BUDA Enoch [BUDA Henri]

Par Daniel Grason

Né le 28 février 1910 à Laski région de Mazovie (Pologne), mort en 1987 à Paris ; tailleur à domicile ; résistant de la Main-d’œuvre immigrée (M.O.I.) ; déporté à Auschwitz (Pologne).

Enoch Buda.
Enoch Buda.

Fils de Icek et de Chaya, née Fleviska, Enoch Buda était marié à Sylvia Forni, le couple eut une fille. Tous deux vécurent en compagnie d’Icek père d’Enoch au 11 rue Bachelet à Paris (XVIIIe arr.). Son épouse et son père furent raflés lors de la rafle du Vél d’Hiv le 16 ou 17 juillet 1942, déporté dans le convoi n° 9 le 22 juillet 1942.
Joseph Dawidowicz, commissaire politique des FTP-MOI de la région parisienne fut identifié par la police le 18 octobre 1943. Il était responsable aux effectifs, coordonnait le travail politique, disposait de liaisons avec la direction de la M.O.I. et avec celle des FTP, il en était également le trésorier, un poste clef. Le 26 octobre des inspecteurs de la BS2 l’arrêtèrent, les perquisitions de ses domiciles clandestins permettaient de découvrir des listes d’effectifs, des comptes rendus d’activité de la M.O.I, un état numérique dactylographié des divers détachements, etc.
Le 17 novembre 1943 soixante-sept membres des FTP-MOI et de la M.O.I., étaient interpellés. Militant de la Main-d’Œuvre Immigrée, Enoch Buda se présenta le 18 novembre 1943 au domicile de Mauricette Loutski, 18 Rue Simart à Paris XVIIIe arrondissement, il fut arrêté par des policiers de la BS2. Fouillé il n’était pas porteur de tracts, la perquisition de son domicile s’avéra infructueuse. Enoch Buda était inconnu de la police.
Emmené dans les locaux des brigades spéciales à la Préfecture de police, les policiers lui demandèrent la raison de sa visite à Mauricette Loutski. Il répondit qu’il voulait lui demander des nouvelles du fils de madame Marowitcz qui avait été transporté depuis quelques jours à l’Hôpital Rothschild (XIIe arr.).
L’interrogatoire se fit brutal, Enoch Buda déclara être en France depuis 1928 et d’avoir toujours résidé à Paris et travaillé. Il affirma qu’il n’avait jamais appartenu à aucune organisation politique, ni à un syndicat et ignorer l’activité de Mauricette Loutski.
Enoch Buda était en règle avec les lois françaises et les ordonnances des allemands concernant les israélites. Sa carte d’identité d’étranger délivrée par la Préfecture de Police était valable jusqu’au 24 septembre 1945.
Il a été interné au camp de Drancy sous le matricule 20953, il déposa 2565 francs et une bague avec un brillant et deux [illisible bleu] (reçu n° 2488 dans le carnet de fouille n° 116). Le 20 mai 1944 Enoch Buda était à Drancy dans le convoi n° 74 à destination d’Auschwitz, 1200 déportés hommes et femmes étaient dans ce convoi. L’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945, 108 femmes et 49 hommes de ce convoi avaient survécus.
L’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945, 108 femmes et 49 hommes de ce convoi avaient survécus. Enoch Buda était parmi les survivants. Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF) et Déporté interné résistant (DIR). Il divorça de Sylvia Forni après la guerre.
Le noms de ses parents ont été inscrits sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article192248, notice BUDA Enoch [BUDA Henri] par Daniel Grason, version mise en ligne le 13 mai 2017, dernière modification le 17 février 2020.

Par Daniel Grason

Enoch Buda.
Enoch Buda.
Enoch et Genia en 1984
Enoch et Genia en 1984

SOURCES : Arch. PPo. GB 137 BS2, PCF carton 15 rapports hebdomadaire des Renseignements généraux sur l’activité communiste du 29 novembre 1943. – Bureau Résistance GR 16 P 96123. – Site internet GenWeb. – Nos remerciements à Lily Buda pour les précisions qu’elle nous a transmises.

Photographie : Arch. PPo. GB 174 cliché du 20 novembre 1943, et Lily Touati

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