MARTINELLI Jeanne, Toussainte

Par Jean Reynaud

Née le 20 janvier 1920 à Sotta (Corse), morte le 18 avril 1996 à Ajaccio (Corse) ; professeure de mathématiques ; militante syndicaliste du SNES et de la FEN ; militante communiste.

Jeanne Martinelli en avril 1986.
Jeanne Martinelli en avril 1986.

Sa mère très croyante et son père sympathisant socialiste, petits cultivateurs dans le hameau de Purgo, luttèrent pour obtenir une école de proximité dans chacun des 37 hameaux de Sotta. Jeanne Martinelli, sœur de Félicia Maestrati et de Marie (voir Marie Marcellesi), fréquenta l’école primaire de son hameau puis, boursière, fut élève du cours complémentaire de Porto-Vecchio, habitant alors chez sa sœur Marie de 1932 à 1936. Elle entra à l’École normale d’institutrices d’Ajaccio en 1936-1937. Titulaire du brevet supérieur, elle fut nommée au cours complémentaire de Porto-Vecchio. Ne pouvant préparer le concours de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses en raison de la fermeture des écoles normales, elle commença des études pour une licence de mathématiques à la faculté des Sciences de Marseille en 1940-1941. Craignant une coupure entre la Corse et le continent, elle demanda sa mutation en Algérie où son frère, officier d’artillerie, l’hébergea. Inscrite à la faculté des sciences d’Alger, elle obtint les certificats d’études supérieures (mathématiques générales en 1942, mathématique rationnelle en 1945, physique générale en 1946), puis termina sa licence à la faculté de Montpellier (calcul différentiel et intégral en 1948).

Jeanne Martinelli, maîtresse auxiliaire au collège de jeunes filles d’Ajaccio (1947-1949) puis à Corte en 1949, fut titularisée en 1952 au collège classique d’Ajaccio. Elle demanda sa mutation dans les Bouches-du-Rhône en 1956 et fut nommée professeur aux lycées de l’Empéri à Salon-de-Provence puis Mongrand à Marseille. Elle revint en Corse au collège « Les Padules » à Ajaccio en 1968, où elle termina sa carrière en 1980.

Adhérente du Syndicat national des instituteurs en 1939-1940, Jeanne Martinelli fut, après son retour d’Algérie, membre pendant toute sa carrière du SNES. Dans les Bouches-du-Rhône, célibataire, militante « Unité et Action », sans décharge, elle consacrait un temps considérable à l’activité syndicale. Secrétaire de la section syndicale SNES dans ses deux lycées, elle était membre des commissions administratives de la section académique (S3) d’Aix et de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale. Elle accepta la lourde charge quotidienne du secrétariat administratif de la très active section FEN des Bouches du Rhône (1960-1964). À son retour en Corse, outre l’animation dans les établissements (section syndicale, conseil d’administration), elle devint secrétaire départementale du SNES et de la FEN de la Corse du Sud. En 1975, lors de la création de l’académie de la Corse, elle eut la responsabilité d’organiser la section académique du SNES, dont elle fut la première secrétaire dans un contexte insulaire tourmenté. Elle assura une représentation syndicale des personnels dans de nombreuses instances, commissions et conseils académiques, commissions paritaires, formation syndicale des jeunes militants. Retraitée, elle présida la Fédération générale des retraités de la Fonction Publique de Corse.

Membre de l’Union des femmes françaises, militante du Parti communiste français à Marseille, secrétaire ou trésorière de la cellule du quartier Saint-Jean à Ajaccio, surnommée « la Sainte laïque », elle rencontrait et aidait les habitants des HLM, leur donnait gratuitement des cours, rédigeait leur courrier ; elle distribuait des tracts et récoltait des fonds.

Jeanne Martinelli avait réclamé « un enterrement civil, sans fleurs, ni couronnes, ni discours ». Le SNES salua la militante « de toutes les luttes, lucide, toujours disponible ». Le PCF en Corse écrivit : « C’était le dévouement sans limite, c’était une haute conception de la morale, c’était l’intégrité totale ».En 1999, le SNES décida de donner à son siège académique, à Ajaccio, le nom de « Centre Syndical Jeanne Martinelli ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article140487, notice MARTINELLI Jeanne, Toussainte par Jean Reynaud, version mise en ligne le 3 mai 2012, dernière modification le 28 avril 2021.

Par Jean Reynaud

Jeanne Martinelli en avril 1986.
Jeanne Martinelli en avril 1986.
Jeanne Martinelli au repas lors du congrès national du SNES, le 18 mars 1981
Jeanne Martinelli au repas lors du congrès national du SNES, le 18 mars 1981
au centre, avec des lunettes

SOURCES : Archives syndicales. — Renseignements fournis par l’intéressée et par sa sœur Félicia Maestrati. — Notes de Pierre Faure et de Joseph Marcaggi et transmis par Ange Stromboni à Jacques Girault.

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