BÉGOU Paul, Eugène, Édouard

Par Jacques Girault

Né le 22 décembre 1924 à Vinassan (Aude), mort le 9 avril 2016 à Aigues-Juntes (Ariège) ; instituteur dans l’Ariège ; militant syndicaliste du SNI ; maire communiste d’Aigues-Juntes (1959-2001).

Fils d’un receveur-distributeur des postes qui adhéra au Parti communiste français en 1945 et d’une institutrice, Paul Bégou, protestante pratiquant, fréquenta le collège de Castelnaudary (Aude) jusqu’au baccalauréat mathématiques élémentaires (1944).

Il participa à la Résistance dans les Francs tireurs et partisans (maquis Jean-Robert à Salvezines (Aude, juillet-octobre 1944). Il s’engagea pour la durée de la guerre (octobre 1944-mars 1946) dans un régiment d’infanterie dont il fut démobilisé comme sergent. Il se maria en mai 1945 à Salles-sur-l’Hers (Aude). Le couple eut deux enfants.

Paul Bégou devint instituteur en Seine-inférieure à partir de décembre 1947, à Auzonville-Auberbosc, puis l’année suivante à Saint-Clair-les-Monts. Nommé à Durenque (Aveyron) en octobre 1949, il obtint un poste à Aigues-Juntes en 1951 et y enseigna comme instituteur jusqu’en 1972, avant de devenir conseiller pédagogique dans la circonscription de Saint-Girons, fonction qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1983.

Après avoir été écarté par la commission des cadres d’une candidature au comité de la Fédération communiste en raison de sa pratique religieuse (« ne pas retenir Paul Bégou, instituteur. Le camarade est de religion protestante et pratiquant »), Bégou fut élu en 1959 et y demeura jusqu’en 1977 pour passer à la commission fédérale de contrôle financier jusqu’en 1985. En 1962, il fut proposé pour suivre le stage central des instituteurs communistes. À partir de 1964, il était le responsable fédéral du travail parmi les enseignants et des questions laïques.

Paul Bégou siégea au conseil syndical de la section départementale du SNI de 1960 en tant qu’actif et y demeura après sa retraite jusqu’en 1990. Il participa à son bureau (1964-1971). Dans une lettre parue dans Le Patriote, hebdomadaire du PCF, le 8 novembre 1992, il refusait d’adhérer au Syndicat des enseignants. Il estimait notamment que les militants UID avaient eu « un manque de clairvoyance politique » pour défendre l’idéal laïque mais il se disait désireux de lutter aux côtés de ces camarades pour les revendications scolaires. Passé à la Fédération syndicale unitaire, il adhérait à la Fédération générale des fonctionnaires.

Paul Bégou, secrétaire de la cellule communiste de son village, fut élu maire d’Aigues-Juntes en 1959. Réélu en 1965, en 1971, en 1977, en 1983, en 1989 et en 1995, il ne se représenta pas comme maire en 2001 mais resta adjoint au maire. Pendant ces quarante-deux années de mandat, son action s’exerça dans plusieurs directions. On lui devait entre autres la rénovation des écoles, des travaux de voirie, l’électrification, la construction d’une nouvelle mairie (1972), une nouvelle adduction d’eau, le ramassage des ordures (1984), l’entretien de l’église, la construction d’un abri polyvalent pour permettre l’organisation de rencontres baptisées les « samedis rouges » (1990), la création d’une salle de réunion (1996).

Il représenta le Parti communiste dans le canton de La Bastide-de-Sérou à toutes les élections cantonales de 1958 à 1998. Il publiait régulièrement sur des sujets locaux et généraux des articles dans Le Patriote.

Paul Bégou quitta le PCF en 2001 « lorsque la direction a abandonné la rigueur pour de vagues orientations de gauche ». Dans le numéro 17 de Communistes, il signait un article sous le titre « Camarades, faisons le bon choix », critiquant notamment l’action du ministre communiste chargé de l’Équipement. Le 1er juillet 1994, il écrivait à l’Humanité pour donner son accord à la protestation contre l’invitation faite par le Président de la République à des troupes allemandes pour le défilé du 14 juillet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16106, notice BÉGOU Paul, Eugène, Édouard par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 17 août 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse locale. — Renseignements fournis par l’intéressé.— Note d’André Balent.

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