DUCOS Robert, Louis, Marie

Par Patrick Bec

Né le 11 mars 1926 à Roanne (Loire), tué le 20 juin 1944 au Pont Rouge, commune de Chaudes-Aigues (Cantal) ; maître d’internat d’école militaire ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Robert Ducos était le fils de Georges Ducos et Louise, Georgette Roux. Il aurait habité Roanne (Loire) avant l’Occupation. Célibataire, il était maître d’internat à l’école militaire préparatoire de Billom (Puy-de-Dôme), ville où il demeurait en 1944.
Il rejoignit la Résistance au sein de la 8ème Compagnie de FFI.
Au lendemain de la dispersion du Mont-Mouchet (10 et 11 juin 1944), les troupes allemandes savaient que des maquisards s’étaient enfuis vers le sud et l’est. Dès le 16 juin le nouveau rassemblement est localisé ; Eugène Martres lit dans le journal de von Brodowski : "vastes concentrations de terroristes vers Chaudes-Aigues".
Le 20 juin 1944 une puissante colonne motorisée venant par le Pont de Tréboul se dirigeait vers le Pont Rouge où un combat sanglant eut lieu. Les Allemands sont retardés mais ils réussissent à passer. L’historien précise la composition des groupes de Résistants qui agirent entre le Pont Rouge et Chaudes-Aigues : « Ce barrage était gardé ce jour là par la 1ère section de la 8e cie (18 hommes - lieutenant Brihat). Le reste de la 8e cie se trouvait à 1,5 km au nord, près du bois de Védrines. Dans ce bois et aux environs s’étaient établis le maquis Aubrac, le groupe Laurent et la 33e cie. Au Pont Rouge le dispositif défensif était le suivant : "A 10 mètres du pont, côté Chaudes-Aigues, dans le fossé, un poste de 5 hommes. Ils ont à portée de la main une corde qu’il suffit de tirer pour actionner le détonateur de la mine installée sur le pont (pour le faire sauter). Ils ont en outre des grenades et des mitraillettes. Dans les rochers qui dominent la route 3 positions de tir sont installées : dans la première 2 hommes avec un bazooka et leurs fusils ; dans la deuxième 2 hommes avec un fusil-mitrailleur ; dans la troisième, 3 hommes à la mitrailleuse". Finalement avec le lieutenant une douzaine d’hommes. Ces hommes ouvrent le feu et l’assaillant riposte. La mine explose et creuse un entonnoir où s’effondre une auto blindée. Mais le pont n’a pas sauté complètement. Un coup de bazooka toucha une deuxième auto blindée. Cependant la supériorité ennemie s’impose rapidement. Les 2 officiers (Brihat et Soudan) sont tués à leurs postes. Les 5 hommes près du pont tentent de se dégager. Ils tombent à leur tour. Le reste de la section se replie. Dès le début du combat un agent de liaison a couru au bois de Védrines alerter les différents groupes. La 8e cie a tenté de s’avancer du bois de Védrines vers le Pont Rouge. Quelques hommes participèrent à l’engagement le long de la route mais le gros de la compagnie, sous l’intensité du tir, se replia. Le maquis Aubrac continua aussi la lutte entre le Pont Rouge et le bois de Védrines ; il y eut 2 tués : le lieutenant Vimard et Hertenstein. Le combat dans ce secteur se prolongea sporadiquement (Monod y fut tué). La colonne allemande continua sa marche vers le nord, vers Chaudes-Aigues tandis que quelques résistants tiraient depuis les bois et les genêts environnants ; au début de l’après-midi de ce 20 juin une mitrailleuse tirait encore dans le bois de Védrines. » (Martres).
Robert Ducos a été tué au Pont Rouge, le 20 juin 1944. Il avait 18 ans.

La mention "Mort pour la France" est portée sur l’acte de décès.

Son nom est gravé sur les monuments aux Morts de Billom (Puy-de-Dôme) et Chaudes-Aigues ainsi que sur le monument "commémorant le sacrifice des enfants de troupe des écoles militaires préparatoires" inauguré en 1991 à Clavières (Cantal) : Les enfants de troupe ont pallié leur manque d’expérience par une conduite admirable allant jusqu’au sacrifice suprême. Sont gravés avec les noms de Jean-Charles Groz, Robert Pabois, tombés à Paulhac (Lozère), Albert Lailhacar, mort à Maurines (Cantal) des suites de blessures reçues au Mont-Mouchet, René Ricouard tombé aux Deux-Verges le 20 juin, Robert Ducos et René Soudan tombés au Pont Rouge le 20 juin.

Son oncle G. Roux est venu reconnaître le corps le 25 octobre 1944. Il a été exhumé le 10 juin 1949 pour être inhumé à Saint-Haon-le-Châtel (Loire).
Son décès a été établi par un jugement du tribunal de Saint-Flour du 17 octobre 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article212202, notice DUCOS Robert, Louis, Marie par Patrick Bec, version mise en ligne le 20 février 2019, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Robert, Louis, Marie Ducos : GR 16 P 196739 (non consulté) .— AVCC, dossier Robert, Louis, Marie Ducos : AC 21 P 175688 (non consulté) .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008. — "Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944)", Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 .— Les combats du Pont-Rouge et du bois de Védrines : réduits de la Truyères- 20 juin 1944. Anterrieux : Musée de la Résistance, 2006, 2ème édition, revue et complétée, 45 p. — Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, Saint-Flour 1944 .— État civil (AD 15) .— MémorialGenWeb.

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