DUFOUR Henri, Louis

Par Jacques Girault

Né le 17 novembre 1893 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 21 mars 1982 à Angers ; instituteur ; syndicaliste du Maine-et-Loire.

Fils d’un cordonnier, anticlérical, devenu herboriste comme son épouse, Henri Dufour entra à l’École normale d’Angers en 1910. Il fut prisonnier pendant la guerre de novembre 1914 à février 1919. En 1919, il adhéra au Syndicat unitaire de l’Enseignement et y milita, tout à tour secrétaire du bulletin L’Émancipation ou secrétaire général de la section, dans les rangs des syndicalistes révolutionnaires, collaborant à la partie scolaire de L’École émancipée avec son épouse (sciences, calcul, articles divers). Il participa à l’organisation du dernier congrès à Angers de la FUE, étant secrétaire du syndicat. Il exerça notamment à Grez-Neuville (1927-1934), à Trélazé (directeur, 1934-1938), à Angers (directeur, 1938-1940).
Dufour se maria exclusivement civilement en avril 1920 à La Daguenière (Maine-et-Loire) avec Yvonne, Eugénie Terrier, (voir Yvonne Dufour) institutrice, ancienne normalienne (1913-1915). Le couple eut un fils.
Dufour, libre-penseur, militant des Combattants de la Paix (1935-1939), sympathisa avec le Parti communiste jusqu’à la signature du pacte entre Laval et Staline qui signifiait, selon lui, préparation de la guerre. Certainement depuis longtemps les communistes se rendaient compte de cette proximité. En effet, en janvier 1923, une conférence réunie à Moscou préparant la future Internationale des travailleurs de l’enseignement notait son nom, instituteur à Aviré, parmi les éventuels correspondants dans un document en langue allemande.
Il fut déplacé d’Angers à Cholet comme instituteur adjoint en octobre 1940. Résistant à partir de novembre 1943, il assura le secrétariat du comité local de Libération de Cholet. La guerre terminée, il dirigea l’école d’application annexe de l’école normale d’instituteurs d’Angers jusqu’à sa retraite en 1951.
Dufour devint secrétaire de la section de Maine-et-Loire du Syndicat national des instituteurs de 1947 à 1951. Il militait avec son épouse dans la tendance des « Amis de L’École émancipée » et à la Ligue des droits de l’Homme. Il participa régulièrement à toutes les réunions nationales des instances du SNI. Par exemple, au congrès de Grenoble, le 24 juillet 1946, il critiqua l’immobilisme du bureau national. À la réunion du conseil national, le 28 décembre 1947, il souhaita que le SNI reste à la CGT. Au congrès national du 23 mars 1948, son intervention exposait l’action laïque menée dans son département et à la réunion du conseil national du 27 décembre 1949, il souhaita le succès des États généraux de la France laïque. Lors de la réunion du conseil national du 17 juillet 1950, il s’opposa au projet de carte scolaire initié par Denis Forestier qui signifiait, selon lui, la mort de l’école publique laïque. Lors de la réunion du conseil national, le 19 mars 1951, après le rapport de Clément Durand sur la nationalisation de l’enseignement, il se montra d’autant plus favorable qu’il s’agissait de terminer l’œuvre de Jules Ferry. Aussi fallait-il examiner avec soin le projet de nationalisation de l’enseignement du Mouvement républicain populaire publié dans Esprit. Lors du congrès du SNI en juillet 1951, il fut assesseur.
Président du Cartel départemental d’action laïque, il organisa les grandes manifestations de défense de l’école laïque d’Angers et de Cholet de 1948 à 1951. Il créa à cet effet en 1952, avec l’aide du SNI et des organisations laïques de Maine-et-Loire, L’Anjou laïque, mensuel dont il fut l’éditorialiste, le rédacteur en chef et l’administrateur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23225, notice DUFOUR Henri, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 6 novembre 2016.

Par Jacques Girault

SOURCES : RGASPI, 534, 5, 104. — Presse syndicale. — Notice DBMOF. — Notes de Maurice Poperen. — Renseignements fournis en 1975 par l’intéressé à J. Girault.

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