HÉRAUT Marcel

Par Daniel Grason

Né le 3 août 1920 à Saint-Sérotin arrondissement de Sens (Yonne), tué le 23 août 1944 à Paris (XVe arr.) ; ouvrier chaudronnier, chauffeur, aide-monteur, gardien de la paix ; membre d’Honneur de la Police ; F.F.I.

Les parents de Marcel Héraut étaient originaires du Cantal, ils se déplaçaient de ville en ville dans un véhicule aménagé, le père, Léon, exerçait la profession de chaudronnier, la mère, Marie Léonille Cornet, était sans profession. Du fait de cette activité itinérante, Marcel Héraut qui alla à l’école dès l’âge de six ans changeait d’établissement tous les mois. Les années passant, la vie nomade fatigua son père, la famille Héraut s’installa à Pont-sur-Yonne. Bon élève, il obtint son CEP. Son père le forma à son métier pendant trois ans.
Son premier emploi fut celui de chauffeur dans une entreprise de Pont-sur-Yonne, du fait de la pénurie d’essence il fut congédié en novembre 1940. Il se maria le 31 août 1940 à Pont-sur-Yonne avec Madeleine Mansiot, une jeune femme pupille de l’Assistance publique d’Auxerre (Yonne), un enfant naquit le 16 mai 1941. Marcel Héraut travailla du 19 mai 1941 à juin 1942 chez un constructeur de ponts métalliques en qualité d’aide-monteur. En sympathie avec un brigadier retraité de la ville, celui-ci lui conseilla de postuler un emploi de gardien de la paix, ce qu’il fit.
Il commença le 16 septembre 1942 sa formation de gardien de la paix. Cinq jours plus tard, il retraça dans son autobiographie son enfance, ses parents Auvergnats qui « allaient de pays en pays », sa réussite au CEP, la joie de ses parents « qui m’embrassèrent pour ce jour si heureux ». Il résuma l’idée qui se faisait de la profession : « Le public compte sur nous pour le protéger, nous le protégerons ». Atmosphère de l’époque, il rappelait le serment fait au maréchal Pétain. La famille Héraut habita 62 rue Oberkampf à Paris (XIe arr.), puis 43 rue Pernety (XIVe arr.).
Titularisé le 16 novembre 1943, il fut affecté dans le VIIe arrondissement de Paris. Le 23 août 1944, accompagné du gardien Pencoat il regagnait vers 20 heures 45 le poste de police du 116 rue de Grenelle, il fut mortellement atteint par une balle dans le dos. Transporté au Ministère de l’Éducation nationale au 110 rue de Grenelle (XVe arr.), son décès a été constaté par le médecin du 7e secteur sanitaire. Son inhumation se déroula le 27 août 1944 au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis).
L’agent auxiliaire Pencoat témoigna le 25 août 1944 par écrit sur les circonstances du drame. Deux tanks allemands étaient à l’angle des rues de Grenelle et Bellechasse, d’autres apparurent à l’angle des rues Bourgogne et Bellechasse, enfin d’autres s’approchaient par la rue Bellechasse. Se trouvant isolés, les deux gardiens tentaient de se replier sur le poste de police du 116 rue de Grenelle. « Ayant essuyé une rafale de balles, je me suis précipité à terre, pendant cette action mon attention a été attirée par la chute me paraissant suspecte de mon collègue Héraut, malgré le crépitement des armes automatiques j’ai bondi au secours de ce dernier ». Le gardien Marcel Héraut gisait face contre terre « des traces de sang lui imprégnaient le dos ». Avec l’aide d’un F.F.I. Pencoat transporta son corps, les deux hommes furent mitraillés.
Pencoat affirma qu’ils avaient été mitraillés d’une fenêtre du ministère : « Il m’a été impossible d’en repérer l’endroit, étant donné que le concierge du Ministère m’en a empêché l’accès me déclarant qu’étant dans un édifice public je ne devais pas faire usage de mon arme ».
Son nom figure sur la plaque commémorative apposée dans la cour de la préfecture de police à la mémoire des agents tombés pendant les deux guerres mondiales et au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), sur la liste de ceux qui furent tués lors de la Seconde Guerre mondiale, sur le monument aux morts de Pont-sur-Yonne où il habita, aux côtés des morts des deux guerres à l’entrée du Ministère de la Jeunesse.
Une plaque a été posée sur l’immeuble du 110 rue de Grenelle : « Ici est tombé glorieusement pour la Libération de Paris Héraut Marcel du 7e Arrt. le 23 août 1944 ».
Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », Marcel Héraut a été homologué F.F.I.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182286, notice HÉRAUT Marcel par Daniel Grason , version mise en ligne le 24 août 2016, dernière modification le 19 décembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 18 (notes transmises par Christian Chevandier). – SHD, Caen AC 21 P 52001. – Bureau Résistance GR 16 P 290794. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil.

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