MARCHAND Blanche

Par Claude Pennetier

Née en octobre 1903 (peut-être à Versailles)  ; technicienne  ; élève de l’ELI de Moscou.

Fille d’un médecin et d’une mère au foyer, Blanche Marchand fit ses études au lycée de Versailles jusqu’en 1922 (elle ne précise pas si elle a obtenu le bac) puis fréquenta pendant un an la faculté de droit de Paris. Des divergences avec ses parents l’empêchèrent de poursuivre ses études.

Elle travailla, de 1923 à 1924, comme secrétaire de l’Office des intérêts féminins avec Gabrielle Duchêne qu’elle présente comme « un des membres actif des amis de l’URSS en France ». Contribua-t-elle à son recrutement, de 1924 à 1926, comme secrétaire du Représentant à Paris du « Markomzdrav », représentation du ministère de l’hygiène de l’URSS en France  ? Elle travailla ensuite à la Délégation commerciale de l’URSS à Paris tout en militant à l’Union des femmes contre la guerre.

La Parti communiste reçut son adhésion en 1927. Elle fut secrétaire adjointe de sa cellule et participa à l’agit-prop de son rayon en liaison avec Marthe Potozniak. Mais la délégation commerciale donna consigne à ses employés français de ne pas avoir de militantisme actif pour éviter des incidents diplomatiques. Elle profita de son temps libre pour se former techniquement en suivant des cours du soir d’ingénieur textile avec la perspective d’aller travailler en URSS. La Délégation lui fit faire des stages dans les usines du Nord de la France et en Belgique. Elle parlait anglais et apprit le russe et s’était marié au Consulat soviétique avec un citoyen soviétique, mariage qui ne fut pas communiqué aux autorités français, elle était donc célibataire pour la France et mariée pour l’URSS..

Elle se rendit en URSS en juin 1930 et fut admise à Parti communiste bolchevik en août 1930. Tout en travaillant dans une entreprise d’Import à Moscou (Zwettimort), elle suivit des cours du soir à l’École léniniste internationale. Celle-ci l’envoya faire un travail pratique pendant six semaines en Ukraine et en Crimée. Elle demanda alors d’être admise comme élève à plein temps à l’ELI puis à rentrer militer en France pour militer. La directrice se montra favorable, le représentant du PCF à Moscou (André Ferrat, qu’elle appelle Sailor) aussi et le Parti communiste français accepta vers août 1931. Elle fréquenta l’école jusqu’en novembre 1932, travailla au bureau scientifique de l’ELI jusqu’en juin 1932 ; elle fut alors payée "au régime" des élèves de l’ELI. et demanda son retour en France. André Marty donna à plusieurs reprises un avis favorable, en fixant même la date au 25 août 1932, mais ne fut pas partisan à son entrée à la direction de la section féminine française en cas de présence en France car elle ne connaissait la réalité de la condition féminine en France que de « façon académique ». Il considérait d’ailleurs sa présence en France comme provisoire.

Mariée avec un soviétique, elle avait dû laisser son passeport français en échange d’un passeport soviétique au Bureau des étrangers mais elle peina à le reprendre après la séparation du couple fin 1930 semble-t-il. Nous ne savons pas si elle est rentrée en France et nous ignorons son devenir.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139454, notice MARCHAND Blanche par Claude Pennetier, version mise en ligne le 28 janvier 2012, dernière modification le 8 septembre 2020.

Par Claude Pennetier

SOURCE : RGASPI, 495 270 1059, notes d’André Marty, lettre-autobiographie de Blanche Marchand, 26 août 1931 ; documents en russe traduits par Macha Tournié.

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