MAKOWSKI Georges (pseudonyme dans la Résistance Gin). Écrit aussi MARKOVSKI et MARKOVSKY

Par Jean-Louis Panicacci

Né le 26 juin 1907 à Riga (Lettonie), mort par suicide à Nice (Alpes-Maritimes) le 6 juillet 1943 ; propriétaire récoltant ; résistant du réseau franco-polonais F2.

Marié, père d’un enfant. Résidant à Paris depuis les années 1930, Georges Makowski s’installa en 1938 dans les Alpes-Maritimes, faisant l’acquisition de la propriété « Le clos Saint-Pierre » à La Roquette-sur-Siagne. Il obtint la nationalité française en 1939. La défaite intervenue, il se rapprocha du réseau F2 (bien implanté dans le Sud-Est) en raison de sa bonne connaissance de la langue polonaise, devenant rapidement un élément essentiel de l’organisation. Lorsque le réseau donna naissance au sous-réseau Anne, spécialisé dans la collecte de renseignements, il en devint le chef-adjoint, sa propriété permettant bien des réunions et des émissions radio. Sous l’occupation italienne, il s’installa à Nice dans un appartement de la rue Verdi, pour faciliter ses contacts, sa famille continuant à demeurer à La Roquette-sur-Siagne.
Le 6 juillet 1943, deux voitures s’arrêtèrent devant son immeuble, pleines de policiers de l’Axe. Gin parvint à brûler des documents compromettants, notamment pour son chef Jacques Trolley de Prévaux dit Vox. Lorsque la porte de son appartement fut enfoncée, il reconnut aux côtés des carabiniers italiens deux agents du SD et il décida de se suicider, parvenant à ouvrir une fenêtre et à se jeter dans la rue depuis le cinquième étage, étant ainsi sûr de ne pas parler sous la torture, d’autant plus que les policiers allemands savaient qu’il était juif.
La Ville de Nice a inauguré en 1995, au 16 rue Verdi, une plaque indiquant que Georges Makowski était mort pour la France. La Ville de La Roquette-sur-Siagne a attendu 2009 pour inscrire son nom sur le monument aux morts avant d’inaugurer un square Georges Makovski (avec la disparition du w) le 25 novembre 2010 où une plaque fournit des explications sur son parcours et sur son suicide.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article157477, notice MAKOWSKI Georges (pseudonyme dans la Résistance Gin). Écrit aussi MARKOVSKI et MARKOVSKY par Jean-Louis Panicacci, version mise en ligne le 14 janvier 2015, dernière modification le 6 décembre 2020.

Par Jean-Louis Panicacci

SOURCES : Henri Noguères, Marcel Degliame, Histoire de la Résistance en France, tome 3, novembre 1942 – septembre 1943, Paris, Robert Laffont, 1972. — Jean-Louis Panicacci, La Résistance azuréenne, Nice, Serre, 1994 et L’occupation italienne du sud-est de la France, Rennes, PUR, 2010 — Aude Yung – de Prévaux, Un amour dans la tempête de l’histoire : Jacques et Lotka de Prévaux, Paris, Editions du Félin, 1999 — Témoignage et documents fournis par son fils Claude Makovski en 2008. — Notice par Jean-Pierre Besse dans le DBMOF.

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