PIÉTRI Charles

Par Claude Pennetier

Né le 30 août 1883 à Carpineto (Corse), mort le 7 janvier 1928 à Paris (Xe arr.) ; instituteur libre ; secrétaire du syndicat des instituteurs libres de la Seine ; conseiller municipal communiste du Pré-Saint-Gervais.

Fils d’un « propriétaire », Charles Piétri obtint le Brevet supérieur à Bastia

Enseignant à l’institut Weiss au Pré-Saint-Gervais (Seine) puis à Vincennes. Fondateur et animateur du syndicat des instituteurs libres de la Seine, il fut selon l’Humanité du 9 janvier 1928, « l’un de ceux qui les premiers travaillèrent au redressement du Parti socialiste pendant la guerre ». Élu depuis 1912 conseiller municipal socialiste du Pré-Saint-Gervais (Seine), il fut mobilisé au 167e régiment d’infanterie à Toul et envoya en mars 1916 son adhésion au Comité pour la reprise des relations internationales qui venait de se constituer. En novembre 1917, il fut mis en sursis d’appel et affecté à l’institut Delaplace, à Vincennes, où il travailla jusqu’à la fin de juillet 1921. Il exerça ensuite un moment comme instituteur libre mais vécut bientôt de la seule papeterie-librairie que sa femme exploitait depuis 1913 au Pré-Saint-Gervais. Il se consacrait en fait à plein temps à ses activités militantes devenues multiformes dès la fin des hostilités.

Réélu conseiller municipal le 30 novembre 1919, partisan de l’adhésion à la IIIe Internationale, Charles Piétri fut délégué de la Seine au congrès de Tours (décembre 1920). Porteur de mandats pour la motion Cachin-Frossard, il appartint à la commission de vérification des mandats et entra, à l’issue du congrès, à la commission de contrôle de la SFIC.

A son retour, il avait repris le secrétariat du syndicat des instituteurs libres et l’avait entraîné aux côtés des Comités syndicalistes révolutionnaires où se retrouvaient les minoritaires hostiles à la ligne « réformiste » de la vieille CGT. Il devint membre de leur commission de contrôle dès novembre 1920, puis secrétaire du comité départemental de la Seine en décembre de la même année. Lorsque la scission fut devenue inévitable, Charles Piétri fut parmi les fondateurs, au début de février 1922, du nouveau syndicat des employés de France et des colonies qui allait bientôt s’affilier à la CGTU, devenant d’emblée son secrétaire adjoint, puis général en juin suivant. Le congrès de Saint-Étienne d’où sortit la nouvelle confédération le fit entrer en juin-juillet 1922 à sa commission exécutive, à titre de suppléant, puis de titulaire à partir de 1925.

En 1922, Piétri intervint dans les colonnes de l’Internationale sur la question du Front unique. A l’automne 1922, il signa une lettre réclamant la modification des statuts de l’Internationale syndicale rouge avec Kneller et Quitton, adoptant ainsi une position proche de celle des syndicalistes révolutionnaires. A la suite de la conférence tenue à Essen (Allemagne) contre l’occupation de la Ruhr, il fut arrêté le 10 janvier 1923 sous l’inculpation « d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État »et emprisonné à la Santé puis comparut devant la Haute Cour de justice et fut relaxé en avril, bénéficiant d’un non-lieu en juin (voir Marcel Cachin). En 1924, l’assemblée municipale du Pré-Saint-Gervais était profondément divisée : neuf édiles communistes (Lucien Lagarde, Paul Langlois, Louis Pelletier, Gaston Morisée, Jean Joly, Adolphe Ney, Antoine Hoebink, Charles Henriet et Charles Piétri qui dirigeait la fraction communiste du conseil), six conseillers « communistes dissidents » et sept socialistes SFIO dont le maire, Eugène Boistard et les adjoints ralliés depuis peu à la « vieille maison ». Profitant de la vacance de cinq sièges, Piétri fit démissionner en juillet 1924 huit élus communistes (seul Lagarde conserva son mandat) afin de provoquer des élections complémentaires et tenter d’obtenir la majorité au conseil. Il dirigea la liste du BOP les 5 et 12 octobre 1924, avec Joseph Jacob, membre du Comité directeur du PC. Les candidats communistes arrivèrent en tête au premier tour avec 966 voix de moyenne contre 918 aux socialistes et 528 aux radicaux. Mais, au second tour, la liste dirigée par le socialiste Alfred Wiltz fut élue avec 1 340 voix contre 1 068.

En outre, Charles Piétri devint secrétaire du comité intersyndical du Pré-Saint-Gervais, fonda le syndicat local des locataires et milita à l’ARAC et à la CGTU. Il avait fortement contribué à implanter les premières cellules communistes dans la banlieue nord-est. En 1927, il rédigeait et éditait à son domicile la Banlieue rouge, le journal des sous-rayons communistes de la banlieue nord-est de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article126311, notice PIÉTRI Charles par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 17 avril 2020.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053. — Arch. PPo. 300.— Arch. Dép. Seine, DM3 , vers. 10451/76/1. — L’Humanité, 9 janvier 1928. — Notes de Jacques Girault.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément