DUMEIX Auguste, Étienne

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Né le 26 février 1915 à Paris (VIe arr.), mort le 4 janvier 2002 à Paris (XIe arr.) ; normalien, professeur de lettres-histoire et de géographie dans des établissements d’enseignement technique, formateur de professeurs à l’École normale nationale d’apprentissage (ENNA) de Paris ; directeur de l’Université nouvelle ; syndicaliste et militant communiste à Reims (Marne), à Hénin-Liétard (Pas-de-Calais, actuelle commune d’Hénin-Beaumont) et à Paris ; détaché en 1946 au cabinet de Maurice Thorez* ; collaborateur de l’Humanité.

Auguste Dumeix
Auguste Dumeix
En 1992, réunion des retraités du SNES

Fils d’un artiste peintre d’origine martiniquaise et d’une institutrice dans un établissement de l’enseignement privé, Auguste Dumeix fit ses études l’école primaire supérieure Chaptal de 1927 à 1935. Admis à l’École normale supérieure de Saint-Cloud en même temps qu’à l’École normale supérieure de l’enseignement technique en juillet 1935, il opta pour cette dernière. D’octobre 1937 à décembre 1945, il fut professeur de lettres, histoire et géographie dans les lycées techniques de Reims, Mâcon, Boulogne-sur-Mer, Hénin-Liétard et Puteaux. Il fut appelé par Philippe Rabier*, secrétaire général du SNET, de retour d’un camp de prisonnier au printemps 1945, pour s’occuper du démarrage de l’École normale nationale de l’apprentissage à Paris, dont le premier concours d’entrée fut organisé en novembre 1945 et qu’il réussit. Il fut donc nommé par le directeur de l’Enseignement technique, Le Rolland, professeur à l’ENNA, poste qu’il occupa jusqu’à sa retraite en septembre 1976.
En 1936, Auguste Dumeix fut parmi les militants du syndicat des professeurs-stagiaires de l’ENSET. De 1935 à 1937, il milita à l’Union fédérale des étudiants, ancêtre de l’Union des étudiants communistes. Il adhéra au Parti communiste en février 1936 ou en 1938 selon les archives du comité national du PCF. Secrétaire de la section syndicale de l’Enseignement technique de l’école technique de Reims en 1938-1939, il fut parmi les enseignants sanctionnés pour leur participation à la grève du 30 novembre 1938. Il exerça les fonctions de secrétaire du Centre culturel rémois, avec Solomon* et de secrétaire départemental du mouvement « Paix et Liberté » pour la Marne, présidé par André Ribard. Il écrivit régulièrement dans La Champagne ouvrière et paysanne.
Réformé définitivement pour affection cardiaque en 1937, Auguste Dumeix fut secrétaire adjoint de la section de Reims du PCF à la fin de 1938, époque des négociations de Munich. En raison de son militantisme syndicaliste et communiste, il eut maille à partir avec le directeur de l’établissement où il enseignait et fut « déplacé d’office » au collège technique de Boulogne-sur-Mer en avril 1940. Évacué de Boulogne par mer deux jours avant l’entrée des Allemands, dans les derniers jours de mai 1940, il exerça à Mâcon puis retourna à Boulogne-sur-Mer en 1942. Il en fut à nouveau évacué au printemps 1944 et fut nommé au collège technique d’Hénin-Liétard. Pendant la guerre, il reçut et diffusa les journaux clandestins du syndicalisme enseignant et les Lettres françaises.
Après la Libération, Auguste Dumeix devint secrétaire de la section d’Hénin-Liétard du PCF et rédacteur en chef de l’hebdomadaire La Lumière héninoise. Il fut élu conseiller municipal d’Hénin-Liétard au printemps 1945.
Auguste Dumeix fut membre du conseil syndical de la section académique de Paris du Syndicat national de l’Enseignement technique de 1946 à 1948. En 1948, il milita pour le maintien du SNET et de la FEN à la CGT mais ne prit pas de responsabilités au SNET par la suite.
Au début de 1946, Dumeix fut détaché au cabinet de Maurice Thorez, vice-président du Conseil chargé de la Fonction publique, pour s’occuper de son secrétariat personnel. Selon son témoignage, il se consacra essentiellement à répondre aux multiples sollicitations personnelles dont le ministre était le destinataire. Il ne participa pas aux réunions du cabinet. Il prit part ainsi indirectement à l’élaboration du statut général des fonctionnaires, à la différence de ce qu’il avait indiqué précédemment. Puis il collabora à la rédaction de l’Humanité dans sa rubrique culturelle, dans des chroniques satiriques des Échos sous le pseudonyme « Le Bossu » de 1947 à 1949, chronique tenue par la suite par André Wurmser*.
En avril 1948 à Paris (XIe arr), Dumeix épousa Josette Cothias, militante communiste*. Le couple eut quatre filles. De 1951 à 1972, il fut le secrétaire de l’Université Nouvelle, succédant à Paul Bouthonnier qui avait été avant guerre directeur de l’Université ouvrière. Membre de la direction des Amis de Georges Cogniot, il présenta les textes et interventions parlementaires de ce dernier en 1981. En 1998, il fut, avec Léo Figuères, l’introducteur du recueil de textes choisis par ce dernier.
Auguste Dumeix fut membre du comité de la Fédération de Paris du PCF de 1959 à 1972 et du comité de l’organisation communiste dans le XIe arrondissement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23310, notice DUMEIX Auguste, Étienne par Jacques Girault, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 6 avril 2019.

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Auguste Dumeix
Auguste Dumeix
En 1992, réunion des retraités du SNES

ŒUVRE : Qu’est-ce que la coexistence pacifique ? Les Éditions sociales, 1963.

SOURCES : Jean-Pierre Husson, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, thèse, Univ. de Reims, 1993, p. 97 et 107. — Témoignage d’Auguste Dumeix auprès de Jean Maitron. — Arch. IRHESS. — Arch. comité national du PCF (J. Girault). - Nombreux témoignages de l’intéressé dont son interview, le 14 mars 1995, par A. Dalançon et A. Drubay. — Jean-Pierre Husson, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, thèse, Université de Reims, 1993, p. 97 et 107. — Renseignements fournis par Josette Dumeix. — Notes d’Alain Dalançon.

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