EPELER Joseph

Par Benoit Willot

Né le 19 mars 1852 à Mohileff (Pologne) ; manifestant anarchiste à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne).

Joseph Epeler naquit à Mohileff, selon ses déclarations rapportées par la presse. La ville était alors en Pologne - elle deviendra ensuite russe et est actuellement en Biélorussie, connue sous le nom de Moguilev (russe Могилёв ou biélorusse Магілёў).
Une douzaine de quotidiens français, nationaux ou même de province, relatent l’arrestation de Joseph Epeler en 1895. Elle se situait dans le contexte de l’assassinat du Président de la République Sadi Carnot, le 24 juin 1894, par l’anarchiste italien Sante Geronimo Caserio (1873-1894).

Le 29 mars 1895, des agents du commissariat de Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) arrêtèrent une personne qui descendait la rue de Paris, artère principale de la commune, en criant « Vive l’anarchie, Vive Caserio, Mort aux bourgeois ! » Conduit au commissariat, il déclara, selon les comptes-rendus : « J’ai appartenu, dit-il, au parti nihiliste russe de Moscou, où j’ai habité. Maintenant, je professe les doctrines anarchistes. J’étais l’ami de Caserio. Je suis son admirateur. J’ai voué une haine mortelle aux bourgeois et à la société, qu’il faut détruire. »
Epeler indiqua à la police qu’il était marié et père de quatre enfants, qu’il était chimiste et qu’il habitait dans un hôtel garni situé 1, rue des Corbeaux, à Joinville-le-Pont.
Au moment de son arrestation, il était porteur d’une lampe de cuivre à essence, de tubes de verre et d’une matière semblant être de la poudre chloratée. Il avait sur lui une somme de 56 francs. Son interrogatoire par la police terminé, il fut conduit et écroué au Dépôt. Une perquisition opérée chez lui aurait amené la découverte d’écrits et de brochures anarchistes.

La plupart des organes de presse qualifient Epeler d’anarchiste. - le quotidien Gil Blas le présente comme un « ennemi de la société. »
En septembre 1895, dans la même rue de Paris, un ouvrier tréfileur à l’usine du Bi-Métal à Joinville, Louis-Joseph Mercier, fut arrêté dans des circonstances analogues, pour avoir crié « Vive Ravachol ! Gloire à Caserio ! »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article186873, notice EPELER Joseph par Benoit Willot, version mise en ligne le 13 novembre 2016, dernière modification le 12 septembre 2021.

Par Benoit Willot

SOURCES : Le Journal, quotidien, 30 mars 1895, 31 mars 1895. — Le Matin, quotidien, 30 mars 1895. — Le Petit Journal, quotidien, 30 mars 1895. — Journal des débats, quotidien, 30 mars 1895. — L’Express du Midi, quotidien, 31 mars 1895. — Le Petit Parisien, quotidien, 31 mars 1895. — Le Figaro, quotidien, 31 mars 1895. — La Croix, quotidien, 31 mars 1895. — La Presse, quotidien, 31 mars 1895. — Le XIXe siècle, quotidien, 31 mars 1895. — La Lanterne, quotidien, 31 mars 1895. — Gil Blas, quotidien, 31 mars 1895.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément