CAVALIER Paulette [née SPINETTA Paulette, Antoinette, Marie, Alexandrine]

Par Gérard Montant

Née le 1er janvier 1920 à Palestro (actuellement Lakhdaria, Algérie), morte le 7 novembre 2017 à Auriol (Bouches-du-Rhône) ; institutrice, professeure d’enseignement général lettres-histoire de l’enseignement technique court ; militante syndicale au SNETP-CGT ; militante du PCF ; féministe.

Paulette Spinetta était membre d’une famille comptant quatre enfants : deux garçons, Roger et Henri, et deux filles, Lucile et Paulette. Son père Paul, Joseph Spinetta était cadre aux PTT, militant du Front populaire et à la SFIO à Alger, sa mère née Henriette, Marie, Jeanne Pulicani était mère au foyer.

Paulette fréquenta l’école primaire, secondaire et un an au Lycée Delacroix à Alger. A Alger, elle était engagée politiquement comme son père. Elle termina ses études à Ajaccio (Corse) et intégra l’École normale d’institutrices d’Ajaccio lors de son retour en Corse en 1937 dans le Cortenais, retour qui fut provoqué par le décès de ses parents la laissant orpheline à 16 ans et en charge de ses frères et de sa sœur alors âgée de 7 ans. La famille fut prise en charge par leur oncle Jean Spinetta.

Paulette Spinetta épousa le 5 février 1949, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Jean Cavalier, né le 6 mars 1923, décédé le 10 mai 1998, maître verrier exerçant à Marseille (Bouches-du-Rhône), Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), puis Auriol (Bouches-du-Rhône) jusqu’en 1998, professeur à l’école des Beaux Arts d’Aix-en-Provence jusqu’à son départ en retraite. Jean Cavalier fut membre et adhérent actif du Parti Communiste Français. Ils eurent deux enfants : un garçon, Jean-Paul, né le 7 mars 1952, et une fille, Dominique, née le 8 mars 1953.

Après sa formation à l’ENI d’Ajaccio et son installation en Corse, elle exerça à Castellare di Casinca de 1945 à 1947. Elle intégra les centres d’apprentissage à Marseille au début des années 1950, exerça au lycée Capitaine Desmond jusqu’en 1968.

Paulette Cavalier, dès son entrée dans ses nouvelles fonctions dans les centres d’apprentissage, adhéra au SNETP-CGT et y milita en prenant d’importantes responsabilités aussi bien au niveau de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône qu’au niveau du SNETP.

Elle fut élue à la Commission Administrative Paritaire académique de sa spécialité en 1954 et élue à la CAP nationale en 1956.

Elle fut également élue secrétaire régionale du syndicat au niveau de l’académie de Marseille qui à l’époque rayonnait sur le périmètre actuel de l’académie augmenté du périmètre de l’académie de Nice.

Elle participa à de très nombreuses réunions du syndicat national sur Paris. Elle fut élue à la Commission administrative nationale en avril 1964 comme représentante de l’académie de Marseille, puis en avril 1966 au Bureau national. Elle quitta, alors, sa responsabilité académique.

Elle devint secrétaire nationale lors du congrès du Havre en 1968, responsabilité qu’elle assuma jusqu’en 1980. Elle resta membre de la direction nationale encore deux ans.

En 1968, lors de son élection au secrétariat du syndicat, elle vint s’installer avec son époux et ses enfants dans la région parisienne à Choisy-le-Roi. Il s’agissait d’un énorme sacrifice pour l’ensemble de la famille puisque ses enfants durent changer d’école, et son époux transporta son atelier de maître verrier à Choisy et fit la navette chaque semaine entre son lieu d’habitation et Aix-en-Provence, son lieu d’enseignement à l’école des Beaux Arts.

Pendant toute cette période 1968-1980, Paulette Cavalier fut membre des directions, bureaux, Commission exécutive de la FEN-CGT, de L’UGFF.

Elle participa activement à la Commission confédérale du travail en direction des femmes aux côtés de Madeleine Colin et de Madeleine Vignes.

Chargée de l’activité revendicative dans la direction du SNETP, Paulette Cavalier fut de tous les combats revendicatifs du syndicat aussi bien sur l’amélioration des conditions de travail notamment au niveau des maxima de service des enseignants que des luttes pour la parité indiciaire entre les personnels dans les CET et leur reconnaissance comme fonctionnaire de la catégorie A malgré les oppositions y compris à l’intérieur des structures CGT dans la fonction publique. Elle mena un combat acharné contre l’administration pour aboutir à la titularisation des auxiliaires. _ Entre 1968 et 1982, deux plans virent le jour titularisant plusieurs milliers des MA dans les CET.

Elle n’oublia jamais d’engager la lutte pour le développement de la formation professionnelle notamment en direction des jeunes filles.

Son féminisme intransigeant la conduisit à porter une préoccupation permanente en direction des femmes enseignantes, des femmes salariées. Elle se faisait un devoir de diffuser dans l’organisation le journal de la CGT en direction des femmes salariées : Antoinette. Elle regretta l’arrêt de sa publication et ne se priva pas pour le faire savoir.

Elle participa à la première conférence des femmes des Centres d’apprentissage organisé par le SNETP en mars 1964 au cours de laquelle elle donna connaissance à la conférence des actions engagés dans les CET de sa région pour préparer cette conférence, « réunissant plus de cent femmes, mettant l’accent sur les conditions difficiles pour les femmes de faire face à la surcharge de travail, réaffirmant la nécessité de défendre aussi les revendications sociales, et d’agir pour la formation des jeunes filles ».

Elle fut la cheville ouvrière de l’organisation des deux autres conférences (1967, 1975) organisées au cours de ses mandats, et participa activement à l’organisation des deux conférences de 1978 et 1985.

Pendant des années, elle insista plus particulièrement pour la reconnaissance de « la double fonction de la femme comme travailleuse et mère » ce qui fut une revendication certes qui peut paraître désuète aujourd’hui, mais qui fut partagée par la très grande majorité des femmes. Axe revendicatif loin d’être admis dans les syndicats de l’époque et aussi par les hommes. Cela ne la conduisit pas à oublier les revendications sociétales d’égalité dans la société comme dans le couple ou dans les rapports familiaux. Elle salua par exemple la circulaire ministérielle d’août 1975 accordant aux enseignants le bénéfice des autorisations d’absence pour garde d’enfant malade en ces termes « Garde d‘un enfant malade autorisation d’absence pour les femmes (… et pour les hommes) enfin !) », le « enfin ! » était aussi bien pour la reconnaissance du principe de l’autorisation d’absence reconnu pour les femmes que pour cette reconnaissance aussi reconnue pour les hommes.

Sur le plan politique, Paulette Cavalier adhéra au Parti communiste français au début des années 1960 dont elle était toujours membre lors de son décès, elle fut dans sa jeunesse membre des jeunesses socialistes et du Parti Socialise SFIO. L’engagement de son père et du cousin de celui-ci Cyrille Spinetta, fut certainement déterminant dans son propre engagement syndical et politique.

Elle fut comme le diront les militant.es ayant travaillé à ses côtés une grande militante et une femme de convictions.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198201, notice CAVALIER Paulette [née SPINETTA Paulette, Antoinette, Marie, Alexandrine] par Gérard Montant, version mise en ligne le 16 décembre 2017, dernière modification le 12 octobre 2022.

Par Gérard Montant

SOURCES : Archives du SNETP-CGT. — Entretien avec sa fille Dominique Mailliet, aidée de son frère Jean-Paul Cavalier et de ses cousin-es Henriette et Ange Massoni. — Entretien avec Paul Castel ancien secrétaire général de la FEN-CGT. — Articles du Travailleur de l’enseignement technique de 1964 à 1982. — Gérard Montant Un certain regard Ed. IHS-CGT. — Hommages divers du SNETP, du PCF.

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