DUPONT André, Adolphe, François

Par Justinien Raymond

Né le 24 mai 1894 à Bernay (Eure), mort le 30 mai 1982 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; instituteur puis professeur ; syndicaliste et militant socialiste SFIO ; député de l’Eure, maire de Beaumesnil.

André Dupont dans les années 1930
André Dupont dans les années 1930
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936

Fils d’un opticien, André Dupont entra à l’École normale d’instituteurs d’Évreux en 1910 et en sortit instituteur en 1913. Appelé aux armées par la mobilisation, le 1er septembre 1914, il fut démobilisé le 10 septembre 1919, avec le grade de lieutenant, la Croix de guerre et une citation.

André Dupont reprit sa tâche d’instituteur tout en préparant le certificat d’aptitude au professorat des Écoles primaires supérieures et des Écoles normales, concours en deux temps qui assurait alors le recrutement du personnel de l’Enseignement primaire supérieur. Reçu au concours en 1921, dans l’ordre des sciences, il fut nommé à l’EN d’Évreux et y enseigna de 1922 à 1935. Il fut alors nommé à l’EN de Draguignan, mais l’action politique d’André Dupont allait changer le cours de sa vie.

Depuis sa jeunesse, André Dupont était un syndicaliste et un militant socialiste. Comme candidat au Parti socialiste SFIO, il avait été élu conseiller municipal d’Évreux en 1934 et il le demeura jusqu’en 1945. En 1935, il échoua comme candidat au conseil d’arrondissement dans le canton d’Évreux. Il eut sa revanche aux élections législatives de 1936 dans la 1re circonscription d’Évreux. Dans un département fortement teinté de radicalisme ou de tendances voisines et qui comptait parmi ses élus sortants Forcinal aux Andelys, Briquet dans la 2 circonscription d’Évreux, Pierre Mendès France à Louviers et Georges Chauvin, vice-président au Parti radical-socialiste, ancien ministre dans la 1re circonscription d’Évreux, André Dupont se classa en tête de tous les candidats avec 5 626 voix sur 17 296 inscrits, devant le candidat de droite, Feuillet (4 966), devant G. Chauvin (4 126) et False, communiste (632). Bénéficiant du désistement des deux candidats de gauche, André Dupont battit Feuillet par 7 807 voix contre 6 937. Député actif à la Chambre où, en 1934 et 1935, il rapporta le budget de l’Air, André Dupont maintenait un contact très étroit avec sa circonscription, par de réguliers comptes rendus de mandat.

Aux approches de la guerre, il se rangea, comme beaucoup d’élus socialistes venus de l’enseignement et comme tous ceux que l’unité d’action avec le Parti communiste n’enchantait pas, dans le courant « pacifiste » derrière Paul Faure. Le 10 juillet 1940, il ne prit pas part au vote de l’Assemblée nationale à Vichy : il était parti, avec quelques autres parlementaires, sur le bateau « Massilia », vers l’Afrique du Nord où on avait laissé entendre que la guerre continuerait. Le congrès extraordinaire de rénovation de la SFIO, tenu à Paris en novembre 1944, le maintint dans le Parti socialiste mais avec suspension de tout mandat pendant la durée d’une législature, sort qu’il partageait avec onze autres députés. Mais Dupont suivit Paul Faure, participa à la création du Parti socialiste démocratique et collabora à son organe, La République Libre.

Retiré à Beaumesnil (Eure) où il s’était marié en juillet 1922, Dupont en fut le maire de 1953 à 1959 et, après cette dernière date, en demeura quelques années, conseiller municipal.

André Dupont mourut le 30 mai 1982 et fut inhumé, obsèques civiles, dans le caveau de famille du cimetière de Ventabren (Bouches-du-Rhône), le 1er juin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23384, notice DUPONT André, Adolphe, François par Justinien Raymond, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 2 juin 2022.

Par Justinien Raymond

André Dupont dans les années 1930
André Dupont dans les années 1930
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Les Cahiers d’Information du militant, op. cit., n° 16, mai 1936. — J. Jolly, Dictionnaire des Parlementaires. — Compte rendu du congrès de la SFIO, à Paris (9-12 novembre 1944), p. 16. — Le Monde, 9 juin 1982.

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