BÉROS Edmond, François, Marius

Par Jacques Girault

Né le 13 septembre 1897 à Ayzieu (Gers), mort le 20 septembre1967 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; économe ; militant socialiste dans les Bouches-du-Rhône.

Fils d’instituteurs, frère aîné de Georges Béros, Edmond Béros (prénommé parfois Etienne) fut reçu à l’Ecole normale d’instituteurs d’Auch (Gers) en octobre 1915. Mobilisé dans l’Infanterie, le 11 août 1916, blessé le 11 juin 1918 (amputé de la jambe droite), il effectua sa convalescence et sa réadaptation aux gestes quotidiens à l’ENI de janvier 1919 à juillet 1920, avec son frère qui venait d’être reçu à l’ENI de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Nommé instituteur à Dufort en octobre 1920, il fut détaché comme stagiaire à l’économat de l’ENI d’Auch.
Il se maria avec une institutrice Clémence Bistos (voir Clémence Béros->99566). Le couple eut deux enfants.
Commis d’administration à l’école nationale professionnelle d’Épinal (Vosges) à partir d’octobre 1922, reçu au certificat d’aptitude aux fonctions d’économe des écoles normales, il fut nommé économe de l’Ecole normale d’instituteurs de Montbrison (Loire) en octobre 1926 puis obtint le poste à l’ENI d’Aix-en-Provence en 1928 où, de la fin des années 1920 et du début des années 1930, il assura le bon fonctionnement tout en soutenant discrètement les revendications des élèves-maîtres. Membre de la section socialiste SFIO, il participa à toutes ses actions au moment du Front populaire.
Syndiqué, il soutint les grévistes et fut un des organisateurs de l’accueil des réfugiés espagnols à la fin des années 1930. Dans le cadre des inititiaves de solidarité mises en place par les militants socialistes et communistes aixois, il confectionna, notamment avec [Alfred Bizot>-16795] des colis pour le peuple espagnol. Lors de la grève du 30 novembre 1938, il se montra très actif et incita les élèves à la grève et au soutien du mouvement. Son attitude "digne et courageuse" (Alfred Bizot) ne se démentit pas dans les semaines qui suivirent, au cours desquelles une enquête officielle avec interrogatoire des grévistes fut menée par l’Inspecteur d’Académie. Aussi, en décembre 1940, fut-il muté d’office à l’ENI de Montbrison (Loire). Après la suppression des ENI, d’octobre 1941 à février 1944, il exerça à l’Institut de formation professionnelle d’instituteurs à Valence (Drôme). Son épouse, directrice d’école maternelle à Aix, voulait rester dans son poste mais fut nommée institutrice à Montbrison puis à Valence. Il participa aux actions de Résistance. Il retrouva son poste en février 1945 à l’ENI d’Aix-en-Provence. Son épouse dirigeait maintenant l’école maternelle annexe. Prétextant des sanctions subies, il posa sa candidature aux fonctions d’inspecteur général des services administratifs.
En 1952, à la suite de dépassements importants des dépenses, les rapports d’inspections constataient une « insuffisance des méthodes d’organisation » qui s’accompagnait d’une « faiblesse de caractère » nuisibles au bon fonctionnement de l’ENI. Un redressement se manifesta jusqu’à sa retraite en 1957. Il militait au syndicat des économes des écoles normales, adhérent à la Fédération de l’Éducation nationale. Le syndicat considéra que cette situation ne relevait pas de ses attributions.
Ancien membre du conseil d’administration de la Mutuelle de l’enseignement des Bouches-du-Rhône à la veille de la guerre, il participa à l’essor de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale.
A sa mort, au moment de la rentrée scolaire 1967, Alfred Bizot, alors membre du bureau du Syndicat national des institutrices et instituteurs et secrétaire de la commission administrative lui rendit hommage dans le bulletin départemental du SNI.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article190122, notice BÉROS Edmond, François, Marius par Jacques Girault, version mise en ligne le 4 mars 2017, dernière modification le 18 août 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/26956. — Notice de son épouse par Antoine Olivesi (DBMOF). — Renseignements fournis par sa nièce et par Pascal Léna.— Notes de Gérard Leidet.

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