JACOBOVITCH Maurice

Par Michel Thébault

Né le 15 février 1924 à Paris, XIIe arr. (Seine), mort en action le 7 juin 1944 à Guéret (Creuse) ; réfugié juif en Creuse ; résistant FTPF.

Il était né à Paris de parents d’origine juive polonaise, son oncle Wolf Glicenstein avait épousé en août 1919 à Kock (ville de la voïvodie de Lublin au sud-est de la Pologne) Sarah Jacobovitch, la tante de Maurice Jacobovitch. La date de leur émigration en France est actuellement inconnue, mais nécessairement au tout début des années 20 avant la naissance de Maurice, les deux familles ayant probablement immigré ensemble.
De la même manière la date, pendant la seconde guerre mondiale, où les deux familles vinrent se réfugier en Creuse est également inconnue, mais leur installation s’est faite sur la commune de Saint-Hilaire-le-Château.

Maurice Jacobovitch s’engagea dans la Résistance au début juin 1944 avec son oncle Wolf Glicenstein. Ils rejoignirent à quelques kilomètres de Saint-Hilaire-le-Château, au lieu-dit Le Compeix (commune de Saint-Pierre-Bellevue) un maquis FTPF, la 2103ème compagnie dite également compagnie Brunet (du nom d’un jeune communiste Gabriel Brunet, exécuté sommairement le 7 septembre 1943 au Bois du Thouraud par les forces allemandes de répression).

Le 7 juin 1944, le lieutenant-colonel « François » (Albert Fossey), chef départemental des FFI de la Creuse et du Cher dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. Guéret fut ainsi la première préfecture métropolitaine libérée de France. Il concentra pour cette opération plusieurs maquis creusois. La 2103ème compagnie FTP arriva à Guéret à l’aube du 7 juin 1944. Elle fut engagée dès le début de l’action, contre l’un des points de résistance allemand, l’hôtel Saint-François, place Bonnyaud, siège de la Kommandantur. Le site mémorial genweb indique d’ailleurs que Maurice Jacobovitch fut tué lors de ce combat, en même temps que son oncle Wolf Glicenstein. Cependant l’historien de la résistance creusoise Marc Parrotin, qui dans les années 1970 – 1980 a mené une enquête approfondie sur les évènements de l’été 1944, a fourni un récit différent de la mort de Maurice Jacobovitch (Le Temps du maquis op. cit.p. 367) : « A ce moment, à l’entrée de la ville, un nouveau drame se produit au poste de guet laissé là par les FTP quand ils sont entrés dans Guéret. Une voiture allemande, venant de Sainte-Feyre, surgit en trombe. Le jeune volontaire, Maurice Jacobovitch, veut l’arrêter. Les ennemis, par les portières de leur véhicule, tirent sur lui et font demi-tour sans attendre la riposte. Il tombe, mortellement blessé… ».

Il obtint le 24 juillet 1946 la mention mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts de Guéret. Il figure également sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret (Creuse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196648, notice JACOBOVITCH Maurice par Michel Thébault, version mise en ligne le 1er novembre 2017, dernière modification le 30 novembre 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : René Castille in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Le Puy Fraud Ed.2012 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — site Mémoire des Hommes — mémorial genweb. — État civil, registre des décès de la ville de Guéret, 1944, actes n°165.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément