deux-guerres. Secrétaire du syndicat confédéré des employés d’Amiens, il milita également à la Ligue des droits de l’Homme et à la Libre pensée.

Élu conseiller municipal d’Amiens en 1919 et conseiller d’arrondissement pendant les années vingt, Mailly échoua à toutes ses candidatures aux législatives : en 1914, dans la 2e circonscription d’Amiens, avec 2 880 voix ; en 1919 sur la liste socialiste où il avait remplacé Louis Lecointe, exclu ; en 1924 sur la liste du Cartel qui comprenait trois socialistes et quatre radicaux ; en 1928 et 1932 dans la 2e circonscription d’Abbeville ; enfin en 1936 dans la 1re circonscription d’Amiens. Devancé de 139 voix seulement par son adversaire de droite en 1928, il se désista en 1932 pour assurer le succès du candidat radical-socialiste et permettre l’élection du communiste Jean Catelas en 1936. En 1931-1932, il fut membre du conseil d’administration du Populaire. En 1937, Mailly quitta la Somme pour Paris où il fut appelé comme administrateur adjoint du Populaire aux côtés de Jean Lebas.

Lors de l’invasion allemande de 1940, il se réfugia à Clermont-Ferrand où il possédait un petit restaurant depuis 1938. En janvier 1941, il prit contact avec Léon Tellier pour conseiller ce dernier qui avait entrepris de reconstituer la Fédération socialiste de la Somme dans la clandestinité. Pendant l’Occupation, son restaurant servit d’abri à de nombreux résistants recherchés par la Gestapo ou par la police vichyste. Demeuré en Auvergne après la guerre, Mailly cessa de militer après plusieurs alertes cardiaques sérieuses.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119563, notice MAILLY Alexis, Louis par Yves Le Maner, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 16 avril 2020.

Par Yves Le Maner

ŒUVRE : A. Mailly était l’administrateur et le principal rédacteur de l’hebdomadaire fédéral Le Cri du Peuple.

SOURCES : Arch. Dép. Somme, M 8/195, M 90366 et M 90367. — Comptes rendus des congrès socialistes. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes t. II, pp. 637 à 940, passim. — Renseignements fournis par Léon Tellier, ancien secrétaire de la Fédération socialiste de la Somme. — Notes de Jacques Girault.

ICONOGRAPHIE : Arch. Dép. Somme, M 90367. — Hubert-Rouger, op. cit., p. 630.

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