LANSADE André [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 5 juillet 1884 à Beauregard-et-Bassac (Dordogne), mort le 9 février 1970 à Limoges (Haute-Vienne) ; ouvrier tailleur ; militant anarchiste.

C’est après son service militaire qu’au début des années 1900 André Lansade s’installa à Limoges où il travailla comme tailleur et commença très vite à fréquenter les militants libertaires limougeauds dont Régis Meunier*, R. Darsouze*, Mastatin, Pouyand, etc.

De 1908 à 1913, il fut le secrétaire du groupe libertaire qui avait son siège 45 rue Montmailler et collaborait alors au journal Le Combat Social (Limoges, 35 numéros du 1er décembre 1907 au 4 avril 1909) dont le gérant était Jean Peyroux* et qui avait pris la suite de L’Ordre (Limoges, 1905-1907). En 1909 il fut élu secrétaire du syndicat CGT de l’Habillement et assuma également le secrétariat du Comité de défense sociale. Le 8 mai 1910, lors d’élections législatives, il protesta contre les militants syndicaux qui avaient appelé à voter en faveur du candidat socialiste. Il participa très activement à cette époque aux campagnes antimilitaristes contre Biribi, lors des affaires Aernoult et Rousset* et contre la loi de trois ans.

Il fut ensuite l’un des principaux rédacteurs de l’hebdomadaire L’Insurgé (Limoges, au moins 63 numéros du 20 mars 1910 au 29 mai 1911)) imprimé à la coopérative communiste de Brive et qui avait pris la suite du Combat Social. En 1914, il devint artisan tailleur et fut le secrétaire du groupe libertaire. En 1920-21, avec Vergnenégre, un autre militant du syndicat de l’Habillement, il s’efforça de soustraire le syndicat à l’influence de la Fédération de l’Habillement dont le secrétaire, Pierre Dumas, suivait la ligne de L. Jouhaux*.

En 1926 il fit partie du groupe fondateur de l’organe de l’Association des fédéralistes anarchistes (AFA) La Voix Libertaire (Limoges, 394 numéros du 1er mars 1929 à juillet 1939) dont il devint l’administrateur après le départ d’Adrien Perrissaguet* à la tête du Combat Syndicaliste de la CGTSR. Perrissaguet dira de lui : « C’était un charmant camarade toujours disposé à venir en aide et à héberger les camarades en difficulté ». Il occupa ce poste à plusieurs reprises jusqu’à la déclaration de guerre à l’été 1939.

Dans les années 1930 il collabora également au journal espérantiste et pacifiste Le Contre Poison (Saint Céré, 10 numéros d’octobre 1932 à septembre 1933) édité par Henri Faure et dont le logo représentait deux mains brisant un fusil et une étoile rayonnante dans laquelle était inscrit un « E » (pour esperanto).

Pendant l’occupation, André Lansade fut emprisonné en 1943 – il avait alors 59 ans – à la prison de Limoges où il fut mis au cachot avec une vingtaine d’autres détenus qui durent se partager une gamelle et une cuillère unique. Puis il fut envoyé au camp d’internement d’Eypeaux près de Nexon où il retrouva d’autres militants libertaires dont L. Lecoin* et R. Louzon. Après la Libération il continua d’appartenir et de soutenir le mouvement libertaire à Limoges où sa maison servit souvent de lieu de réunion.

André Lansade mourut à Limoges le 9 février 1970.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article154003, notice LANSADE André [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 19 avril 2014, dernière modification le 19 avril 2014.

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

SOURCES : Espoir, Toulouse, 8 mars 1970 (nécrologie de M. Desmoulins) — Le Monde Libertaire, avril 1970 — Défense de l’Homme, avril 1970 — Bulletin du CIRA, Marseille, n°23/25, « Témoignages… » (Lettre de L. Dorlet, 2 décembre 1984) et n°19/20, « Souvenirs de M. Desmoulins" — Etat-civil.

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