LISIECKI Stanislaw

Par Daniel Grason

Né le 30 octobre 1905 à Lublin (Pologne), fusillé comme otage le 25 avril 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; mineur, manœuvre ; volontaire en Espagne républicaine ; militant communiste.

Fils de Stanislaw et Magdalena, née Szkudlarek, Stanislaw Lisiecki entra en France le 6 janvier 1923, venant d’Allemagne. Il résida à Abscon (Nord) jusqu’en novembre 1936, où résidaient également son frère Jean et sa sœur Marie. Il travailla comme mineur à la Compagnie des mines d’Anzin, à la fosse Saint-Marc de son arrivée au 2 février 1929. Il exerça diverses professions avant de travailler chez un boulanger de Somain (Nord).
Le 7 novembre 1936, il partit pour l’Espagne combattre dans les Brigades internationales. Il revint en France le 12 juillet 1938, en passant par Cerbère, pour cause de maladie. Il habita à Paris, d’abord dans l’hôtel du 28, de la rue des Chaufourniers (XIXe arr.) où étaient logés des volontaires pour l’Espagne, puis dans trois autres hôtels de l’arrondissement. Deux refus de séjour lui furent signifiés le 3 décembre 1938 et le 11 mai 1939. Le lendemain, en application d’une décision ministérielle du 28 avril, il fut envoyé au camp d’internement de Gurs (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques). En mai 1940, il fut incorporé dans l’armée polonaise au camp de Coëtquidan (Ille-et-Vilaine). Démobilisé le 5 juillet 1940, un certificat lui fut délivré par le consulat de Pologne, ainsi qu’un passeport valable jusqu’au 6 février 1941. Le 2 septembre 1940, un certificat d’identité provisoire lui fut délivré par la direction des Renseignements généraux.
De retour à Paris, il logea dans le XIXe arrondissement, puis dans un hôtel 50 rue Piat (XXe arr.). Il travailla comme cantonnier au service du nettoiement de la Ville de Paris, fut manœuvre à la Maison Bergeon-Buret, terrassier à la société Hersent, manœuvre à la Croix Rouge Allemande, rue de Montalembert (VIIe arr.). Stanislaw Lisiecki vivait avec son amie Georgette Clerquin, née le 1er novembre 1916, à Paris (XIXe arr.). Deux enfants étaient nés de leur union : Monique, née en 1938 et Jacques, né en 1941. Il figurait sur une liste d’ex-Brigadistes, établie le 19 septembre 1941 par la 3e section des Renseignements généraux, et sur une liste de militants communistes, du 7 janvier 1942.
Les policiers du commissariat du quartier Saint-Vincent-de-Paul (Xe arr.), l’arrêtèrent à son domicile, le 24 décembre 1941, à 6 h 30 du matin. Les deux enfants étaient là, Georgette, enceinte également. Le commissaire conclut ainsi son rapport : « À son domicile, où nous avons procédé à une perquisition, il n’a été découvert ni tract, ni arme, ni objet suspect. » Stanislaw Lisiecki fut interné à la caserne des Tourelles comme communiste et ex-milicien des Brigades internationales. Le 14 avril 1942, une note du cabinet du préfet informait que les autorités allemandes interdisaient le transfert dans un autre camp ou prison de cinq internés : Ferdinand Revesz, Moszek Rotzach Francesco Turri, Elmo Scussoli et Stanislaw Lisiecki, tous anciens d’Espagne.
Il fut passé par les armes le 25 avril 1942, le même jour que six autres otages dont Moszek Rotzach, un ancien brigadiste. Il fut inhumé au cimetière d’Asnières (Seine, Hauts-de-Seine), en novembre 1967. La mention « Mort pour la France » fut portée sur le registre de l’état civil. Il fut délivré à sa compagne Georgette Clerquin une attestation no 40178 en date du 2 août 1947, signée du lieutenant FFI Marty, attestant que Stanislaw Lisiecki était interprète, avec le grade de sergent. Dans le cimetière d’Asnières, une stèle porte son nom : « Stanislaw Lisiecki 1905-1942 fusillé. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137333, notice LISIECKI Stanislaw par Daniel Grason, version mise en ligne le 10 juin 2011, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 182. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Léon Tsévéry, Les 1007 fusillés du Mont-Valérien parmi lesquels 174 juifs, Éd. FFDJF, 1995. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, EFR, 1979. – Site Internet, CDJC. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb.

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