MILLET Jules (ou Julien) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Marianne Enckell

Né vers 1862, mort en 1899 ; ouvrier lapidaire, militant anarchiste à Saint-Claude (Jura).

Abonné à la Révolte en 1892, Jules Millet fut membre du « groupe ouvrier socialiste révolutionnaire » en 1893-1894, avec son frère Maxime, maçon puis lapidaire, qui avait connu le groupe de l’Insurgé à Lyon où il avait travaillé. Est-ce l’un des deux frères qui avait été signataire avec Bernhart*, Cabot, Coudry, Courtois*, Duffour, Reclus*, Siguret et Tortelier*, d’un appel pour la création d’un quotidien anarchiste, paru dans le journal La Révolte du 31 août 1890 ?

Jules Millet fut ensuite à l’origine du groupe Les Libertaires en 1896, qui participait aussi de manière polémique aux réunions du cercle ouvrier local. Hormis trois ou quatre diamantaires qui venaient du premier groupe local et avaient entre 35 et 50 ans, les membres du groupe étaient presque tous ouvriers pipiers, de différents métiers. Millet était alors en contact avec les principaux journaux anarchistes, les Temps Nouveaux, le Père Peinard, Le Libertaire, dont le groupe vendait 75 à 100 exemplaires par semaine. Il voulait « fonder une association conçue d’après les principes du communisme libertaire » et construire une « cité libertaire » : les compagnons du groupe construisirent ainsi une petite maison sur un terrain cédé, dont ils firent un atelier et un lieu de réunion « tous les dimanches. De 7 h à 12 h, travail pratique, de 2 h à 7 h du soir, théorie, promenades, chants révolutionnaires ; de 8 h à 11 h, jeux, divertissements ».

Des membres de ce groupe individualiste, Henri Perrier-Berche, Alexis Nicod, Eugène et Louis Salvinot se livrèrent à divers actes de reprise individuelle à cette époque et furent condamnés à plusieurs reprises ; mais Julien Millet, qui avait deux jambes de bois, n’y participa pas.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155481, notice MILLET Jules (ou Julien) [Dictionnaire des anarchistes] par Marianne Enckell, version mise en ligne le 4 avril 2014, dernière modification le 16 septembre 2015.

Par Marianne Enckell

SOURCES : Félix Cicéron, "Les premiers anarchistes à Saint-Claude (1893-1905)", mémoire de maîtrise, Université de Besançon, 1976-1977. — La Révolte, 31 août-6 septembre 1890 (note de Rolf Dupuy).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément