BRUNEREAU Louis

Né le 26 mars 1816 à la Couarde, île de Ré (Charente-Inférieure), mort le 27 janvier 1880 à Florence en exil ; fourreur-chapelier ; participant à la révolution de 1848 ; emprisonné sous le Second Empire ; communard.

Militant de 1848, officier fédéré en 1871. Il était marié, il avait au moins deux filles. L’une de ses filles avait épousé Marc-Amédée Gromier en novembre 1870.

Le père de Brunereau était maçon et son grand-père paternel chantre. Lui-même était établi négociant en fourrures et chapellerie à Montmartre, 2 et 4, rue des Martyrs. En 1848, il fut délégué au Luxembourg par les associations ouvrières. Il était lié avec Félix Pyat et cacha celui-ci dans sa maison, de septembre à décembre 1869, mais son hôte l’avait quitté lorsque Brunereau fut arrêté à cause de lui en février 1870. Il écrivit le 2 mars une lettre protestant contre sa détention, qui fut publiée par La Marseillaise le 5 mars 1870.

Durant le Siège de Paris, il commanda le 117e bataillon de la Garde nationale, et le journal Le Combat publia de lui un appel enflammé à ses hommes, le 24 septembre 1870.
Sous la Commune de Paris, il fut élu chef du 228e bataillon fédéré, puis, en mai 1871, devint sous-chef d’état-major à la IXe légion. (D’après le dossier des Archives de la guerre, c’est celui auquel il succéda comme commandant du 228e bataillon qui fut nommé sous-chef d’état-major à la IXe légion.) Il assista aux funérailles solennelles de Dombrowski. En mars, il avait diffusé, avec M.-A. Gromier, La Patrie en deuil, six numéros.

Il se cacha à Paris et à Saint-Mandé, puis passa en Suisse par Bourg. Arrivé à Genève en septembre 1871, il y resta jusqu’en septembre 1878 date à laquelle il gagna Florence. On l’avait dit mort fusillé devant sa porte. À la requête de sa deuxième fille, les officiers ministériels vendirent sa maison et jusqu’aux meubles de son gendre, qui avait accepté la succession sous bénéfice d’inventaire (au reste, Gromier demanda des dommages et intérêts lorsqu’il sut son beau-père vivant). Mais le 20e conseil de guerre condamna Brunereau à la déportation dans une enceinte fortifiée, le 19 novembre 1872, et le tribunal civil repoussa sa requête parce qu’il était contumax, condamnant ses filles aux dépens.

À Florence, Brunereau malade vécut au foyer de son gendre ; il souffrait du cœur et obtint l’autorisation en 1879, de venir trois mois à Paris. Il n’avait jamais voulu solliciter sa grâce, tout en regrettant la France. Lorsqu’il mourut en terre étrangère, l’amnistie lui était acquise depuis deux mois jour pour jour (27 novembre 1879), mais il l’ignorait, puisque c’est le 3 février 1880 seulement que Gromier en reçut la nouvelle du consul de France à Genève. Une lettre de Gromier à la presse parisienne, évoquée par Le Rappel quelques jours plus tard, souligna l’amère ironie de cette mesure.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182636, notice BRUNEREAU Louis, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 29 janvier 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/854. — Arch. Min. Guerre, 20e Conseil, dossier 616. — Arch. PPo, B a/986. — Note de J. Chuzeville.

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo., album 286/43.

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