PAPAUD Renée, Justine

Par Alain Dalançon

Née le 21 mai 1890 à Presqu’île Ducos (Nouvelle-Calédonie), morte vers 1970 ; institutrice, militante féministe de la FUE, militante du SNI.

Renée Papaud
Renée Papaud
A droite, plus petite que certaines de ses élèves à l’école de Breuillet en 1935

Sa mère, Rose Baliros, était institutrice publique à la Tremblade (Charente-Inférieure) ; elle aida son père, Edouard, Isaac Papaud, jeune marin qui avait fait le tour du monde et qu’elle avait épousé le 5 avril 1880 à Sainte-Marie de Ré, à préparer des concours administratifs. Puis le couple partit en 1884 en Nouvelle Calédonie, où Isaac devint surveillant militaire du bagne. Quatre enfants naquirent en Nouvelle Calédonie : un fils Georges, né en 1886, et trois filles, Edith née en 1888, Renée la cadette, et Suzanne née en 1891. Renée fut baptisée en janvier 1891.

La famille regagna La Tremblade à la fin des années 1890, tandis que le père poursuivit sa carrière au bagne de Cayenne où il garda Alfred Dreyfus. Les trois filles devinrent toutes institutrices en Charente-Inférieure. Renée commença à enseigner en 1909. Durant la Première guerre mondiale, elle était en poste à Cravans près de Gémozac, puis fit toute sa carrière dans la presqu’île d’Arvert, terre du protestantisme : elle était institutrice à Breuillet en 1935.

Militante du Syndicat des membres de l’enseignement laïque de la Charente-inférieure, elle en fut secrétaire à partir de 1919-1920 (gérante en 1921 du Bulletin après René Truaud) et resta en fonction jusqu’en 1927, date à laquelle elle démissionna de cette responsabilité pour raisons de santé, tout en restant secrétaire adjointe.

De 1926 à 1928, elle s’occupa à nouveau du Bulletin où elle écrivit une série d’articles sur le roman (La Garçonne) et les femmes. Secrétaire du groupe féministe en 1923-1924 et 1926-1927, elle participa à de nombreux congrès fédéraux : 1919 (11-15 août), 1920 (congrès extraordinaire à Bordeaux), 1923, 1924, 1926, 1927 et 1930. Elle fut également déléguée en 1926-1927 au congrès de l’Union régionale CGTU et en 1928 au congrès de l’UD ; elle appartenait à la majorité fédérale.

Elle militait pour le Rassemblement populaire et fut une des animatrices du Cartel des fonctionnaires au début des années 1930 contre les décrets-lois. En janvier 1934, elle co-présida un meeting au cinéma Familia à La Rochelle où elle appela à user du droit de grève.

En 1935, elle entra au bureau départemental du Syndicat national des instituteurs et institutrices.

En 1941, elle fut mise en retraite d’office.

Renée Papaud mourut vers 1970.

Les principales féministes dans le Maitron : https://maitron.fr/spip.php?mot192

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124793, notice PAPAUD Renée, Justine par Alain Dalançon, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 28 mai 2022.

Par Alain Dalançon

Renée Papaud
Renée Papaud
A droite, plus petite que certaines de ses élèves à l’école de Breuillet en 1935

SOURCES : Arch. Nat. F7/13744. — L’École émancipée. — L’Ouvrière, 11 août 1923. — Bulletin du syndicat de l’enseignement de la Charente-Inférieure. — Bulletin des groupes féministes. — Arch. départ. Charente-Maritime, 4M2/89 — Julia Drost, La Garçonne, Wandlungen einer literarischen Figur,2003. — A.-M. Sohn, Les rôles féminins dans la vie privée sous la IIIe République, thèse Paris 1, 1994. — Notice DBMOF non signée.— État civil de la Nouvelle Calédonie, et Dictionnaire des baptisés en Nouvelle Calédonie, Calameo, Christian Martinet. — Témoignage de sa nièce, « Suzanne Proust, le temps retrouvé », 2013, memoires-vivantes-ronce.over-blog.com/

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