DE PYPER François.

Par José Gotovitch

Forest (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 26 février 1912 – Schaerbeek (Bruxelles), 20 août 1975. Ouvrier chaisier, militant communiste, résistant, Conseiller communal à Forest.

Fils d’un ouvrier socialiste, mort en 1942, et d’une mère, née en 1890, ouvrière de la chaussure, François De Pyper est baptisé et fait sa communion. Il achève le 4ème degré et travaille dès l’âge de quatorze ans dans l’industrie du bois. Il étudie l’ébénisterie et le dessin technique à l’école du dimanche.

Ouvrier chaisier, François De Pyper est membre du Syndicat du bâtiment en 1928, membre du Secours rouge international (SRI) et des Amis de l’Union Soviétique en 1933. Il adhère au Parti communiste belge (PCB) en 1934. Il milite à la fraction syndicale du bâtiment et au rayon de Forest. Responsable de presse en 1936, De Pyper est également responsable politique en 1938. Il suit divers cours du parti, dont il souligne la difficulté : il avoue préférer les collages, chaulages et autres actions de rue.

Mobilisé en 1939, François De Pyper garde un contact intermittent avec le PC. Revenu en juin 1940, son syndicat ayant choisi l’UTMI, il y demeure sur les conseils du parti jusqu’en 1942. Il est trésorier de la section de Forest et la dirige ensuite jusqu’en mai 1944, dans une semi-clandestinité : il ne dort plus chez lui mais travaille dans son atelier. En mai 1944, il plonge dans la clandestinité totale et, sous le nom de « Victor », devient instructeur fédéral.

À la Libération, François De Pyper est nommé responsable fédéral des Cadres, poste de confiance, particulièrement en cette période d’examen des militants revenus des camps et de contrôle des nombreux nouveaux adhérents. Second sur la liste communiste, De Pyper est élu conseiller communal de Forest en 1946. Le Congrès national de 1946, élu délégué par la Fédération bruxelloise, avec 105 voix sur 119, témoignage de sa popularité, le désigne à la Commission centrale de contrôle politique (CCP). Mais en novembre 1947, il est démis de ses fonctions fédérales et versé à l’administration centrale du Parti. En 1948, il n’est pas réélu à la CCP par le IXème Congrès et devient adjoint à la Trésorerie.

Victime en 1949 des restrictions de personnel qu’entraînent les élections législatives, il est proposé à François De Pyper de travailler comme commis à l’expédition du Drapeau rouge. Il demande à pouvoir reprendre son métier de chaisier, ce qu’il fait en juillet 1949. Il demeure secrétaire politique de sa section de Forest. Il pousse la liste lors des élections communales de 1952. Par la suite, il n’occupe plus de fonctions politiques et quitte Forest pour Saint-Gilles(Bruxelles), sans y militer. Il meurt à Schaerbeek le 20 août 1975.

François De Pyper incarne l’échec de la promotion d’un cadre ouvrier, au profil très bruxellois.

Un frère de François De Pyper, Gustave, né en 1919, est arrêté le septembre 1943. Jugé le 12 janvier 1944 pour usurpation de fonction publique et tentative d’extorsion commise avec armes, il est déporté à Neuengamme (Hambourg) en Allemagne. Il est présumé décédé en avril 1945. Quoique reconnu comme membre des Milices patriotiques par l’organisation, il n’aura droit, à titre posthume, ni au titre ni, pour sa mère, au bénéfice du statut de Prisonnier olitique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article201910, notice DE PYPER François. par José Gotovitch, version mise en ligne le 18 avril 2018, dernière modification le 12 janvier 2020.

Par José Gotovitch

SOURCES : CArCob : dossier CCP, Archives Albert Van Loo et Léo Leplat − Archives générales du Royaume, Fonds SPF Sécurité sociale, Direction générale victimes de la guerre, Dossier prisonnier politique.

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