WOEHL Georges

Par Léon Strauss

Né à Strasbourg (Basse-Alsace, Alsace –Lorraine annexée au Reich ) le 18 décembre 1900 , mort à Strasbourg (Bas-Rhin) le 20 septembre 1998 ; postier ; militant socialiste SFIO depuis 1923, secrétaire de la fédération socialiste du Bas-Rhin de 1948 à 1964, exclu du parti en 1965, adjoint au maire de Strasbourg de 1950 à 1971.

Fils aîné de Georges Woehl, brigadier de police, et de Barbe Durst, il épousa le 27 juin 1925 à Strasbourg Marguerite Becker, fille d’un cultivateur d’Oberseebach en Alsace du Nord. Il était entré aux PTT en 1919 comme surnuméraire. Au long de sa carrière, il fut successivement commis, puis rédacteur, puis receveur des PTT à Strasbourg-Neudorf. Il adhéra à la SFIO en 1923, fut candidat du Parti socialiste SFIO aux élections législatives à Saverne en 1932 et en 1936 à Molsheim et entra au conseil municipal de Strasbourg en 1935. Il présidait la section socialiste de Strasbourg en 1939. Avec Haegel, il représenta en 1939 la fédération du Bas-Rhin au congrès de Nantes. Le 17 juin 1939, il fut élu vice-président de l’Association des Amis de la Presse libre du Bas-Rhin. Démobilisé en juillet 1940, il refusa de rentrer en Alsace annexée et resta en Dordogne, où il participa à la Résistance. Revenu à Strasbourg le 28 mars 1945, il joua un rôle important dans la Fédération socialiste du Bas-Rhin, comme membre du comité fédéral dès 1945, puis comme secrétaire fédéral, au moins de 1948 à 1960. Il était également secrétaire de la section d’arrondissement de Strasbourg-Ville. Il fut délégué de la fédération au congrès national d’avril 1946. Quand Naegelen démissionna du Conseil général en mars 1949, il fut sans succès candidat à sa succession à Strasbourg-Est. Il fut à nouveau élu au conseil municipal en 1945 et réélu jusqu’en 1971. Sa liste n’obtint pourtant que 8,3% des suffrages exprimés en mars 1959. Il fut adjoint au maire, d’abord chargé du théâtre, puis de l’assistance et de la jeunesse, de 1953 à 1971. Il fut aussi, et sans succès, candidat aux élections aux Assemblées constituantes et à l’Assemblée nationale, en dernier lieu en 1958 à Strasbourg II, où il obtint 10,9% des suffrages exprimés. A partir de juin 1951, il succéda à Naegelen* comme tête de liste socialiste aux élections législatives dans le Bas-Rhin, mais ne put empêcher le déclin irrésistible de son parti. Vigoureusement anticommuniste, il soutint en août 1946 les militants de la Fédération postale CGT, en lutte contre « leur direction politiquement engagée ». Plus tard, il refusa toutes les offres d’unité d’action du Parti communiste et de la CGT, notamment en novembre 1953 pour une manifestation contre la guerre d’Indochine et en août 1954 contre le traité créant la Communauté européenne de défense. Pourtant, en avril 1956, Woehl accepta de participer à un voyage de trois semaines en URSS offert à une délégation du Parti socialiste par l’association France-URSS. En mars 1956, la minorité de gauche du conseil fédéral dirigée par Brun* l’attaqua en le rendant responsable, du fait de son soutien à la politique algérienne de Guy Mollet, alors président du Conseil, de la faible audience électorale de la SFIO dans le Bas-Rhin. Au congrès fédéral du 9 novembre 1956, il fit adopter par acclamation une résolution saluant l’héroïsme du peuple hongrois qui luttait contre l’oppresseur russe, le terrorisme et l’impérialisme bolchevique. Il invita les ouvriers communistes à rejoindre les rangs du Parti socialiste, seul défenseur du monde ouvrier dans l’ordre et la liberté. Le 5 juillet 1959, il fit adopter la motion Gérard Jacquet à l’unanimité moins quatre voix à la motion Gazier. Au congrès fédéral du 12 juin 1960, il fit adopter la motion des fédérations du Nord par 51 voix contre six à la motion Gazier défendue par Robert Weil. En 1965, Woehl refusa de se plier au mot d’ordre du parti qui interdisait à ses membres de figurer aux élections municipales sur des listes communes avec les partis de droite. Or, si l’on voulait continuer à siéger au conseil, il fallait figurer sur la liste Pflimlin, seule en état d’être élue. Avec deux de ses amis, il choisit la dissidence et il fut exclu du parti, mais resta au conseil municipal jusqu’en 1971 tout en passant du rang de troisième adjoint à celui de sixième . Il eut le 28 septembre 1988 des obsèques religieuses protestantes réformées. Chevalier de la Légion d’Honneur, médaille de la Résistance, chevalier du Mérite social.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article175846, notice WOEHL Georges par Léon Strauss, version mise en ligne le 8 octobre 2015, dernière modification le 6 octobre 2015.

Par Léon Strauss

Œuvres : Die politische Unabhängigkeit der Gewerkschaften , La Presse libre, 10 août 1946
Sources : Arch. Dép. Bas-Rhin, 544 D 9, 544 D 11, 126 - Freie Presse 1930-1939 – La Presse libre, Strasbourg, 1945-1959—Le Républicain d’Alsace, Mulhouse, 1960-1965 - L. Strauss, Esquisse d’une histoire de la politique à Strasbourg , in : D. Badariotti, etc…, Géopolitique de Strasbourg , Strasbourg, 1995, p.51, 81–DBMOF, 43, 1993, p.386 (et Cd-Rom) –Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, n°40, Strasbourg, 2002, p.4283-4284.

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