PERLSTEIN Henri, Samuel dit Yves, alias PEREL Henri

Par Daniel Grason

Né le 12 novembre 1906 à Lvov (Pologne, Ukraine), mort à une date inconnue ; électromécanicien, outilleur ; militant communiste de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI) ; déporté.

Henri Perlstein, sa femme et son fils
Henri Perlstein, sa femme et son fils
Communiqué par la famille.

Fils de Joseph et de Klara Friedheffer, Henri Perlstein habitait 77 rue Vauvenargues, Paris XVIIe arr., il fit partie d’un groupe de la MOI dès 1942, distribua des tracts de l’organisation. En septembre 1943, il devint adjoint au responsable au matériel pour l’Inter région de la MOI, disposa d’un domicile illégal au 46, rue de la Chapelle, (XVIIIe arr.). Il eut la responsabilité de deux dépôts de matériel, l’un au 15, rue des Saints Pères, l’autre au 42 rue Jacob, (VIe arr.), il était en liaison avec Joseph Litwak. Il travailla jusqu’en septembre 1943 comme ouvrier outilleur aux Eablissements Genève, 188 rue des Châteaux-Rentiers, (XIIIe arr.).
Mis en cause par Armand Avramesco arrêté le 7 janvier, frappé à coups de nerf de bœuf, Henri Perlstein fut appréhendé le 11 janvier 1944 par deux inspecteurs de la Brigade spéciale n° 1. Fouillé, il portait sur lui des faux papiers : carte d’identité, certificat de travail, feuille de démobilisation au nom d’Henri Perel, sa carte d’identité était périmée depuis 1942. Neuf mille francs en espèces étaient dans son portefeuille.
Les policiers perquisitionnèrent son logement légal, rien ne fut saisi, dans son domicile illégal, les inspecteurs saisirent une machine à écrire de marque Royal, huit exemplaires de La Vie du Parti, des feuilles de bons d’alimentation, un document interne de cinq feuillets sur l’activité clandestine de l’organisation concernant la propagande, des bons du Trésor d’une valeur totale de dix-sept mille francs, une liste avec les numéros de bons du Trésor pour une valeur totale de deux cent vingt-sept mille francs.
Les locaux des rues des Saints Pères et Jacob contenaient deux cents dix kilos kilos de papier blanc, deux cents stencils, vingt-cinq bidons d’encre, deux duplicateurs à main, deux paquets de plaques en zinc. Un troisième local servait d’imprimerie au 11 Cité Popincourt, (XIe arr.), il contenait deux machines à imprimer, un massicot, un marbre, un duplicateur et deux moteurs électriques. Ce matériel était trop lourd à transporter, des scellés furent apposés sur la porte d’entrée du local.
Interrogé, il expliqua qu’Hélène lui apporta les documents internes et les numéros de La Vie du Parti étaient pour Étienne, il ne connaissait son nom. Sur l’argent, Henri Perlstein déclara que Jean lui amena les bons du Trésor ainsi que cinq mille francs en espèces, sommes qui étaient la propriété de l’organisation, il ignorait l’identité de Jean. Quatre mille francs lui appartenait, les policiers lui restituèrent la somme précisant que son « origine délictueuse » n’était « pas établie ».
Incarcéré à la prison de la Santé son exclusion du Parti communiste lui fut signifié. Il partit de Compiègne (Oise) le 15 juillet 1944 à destination de Neuengamme (Allemagne). Mille deux cent deux prisonniers s’entassaient dans des wagons à bestiaux, plus trois cent vingt-six personnalités otages. Il y eut 62% de morts et de disparus dans le premier groupe et 4% dans le second. Il était dans le même convoi que Joseph Litwak, membre du même groupe de la MOI. Matricule 36916, il fut affecté à un Kommando de travail à Brême. Fin avril 1945 les dix mille déportés qui restaient au camp furent embarqués par les SS sur des « bateaux concentrationnaires » ancrés dans la baie de Lübeck. Le 3 mai 1945 les britanniques qui suspectaient que les navires transportaient des troupes allemandes bombardaient le Cap Arcona et le Thielbek. Dans les cales près de huit mille déportés, quatre cent cinquante survivront dont Henri Perlstein. Les autres mourront sous les bombes, dans les incendies où noyés en mer, parmi les victimes son responsable "Étienne".
Il rentra de déportation en mai ou juin 1945. Dès juillet 1945, il fit une demande de réintégration au Parti communiste. Mais, la direction de la Main d’œuvre immigrée donna un avis défavorable. Le 14 juin 1948 la Commission centrale de contrôle politique (CCCP), donna un avis favorable à sa réintégration.
Henri Perlstein a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF) et Déporté interné résistant (DIR).
Il mourut à une date inconnue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139908, notice PERLSTEIN Henri, Samuel dit Yves, alias PEREL Henri par Daniel Grason, version mise en ligne le 1er septembre 2021, dernière modification le 1er septembre 2021.

Par Daniel Grason

Henri Perlstein, sa femme et son fils
Henri Perlstein, sa femme et son fils
Communiqué par la famille.

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 729, 77 W 851. – Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Éd. Tirésias, 2004. – Nos remerciements à monsieur Jean-Michel Chaumont pour les précisions sur le parcours militant d’Henri Perlstein qu’il nous a communiquées.

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