CARCAS Roland, Lucien [Pseudonymes : Parmentier, Testard]

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Né le 7 février 1906 à La Ferté-sous-Jouarre arrondissement de Meaux (Seine-et-Marne), mort le 10 novembre 1975 à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) ; réceptionnaire de marchandises ; communiste ; résistant ; déporté.

Roland Carcas
Roland Carcas

Fils de Lucien Carcas, manouvrier, et de Berthe Longatte, corsetière, Roland Carcas, adhéra au Parti communiste en 1928. Dès 1935, il vivait dans un logement de deux pièces au 15, rue Richemont à Paris (XIIIe arr.). En 1936, il était membre de la cellule 1345 de la section du XIIIe arrondissement, et en 1937, Roland Carcas était responsable du quartier de la Gare pour la section communiste du XIIIe arrondissement de Paris (voir Fréchard).
Il fit partie de la soixantaine de militants du XIIIe arr. qui fréquentaient les réunions du PC clandestin en août 1940. Louis Le Corre raconta : « Chaque jour, nous organis[i]ons et effectu[i]ons une importante distribution de l’Huma ou d’autre matériel clandestin. Avec Henri Schmitz et Roland Carcas, je dirige[ai] deux délégations importantes pour l’époque à la mairie du XIIIe ; l’une pour obtenir une amélioration des tickets d’alimentation ; l’autre pour obtenir une augmentation de l’indemnité de chômage. À noter que quelques jours plus tard un participant à ces délégations [fut] arrêté [il s’agit de Marcel Oury*]. » (Le XIIIe arr., op. cit., p. 102).
De la classe 1926, recrutement de Coulommiers (Seine-et-Marne), il a été mobilisé en septembre 1939 au 260e Régiment d’infanterie à Lons-le-Saunier (Jura). Il fut démobilisé en août 1940 par le Centre de démobilisation d’Espalion (Aveyron). Sous l’occupation allemande, il devint un militant communiste clandestin permanent rétribué 2000 francs par mois.
Il a été interpellé le 11 février 1943 par des inspecteurs de la BS1 rue de la Gare dans le XIIIe arrondissement alors qu’il se rendait à un rendez-vous avec deux FTP. Il fut emmené dans les locaux des Brigades spéciales, Angèle Desetres qui avait également interpellé était dans la même salle. Le 14 décembre 1944 dans sa déposition elle témoigna  : « un homme nommé Carcas a été conduit dans notre salle, il en a été extrait par un inspecteur vers les 19 ou 20 heures. Vers 23 heures je me rendais aux W-C, celui-ci se trouvait dans un état lamentable, il ne pouvait pas marcher, et l’inspecteur le trainait par le col de la veste, son col de chemise était arraché, il a été lancé brutalement dans les cabinets. Le lendemain matin, il a été ramené dans notre salle où il s’est écroulé. Nous l’avons placé sur un lit et lui avons donné divers soins. Il nous a déclaré avoir été frappé par l’inspecteur qui était venu le chercher avec qui le l’avais vu. »
Sur photographies elle reconnaissait l’inspecteur Giot « comme ayant torturé Monsieur Carcas ». Elle porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent et « contre celui qui a exercé des sévices contre Monsieur Carcas. »
L’inspecteur Jean Giot s’engagea dans l’armée Leclerc en août 1944 il participa à la Libération de Paris. « Gravement blessé, le 23 novembre 1944, dans la bataille pour Strasbourg, il est amputé des deux jambes. » Hospitalisé au Val de Grâce, un article paraissait sur le « héros de Baccarat » dans la presse avec sa photographie sur son lit d’hôpital. Ses victimes le reconnurent, il fut arrêté, comparut allongé sur une civière en uniforme de la 2e DB, portant six décorations dont la croix de guerre avec palme. Il niera obstinément les faits fut condamné à mort, restera cinquante-cinq jours dans le quartier des condamnés à mort. Leclerc adressera une lettre au garde des Sceaux en faveur de Giot qui sera finalement gracié en mars 1948.
Sérieusement blessé à la tête, Roland Carcas a été hospitalisé dans le service allemand de l’hôpital de la Pitié, il fut transféré à l’infirmerie de la prison de Fresnes, il a été mis à la disposition des autorités allemandes.
La perquisition effectuée dans son logement lors de son arrestation avait permis de découvrir des documents sur son activité clandestine au sein du Parti communiste et des FTP, ainsi que plusieurs photographies de militants clandestins destinées à la confection de fausses cartes d’identités.
Le 23 mars 1943 un Tribunal militaire allemand le condamna à mort, peine commuée en travaux forcés. Il fut déporté le 11 juillet au camp de Natzweiler, puis transféré en septembre 1944 à Dachau puis au kommando d’Allach d’où il a été rapatrié le 5 mai 1945.
À son arrivée le 7 mai à la gare de l’Est, il perdit connaissance, fut transporté chez madame Simonin sa belle-sœur, un médecin le fit hospitalisé à Bichat. Les médecins diagnostiquèrent le typhus. Il ne retrouva ses facultés que le 16 mai. En février 1950, des médecins appréciaient son « état général médiocre, ne reprend pas de poids, céphalées fréquentes par crise nécessitant l’arrêt du travail, diminution de la mémoire. »
Il épousa Cécile Joly le 7 janvier 1946 en mairie de Douai (Nord), un enfant prénommé Daniel Guy naquit le 5 juillet 1949 à Paris (XIIIe arr.). Roland Carcas a été grand électeur du Parti communiste aux élections sénatoriales de 1946. Un enfant prénommé Daniel naquit le 5 juillet 1949 à Paris (XIIIe arr.).
Roland Carcas continua à militer au Parti communiste et à la Fédération nationale des Déportés et Interné Patriotes. Réformé le 27 mai 1953, il a été pensionné au taux de 30%.
En mars 1955 il fit une demande pour obtenir la carte de déporté résistant. Roland Carcas a été homologué membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et Déporté interné résistant (DIR).

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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18660, notice CARCAS Roland, Lucien [Pseudonymes : Parmentier, Testard] par Daniel Grason, Claude Pennetier , version mise en ligne le 17 avril 2020, dernière modification le 18 avril 2020.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Roland Carcas
Roland Carcas

SOURCES : Arch. PPo. 1W 2241-104192, 77 W 851 chemise 3, 77 W 3115. – Arch. André Marty (Jean Maitron), P VI. – Bureau Résistance GR 16 P 106034. – Le XIIIe arrondissement de Paris du Front Populaire à la Libération, 1977, p. 94 et 102. – Les policiers français sous l’Occupation, Jean-Marc Berlière avec Laurent Chabrun, pp. 147, 155, 157, 169-171, 215. – Livre-Mémorial FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Notes de Jean-Pierre Besse. — État civil en ligne cote 6E194/28, vue 2018.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 174

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