PASSERIEU V

Par Michel Dreyfus

Né en 1868, ouvrier électricien, V. Passerieu fut en 1903 un des fondateurs du Syndicat des travailleurs de l’industrie électrique (STIE) du département de la Seine avec L Baudry et Émile Pataud qui devait y jouer un rôle essentiel. V. Passerieu fut le trésorier de cette organisation qui regroupait un millier d’adhérents en 1904. Lorsque le 7 février 1906, Émile Pataud fut arrêté pour action antimilitariste, ce fut V. Passerieu qui assura l’interim jusqu’à la libération de Pataud en juin. V. Passerieu participa activement aux grèves de mars 1907, puis à nouveau aux grèves d’octobre 1910 en solidarité avec les cheminots à l’issue desquelles il fut révoqué puis ultérieurement réintégré. Il assista comme délégué au XVIIe congrès national corporatif — onzième de la CGT — et à la 4e Conférence des Bourses du Travail tenus à Toulouse du 3 au 10 octobre 1910. Il devint secrétaire du syndicat de la CPDE, le Syndicat des forces motrices et des industries électriques (SFMIE) qui était alors rattaché à la Fédération des métaux.

Durant la Première Guerre mondiale, V. Passerieu prit d’abord position contre l’union sacrée qui « ne fera pas disparaître la lutte de classes » écrivit-il en septembre 1915 dans le Bulletin de l’entente syndicale CPDE. Puis il suivit une évolution assez analogue à celle d’Alphonse Merrheim qui peu à peu rallia les positions de Léon Jouhaux, tout en prenant une part essentiel aux luttes syndicales à la CPDE de 1917 jusqu’en 1920. Pour lui, il n’était plus question de remettre en cause le système de production industrielle. Le potentiel économique de la Nation devait être développé et le prolétariat tenu de participer à son essor. En octobre 1918, le SFMIE disparut en tant que tel ; sa section des forces motrices rejoignit la Fédération de l’Éclairage et se créa alors le Syndicat des producteurs et distributeurs d’énergie électrique de la Seine (dit parfois en abrégé Syndicat des producteurs) dont V. Passerieu fut le secrétaire. Alors qu’en temps que lieutenant de Pataud, il n’avait reconnu à la CGT qu’un rôle d’orientation et de coordination générale de la pratique syndicale, il reconnaissait maintenant à cette dernière pleinement le droit de diriger le mouvement syndical.

Lors du congrès de fusion des Fédérations de l’Éclairage et des forces motrices (Ve congrès de la fédération CGT de l’Éclairage) tenu à Paris en mai 1919, V. Passerieu fut élu secrétaire général pour la « section électricité ». Il fut réélu l’un des secrétaires de la Fédération lors de ses VIe et VIIe congrès (Paris septembre 1920 et Nancy septembre 1921). Avec Henri Prêté, Friess et D. Roux, V. Passerieu se prononça contre l’adhésion à l’Internationale syndicale rouge et resta à la CGT et fut réélu avec Charles Biot secrétaire de la Fédération CGT de l’Éclairage lors de sa conférence-congrès, tenue à Paris en juin 1922. Mais il était malade et dut démissionner de ses fonctions en juin 1923 ; il avait cinquante cinq ans. Il fut remplacé par Jean Morel. Il avait appartenu à la commission administrative de la CGT en 1920 et 1921.

V. Passerieu mourut en 1938.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article125060, notice PASSERIEU V par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : La CGT, op. cit.. — Compte rendu du congrès de Toulouse. — R. Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps actuels, 1982. — R. Marie d’Avigneau, « les luttes sociales chez les électriciens-gaziers, des origines à la Libération » , in Histoire de l’électricité en France, t. 2, 1919-1946... op. cit..

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