LÉVY Edgard

Par Daniel Grason

Né le 4 janvier 1905 à Metz (Moselle), exécuté le 14 juin 1944 par la Gestapo et la Milice à Saint-Georges (Cantal) ; membre des Éclaireurs Israélites de France.

Fils d’Émile et de Françoise Levy dite « Fanny », Edgard Lévy grandit et vécut à Metz. La déclaration de la guerre en septembre 1939 n’eut pas de conséquences immédiates. L’entrée des troupes allemandes en Alsace et en Lorraine eut des conséquences immédiates. Dès le 14 juin 1940, Metz était déclarée « ville ouverte ». Trois jours plus tard les troupes allemandes entraient dans la ville. Le préfet était arrêté le 18 juin. L’annexion de l’Alsace et la Lorraine ne laissa pas d’autre choix à la famille Lévy que de quitter Metz.
Dès 1942, Edgard Lévy participa à la « Sixième » branche clandestine des Éclaireurs Israélites de France. Son principal secteur d’activité était Limoges (Haute-Vienne). Il était au service des faux papiers, une nouvelle identité permettait aux juifs d’échapper à la déportation. Il eut comme responsable Raymond Winter, Josué Lifshitz dit Champagnac, et le rabbin Deutsch. Il était également chargé avec les frères Gradwohl et Raymond Winter de trouver des lieux sûr pour celles et ceux qui risquaient la déportation et la mort.
L’annonce du débarquement des alliés sur les côtes normandes le 6 juin 1944 souleva un immense espoir dans la population. Les membres de la « Sixième » reçurent l’ordre de rejoindre un maquis, ils se retrouvèrent à Saint-Flour (Cantal).
Le 10 juin les allemands raflèrent des habitants de la ville, les frères Gradwohl, Raymond Winter et Edgard Lévy furent du nombre. Le 12 juin un accrochage eut lieu entre FFI et soldats allemands non loin de là, à Murat, le chef de la Gestapo, Hugo Geissler était tué par des résistants. La répression sera terrible, cinquante-trois habitants civils étaient détenus, les allemands choisiront vingt-cinq civils à exécuter en représailles, dont Edgar Lévy, Marcel et Roger Gradwohl, ainsi que Raymond Winter désignés parce que juifs, il en sera de même de deux algériens de confession musulmane, (identités inconnues). Le 14 juin à six heures du matin tous seront exécutés à Saint-Georges.
Le nom d’Edgard Lévy a été inscrit sur la stèle de l’Hôtel Terminus à Saint-Flour, sur le monument aux morts d’Ennery (Moselle), et sur la plaque en marbre noir posée à l’intérieur de la synagogue de Metz. Sous deux drapeaux tricolores et l’étoile de David ont été gravés les trente noms des Anciens combattants Juifs de la guerre 1939-1945. Section de Metz dont celui d’Edgard Lévy

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article195447, notice LÉVY Edgard par Daniel Grason, version mise en ligne le 26 septembre 2017, dernière modification le 1er octobre 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN 20060011-14 (dossier 611327), transmis par Gilles Morin. – Bureau Résistance GR 16 P 370303 (non homologué). – Biographies de Marcel Gradwohl et Raymond Winter parues dans Archives Juives (2003/1/Vol-36), de Mathias Orjekh. Itinéraire issu de son Mémoire de maîtrise « Du scoutisme juif à la Résistance : un même engagement. Quelques figures d’un même itinéraire ». – Site internet de Soubizergues. – Site internet CDJC. – Site internet GenWeb. – État civil de Saint-Georges. – Site internet de Soubizergues. – Site internet CDJC. – Site internet GenWeb.

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