LANET René, Alphonse [dit Alain]

Par Daniel Grason

Né le 5 décembre 1924 à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé le 20 mai 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; terrassier, employé de commerce ; résistant FTPF.

Fils d’Ernestine Plésant, dix-sept ans, aide-cuisinière, René Lanet fut reconnu par sa mère le 18 décembre 1924 et par Édouard Lanet le 7 février 1928, avant d’être légitimé par le mariage de ses parents le 3 mars 1928 à Paris en mairie du VIIe arrondissement.
Pendant la guerre, René Lanet était au chômage et demeurait à l’hôtel du 31 rue du Poitou (IIIe arr.). Il partit en Allemagne dans le cadre du STO en mars 1943 et profita d’une permission en juillet pour prendre contact grâce à un camarade de travail avec Roger Briers. Par la suite il rencontra Robert, Jean Fournier et Fernand Palin.
René Lanet logeait à l’hôtel du 31 rue du Poitou à Paris (IIIe arr.). Le 9 janvier 1944, un commerçant le maîtrisa en flagrant délit de vol d’une bicyclette. Remis à la police, fouillé, il portait sur lui un pistolet automatique et des documents concernant son activité.
Emmené dans les locaux des Brigades spéciales, interrogé il déclara être membre des FTP depuis septembre 1943. La photographie d’André Cayron lui a été présentée, il reconnaissait que celui-ci était membre de son groupe. René Lanet reconnaissait avoir participé à plusieurs actions : en décembre 1943 à une tentative de grenadage à Nogent-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne) ; le 1er janvier 1944 au dépôt d’un engin explosif au dépôt de la SNCF rue Riquet à Paris (XIXe arr.) en compagnie d’André Cayron ; et à une tentative de récupération d’armes sur des gardes-voies à Bondy (Seine, Seine-Saint-Denis).
Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales, une confrontation eut lieu avec André Cayron dit "tête de bois". René Lanet reconnut qu’il était membre de son groupe et qu’il était en liaison avec Fernand Palin, commissaire technique régional mais ne donna pas de noms, seulement des fonctions.
Le rapport de la BS2 rédigé par Pierre Gautherie, ne mentionnait que les pseudonymes des combattants. René Lanet déclarait : « André m’a tenu en observation pendant un mois et demi environ, puis il m’a présenté au CE [commissaire aux effectifs] qui m’a passé au militaire et au technique, par eux, j’ai été présenté au chef de groupe, dont j’ignore le pseudonyme. J’ai été intégré dans un groupe dont mon coéquipier était "tête de bois", il s’agit du nommé Cayron, dont vous me présentez la photo et dont vous m’apprenez le nom. »
Quatre autres interpellations eurent lieu : Fernand Palin, Roger Briers, Jean Fournier et Charles Giard.
Incarcéré à la prison de Fresnes, jugé le 12 mai 1944 par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) et condamné à mort pour « activité de franc-tireur », René Lanet fut passé par les armes le 20 mai au Mont-Valérien. Son inhumation eut lieu à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) dans le carré des corps restitués, 39e division avenue de l’est. Il fut reconnu comme sergent des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) à titre posthume.
La mention « Mort pour la France » figure sur son acte de naissance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146134, notice LANET René, Alphonse [dit Alain] par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 avril 2013, dernière modification le 27 avril 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2117, PCF carton 8, carton 16 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, Boîte 5 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Rouen. –
Nos remerciements à Didier Alvarez pour les précisions qu’il nous a communiquées.

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