ROMÉO Thérèse [née MALICET Marie, Thérèse]

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Née le 11 mars 1913 à Nouzonville (Ardennes), morte le 5 août 1989 à Nice (Alpes-Maritimes) ; professeure ; militante socialiste dans les Alpes-Maritimes ; conseillère municipale de Nice.

Fille d’un magasinier, victime de la Grande Guerre, et d’une infirmière militaire qui se retira à Givet (Ardennes) au milieu des années 1930, Thérèse Malicet, pupille de la Nation à partir de 1922, scolarisée au Tonkin au lycée Albert Saraut (1925-1930) à Hanoï, élève du lycée Fénelon à Paris (1930-1933), bachelière en 1931, entra à l’Ecole normale supérieure de Sèvres en 1933. Reçue au certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire, admissible à l’agrégation en 1936, elle échoua aux concours de 1938 et de 1939 après avoir été nommée en 1936 professeur de lettres classiques (grec) au collège futur lycée de jeunes filles de Nice. Selon l’avis du recteur en 1951, elle avait une « très forte autorité débordant les limites du lycée ». Elle intervenait notamment dans le club des relations internationales. Elle enseigna dans l’établissement, devenu lycée Albert Calmette, jusqu’à sa retraite anticipée en 1969, comme professeur certifié. Elle épousa en juin 1939 Gérard Roméo, instituteur futur professeur. Ils eurent quatre enfants.

Thérèse Roméo adhéra au Parti socialiste SFIO sous le Front Populaire et fréquenta “assidûment“ les réunions politiques. Syndiquée, elle fut gréviste le 30 novembre 1938 et fut sanctionnée de huit jours de retenue de salaire. Active pendant la Résistance, à la Libération, membre du bureau de la fédération socialiste SFIO des Alpes-Maritimes, elle fut responsable des femmes socialistes et appartint à la commission féminine nationale en 1947-1948. Membre de la commission exécutive fédérale, chargée des cercles Jean Jaurès, elle fut secrétaire fédérale adjointe en 1952 et 1954. Représentant la fédération à diverses réunions nationales du Parti socialiste SFIO, elle fut candidate non élue au comité directeur aux congrès de 1947 et de 1948. Elle présida une séance du conseil national de décembre 1957.

Adhérente au Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle signa, dans L’Université syndicaliste du 25 février 1948, l’appel « Pour un Syndicalisme indépendant » préconisant l’affiliation du SNES à la CGT-FO.

Thérèse Roméo fut élue en 1945 conseillère municipale de Nice dans la municipalité du socialiste Jacques Cotta. Réélue en 1947, elle siégea dans la minorité du conseil municipal à nouveau dirigé par Jean Médecin. Elle fut candidate sur les listes socialistes aux élections législatives de 1945, 1946, 1951.

Candidate en 1958, avec l’étiquette SFIO, aux élections législatives au scrutin uninominal dans la deuxième circonscription de Nice, elle obtint 5 401 voix sur 54 395 inscrits. En 1962, elle réunit 3 954 voix sur 58 877 inscrits et se retira sans laisser de consignes de vote, une partie de ses électeurs se reportant au deuxième tour sur la candidate communiste.

En 1958, elle fut favorable avec la majorité du Parti socialiste SFIO à la Ve République. Sans quitter la SFIO, elle se rapprocha du maire Jean Médecin qui appela à voter pour François Mitterrand aux élections présidentielles de 1965. Élue à nouveau conseillère municipale en 1965 sur la liste de Jean Médecin, elle suivit son fils, Jacques Médecin, devenu maire en 1966. Membre du Parti socialiste, déléguée aux activités européennes, elle représenta la ville au Conseil des communes de l’Europe. Toujours d’accord avec Jacques Médecin lors des élections municipales de 1971, élue sur sa liste, elle devint adjointe au maire, chargée de l’instruction publique et officier d’état civil. Réélue en 1977, elle fut déléguée à la culture.

Hostile au programme commun, elle quitta le PS pour adhérer au Parti social démocrate d’Eric Hintermann dont elle était, en 1980, la secrétaire nationale aux femmes.

En 1986, son nom fut donné à une école de Nice. Durant cette période, elle milita à la Ligue internationale contre l’antisémitisme devenue Ligue internationale contre l’antisémitisme et le racisme, anima le journal Réalités niçoises et l’association France-Israël.

Son nom fut donné à un gymnase de la ville après son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170406, notice ROMÉO Thérèse [née MALICET Marie, Thérèse] par Jacques Girault, Gilles Morin, version mise en ligne le 5 février 2015, dernière modification le 29 mars 2021.

Par Jacques Girault, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3229, 3231. F/1cII/108/A, 111/A, 114/C, 561, F17/ 29949. —.Arch. Mun. Nice (Nadine Bovis-Aimar). — Archives de l’OURS, fédération des Alpes-Maritimes. — Annuaire et indicateur de Nice, des Alpes-Maritimes et de la principauté de Monaco 1952-1953. — Notices aux éditions Serre par Dominique Olivesi, Dictionnaire historique et biographique du Comté de Nice, 2002, et par Ralph Schor, Portraits de femmes de la Côte d’Azur, 2011.

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