CHASTANT Blanche, Rose

Par Daniel Grason

Née le 13 mars 1920 à Paris (XXe arr.), morte le 7 octobre 2002 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) ; colleuse de stores ; militante des Jeunes Filles de France ; communiste ; déportée politique.

Fille de Henri et d’Alexandrine, née Juvanon, Blanche Chastant habita 129 rue du Faubourg-du-Temple (Xe arr.), chez sa mère, marchande des quatre saisons, puis chez sa sœur épouse de Serge Morizet au 17 rue des Rigoles à Paris (XXe arr.). Elle travaillait comme colleuse de stores aux Établissements Lagrande Coudray 21 rue du Renard à Paris (IVe arr.). L’entreprise travaillait pour la Défense passive.
Elle militait avec Henriette Kermann, toutes deux géraient un dépôt de tracts 11 rue Henri-Chevreau dans le XXe arrondissement. Blanche Chastant fut interpellée le 5 mars 1942 par des inspecteurs de la BS1. Le domicile de la rue des Rigoles fut perquisitionné, les policiers saisissaient deux mille tracts intitulés « Français, voici comment sont morts les 27 otages », en référence aux fusillés de Châteaubriant exécutés le 22 octobre 1941, ainsi que deux mille feuilles de papier blanc.
Dans la pièce qu’elle loua rue Chevreau, ils trouvèrent environ vingt mille tracts, des numéros de l’Humanité clandestine de décembre 1941 et de janvier 1942, La Vie du Parti, ainsi que des tracts : « Pourquoi nous manquons de vin », « Où conduit l’inflation », « Métallurgistes de France, ils ont assassiné Péri ». Interrogée elle ne cacha pas le fait qu’elle avait été membre des Jeunes Filles de France avant la déclaration de guerre, et qu’elle participait à la diffusion de tracts du parti communiste.
Elle reconnaissait qu’elle vivait chez sa sœur et son beau-frère depuis un an. Elle avait pris la décision d’habiter 11 rue Chevreau, mais elle reconnut qu’elle n’y demeurait pas. Lors de la location de ce local elle était accompagnée d’Henriette Kermann, et c’était cette dernière qui détenait le contrat de location. Les policiers lui demandèrent comment ce matériel était parvenu dans ce local. Elle répondit qu’il avait été apporté dans une remorque par un dénommé « Jean Duval » qu’elle ne connaissait pas. « Je devais par la suite le faire parvenir en six paquets à un nommé Maurice qui devait m’attendre au coin de la rue Pixéricourt et de la rue de Ménilmontant. »
Elle était interrogée la 25 mars 1942 par un juge d’instruction. Elle affirma « Je n’ai jamais appartenu au parti communiste ni au Comité mondial des femmes. » Elle n’avait pas été non plus « sollicitée [pour se] livrer à une activité clandestine. » Elle connaissait effectivement Henriette Kermann depuis quatre ans « mais je ne la fréquente pas habituellement » précisa-t-elle. « Elle était présente lorsque l’engagement a été signé et c’est la raison pour laquelle elle a conservé cet engagement que je lui avais confié. »
Lors de la confrontation des deux femmes Henriette Kermann affirma « J’étais loin de me douter que la chambre que j’avais loué avec elle [Blanche Chastant] servait d’entrepôt clandestin. »
La Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris condamna le 27 juillet 1942 Blanche Chastant à six ans de travaux forcés. Elle fut transférée à la Centrale de Rennes (Ile-et-Vilaine). Le 2 mai 1944 elle était livrée aux autorités allemandes. Le 7 août 1944 elle était dans le convoi de 552 femmes à destination de Ravensbrück (Allemagne). Elle fut immédiatement affectée au Kommando de travail de Zwodau à 30 kilomètres de Karlovy Vary (Karlsbad en allemand) dans les Sudètes en Tchécoslovaquie, les détenues travaillaient pour la firme Siemens. Matricule 39146 Blanche Chastant a été libérée le 7 mai 1945.
Blanche Chastant a été homologuée au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déportée internée résistante (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198924, notice CHASTANT Blanche, Rose par Daniel Grason, version mise en ligne le 1er février 2018, dernière modification le 1er février 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/54. – Arch. PPo. GB 063, BA 2056. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Bureau résistance GR 16 P 123071. – État civil.

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