CLÉMENT Paul

Né le 5 janvier 1902 à à Paris (XXe arr.), mort le 30 septembre 1942 à Auschwitz (Pologne) ; ouvrier sellier ; communiste ; résistant, mort en déportation.

Paul Clément naquit à Paris XXe, fils de Pierre Clément et Augustine Nicaud. il travailla comme sellier. En 1937, il adhéra au parti communiste. Il était célibataire.

D’après le site Mémoire vivre, vers la fin de septembre 1940, sous l’occupation, Paul Clément décida, avec quelques militants du 20e arrondissement, la reconstitution d’une cellule du Parti communiste, alors clandestin. Les réunions se tinrent généralement le dimanche matin chez Gabriel Buyse*, 109 rue des Grands-Champs (vers la rue du Volga), en présence de Pierre Bertolino, René Faure* et Roger Houdard*. À l’issue de ces rencontres, Gabriel Buyse remettait à chacun une dizaine de tracts à diffuser dans leur voisinage et quelques “papillons” à coller à la vue des passants.

Dans la même période, Paul Clément convainquit René Gaymard*, dit « Marius », domiciliés dans le secteur de la “zone”, de participer comme agent de liaison à un réseau de diffusion de propagande. Celui-ci garda en dépôt dans son appartement quelques centaines de tracts et de brochures, mais diffusa également un petit nombre de tracts dans son voisinage et colla quelques papillons boulevard Davout.

Début 1941, l’activité du groupe les conduisit de l’autre côté des « Fortifs ». C’est ainsi que Paul Clément distribua des tracts sur un marché de Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis) avec Pierre Bertolino, René Faure et Roger Houdard, de Paris 20e.

Le 19 janvier 1941, à 18 h 30, à la suite d’une perquisition de la brigade spéciale anticommuniste (BS1) des Renseignements généraux opérée le 17 janvier, chez Raymond Luauté, ancien secrétaire de la section d’arrondissement, qui amena la découverte de documents relatifs à l’organisation clandestine du parti communiste clandestin, Paul Clément fut arrêté à son domicile par deux inspecteurs de la BS1. La perquisition opérée chez lui n’amena la découverte d’aucun imprimé clandestin, mais – néanmoins – de papier utilisable pour l’impression de tracts et de quatre feuilles de papier carbone ayant servi à la reproduction de deux lettres ouvertes adressée l’une par André Marty à Léon Blum (5 septembre 1939) et l’autre par Florimond Bonte à Édouard Herriot, président de la Chambre des députés (1er octobre 1939). Au moment de son arrestation, il était domicilié au 52, rue des Maraîchers à Paris 20e (vers la rue des Grands-Champs).

Le jour même, 19 janvier, au vu du rapport des inspecteurs et après les interrogatoires de Paul Clément, Pierre Bertolino, Gabriel Buyse et Robert Vonet, considérant que leur activité avait pour but la diffusion des mots d’ordre de la IIIe Internationale communiste ou d’organismes s’y rattachant, par la reconstitution illégale de cellules dissoutes et par la détention en vue de la distribution et la distribution de tracts, de papillons et de brochures à tendance communistes, André Cougoule, commissaire des renseignements généraux, officier de police judiciaire, les inculpa conjointement d’infraction aux articles 1, 2 et 3 du décret du 26 septembre 1939 et les fit conduire au Dépôt (la Conciergerie, sous le Palais de Justice, dans l’île de la Cité) à disposition du procureur de la République.

Le lendemain, Paul Clément fut conduit à la Maison d’arrêt de la Santé, à Paris 14e.

Le 31 mars 1941, à la 12e Chambre du Tribunal correctionnel de la Seine jugea Raymond Luauté et les neuf personnes interpellées à la suite, Paul Clément fut condamné à un an de prison, comme Pierre Bertolino et Roger Houdard. Le 18 avril, il fut transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes. Le 3 juin, la 10e chambre de la Cour d’appel de Paris confirma la condamnation de Paul Clément (défendu par Maître Georges Pitard) et, le 16 octobre, la Cour de cassation rejeta son pourvoi.
À l’expiration de sa peine, le 20 octobre, Paul Clément ne fut pas libéré : le préfet de police de Paris signa l’arrêté ordonnant son internement administratif. Il fut probablement conduit au Dépôt, comme Pierre Bertolino.

Le 10 novembre, Paul Clément fit partie d’un groupe de 58 militants communistes transférés au « centre de séjour surveillé » (CSS) de Rouillé (Vienne). Le 2 mars 1942, il fut conduit à Angers (ou à Poitiers). Le 22 mai 1942, il fit partie d’un groupe de 156 internés – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Paul Clément est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes, et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs, dont la déportation avait été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus furent conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train partit une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dura deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrirent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Paul Clément fut enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45375 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Il mourut à Auschwitz (Pologne) le 30 septembre 1942, d’après les registres du camp.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article173280, notice CLÉMENT Paul, version mise en ligne le 26 mai 2015, dernière modification le 2 juin 2016.

SOURCES : Le Site Mémoire Vive http://www.memoirevive.org/paul-clement-45375/ — Notes de Gilles Pichavant.

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