LAUREILLARD Émile, Maurice (pseudo « Edgar »)

Par Claude Delasselle

Né le 10 mai 1913 à Is-sur-Tille (Côte-d’Or), exécuté sommairement par les Allemands le 15 août 1944 à Merry-sur-Yonne (Yonne) ; militaire de carrière ; responsable Libération-Nord de l’Yonne.

Émile Laureillard
Émile Laureillard

Émile Laureillard était le fils de Émile Eugène, employé au chemin de fer et de Éloïse Germaine Hory. Il se maria le 2 avril 1938 à Reims (Marne) avec Anna Borowiec. Père d’un enfant, il était avant la guerre, sergent-chef au 4e régiment d’infanterie stationné à Auxerre. Fait prisonnier en 1940, il fut libéré sanitaire du Stalag 1B en 1942. Dès son retour dans l’Yonne, il entra dans la Résistance au sein du mouvement Libération-Nord et y organisa le service de liaison de l’état-major de ce mouvement. En décembre 1943, il fut nommé adjoint au chef militaire régional de Libération-Nord pour la sous-région P3 (Aube, Yonne et Nièvre). Adjoint de Jean Chapelle (« Verneuil »), il fut nommé capitaine en mai 1944, puis chef du 2e Bureau de l’état-major FFI de l’Yonne.
Il fut chargé par « Verneuil », en mai 1944, d’organiser le maquis « Horteur » de Libération-Nord, installé en forêt d’Othe, dans les bois des Fourneaux près de Chailley, qui selon la conception de « Verneuil » validée par l’état-major FFI, devait constituer un puissant maquis de combat. Mais ce maquis, attaqué le 23 juin 1944, dut se déplacer en direction du sud du département, dans la région de Quarré-les-Tombes, pour y constituer l’ossature du gros maquis des Iles Ménéfrier. Émile Laureillard (« capitaine Edgar ») participa activement, en juin et juillet 1944, au regroupement des forces de Libération-Nord et à l’organisation de ce maquis.

Le 2 août, alors qu’il était parti pour une mission de sabotage ferroviaire dans la région de Tonnerre, le camion où il se trouvait avec d’autres résistants fut mitraillé près de Chablis par les Allemands. Deux résistants, Paul Maugras et Antoine Paissan furent tués et deux autres, Henri Fournier et Émile Laureillard furent grièvement blessés en tentant de s’échapper. Fournier et Laureillard furent incarcérés le même jour à la prison d’Auxerre. Émile Laureillard fut longuement torturé, malgré sa blessure à la tête. Le 15 août, il fut conduit à Merry-sur-Yonne, abattu d’une balle dans la nuque et précipité du haut des falaises du Saussois. Son corps fut retrouvé deux jours plus tard, au pied des falaises, par le maire de Merry-sur-Yonne. Henri Fournier a été fusillé le 20 août 1944 sur le territoire de la commune de Saint-Georges-sur-Baulche, près d’Auxerre.

Le nom du capitaine Laureillard figure sur un monument érigé le long de la D. 91, près de Chablis, sur le lieu de l’attaque, et sur un monument situé le long de la D. 100, à 500 m des falaises du Saussois, sur la commune de Merry-sur-Yonne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169501, notice LAUREILLARD Émile, Maurice (pseudo « Edgar ») par Claude Delasselle, version mise en ligne le 5 janvier 2015, dernière modification le 26 mars 2021.

Par Claude Delasselle

Émile Laureillard
Émile Laureillard

SOURCES : Arch. Dép. Yonne, 33J18 (registre d’écrou de la prison d’Auxerre). — Cédérom La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (fiche « Laureillard Émile »). — Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, ANACR Yonne, 1990, p. 458-459. 

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