WAJCBERG Héna [née FATLOWICZ]

Par Daniel Grason

Née le 18 décembre 1909 à Lodz (Pologne) ; préparatrice en pharmacie ; militante communiste ; déportée à Ravensbrück (Allemagne).

Héna Fajtlowicz épousa un compatriote nommé Wajcberg. Juive polonaise, elle milita aux Jeunesses communistes de France de 1933 à 1936, puis au Parti communiste. Pendant la guerre, elle vivait 11, rue Bellier-Dedouvre à Paris (XIIIe arr.), et sous la fausse identité de Paillé 7 place de la Madeleine (VIIIe arr.)
Au cours du mois de décembre 1943, des inspecteurs de la BS1 des Renseignements généraux interpellaient seize militants de l’appareil technique inter-régional du Parti communiste de la branche imprimerie. Étaient découverts onze dépôts, six imprimeries, sept machines, des presses, massicots, clichés, machines à ronéotyper électriques, sept cent mille tracts…
Une des militantes filée mena les policiers vers une douzaine de militants et militantes dont Louis Mollard interpellé en même temps que Héna Wajcberg. Lors de la perquisition de son logement, les policiers saisissaient des feuilles de tickets d’alimentation du mois de février, tamponnées d’un faux cachet de la mairie du XVIIIe arrondissement, des tracts dactylographiés ou imprimés à l’en tête du Front national de lutte, le Trait d’Union, le Roulant, France d’Abord
Emmenée dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, fouillée par une femme policière, elle portait sur elle une fausse carte d’identité au nom d’Henriette Paillé, et des tickets d’alimentation. Interrogée, elle reconnut faire partie de l’organisation clandestine, elle affirma remplir « les fonctions d’archiviste. »
La filature de Héna Wajcberg permit aux inspecteurs de la BS1 de repérer Blanche Dupont, Germaine Morin, Colette Adjoud, Christiane Levasseur, Simone Chambry, René Mourette. Seule Marie Garreaud, née Bordage réussissait à échapper au coup de filet.
Héna Wajcberg a été déportée sous son nom de jeune fille Fajtlowicz, elle était dans le convoi de 102 femmes qui partit de la gare de l’Est le 11 août 1944. Elles furent transportées dans des wagons de voyageurs aux fenêtres grillagées. En raison des combats et des bombardements, le train arriva à Châlons-sur-Marne le 15 août, puis arriva à Sarrebruck (camp de Neue Bremm) le 17 août. Une détenue réussissait à s’évader du train à Bar-le-Duc. Les déportées ont été envoyées en deux fois à Ravensbrück.
Outre Héna Fajtowicz, Marcelle Dubois et Renée Estrade étaient dans le même transport. Elle fut affectée au Kommando de travail de Holleischen dans les Sudètes, région de Tchécoslovaquie annexée par les allemands, elle travailla pour l’usine de munitions Skoda.
Matricule 61186, elle fut libérée le 5 mai 1945, rentra de déportation, il en était de même de Renée Estrade et Marcelle Dubois. Héna Fajtowicz a été homologuée Déportée internée résistante (DIR), au titre de la Résistance intérieure Française (RIF).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article203686, notice WAJCBERG Héna [née FATLOWICZ] par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 mai 2018, dernière modification le 22 mai 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GB 028. – Bureau Résistance GR 16 P 215087. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

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