FONGARNAND Henri, François dit René ROLLAND

Par Daniel Grason

Né le 21 juin 1909 à Puteaux (Seine, Hauts-de-Seine), mort en déportation le 13 février 1945 à Augsbourg ; ajusteur ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant FTP.

Fils d’un tailleur d’habits, Henri Fongarnand était domicilié 58 rue de Châteaudun, à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Il effectua son service militaire de 1929 à 1930, deuxième classe dans l’artillerie au Maroc. Il y apprit les techniques de transmissions.

À son retour, Henri Fongarnand, ajusteur, travailla à la Compagnie française auto plan à Levallois-Perret, chez Chenard et Walcker à Gennevilliers, puis chez Citroën, quai de Javel à Paris. Il était membre de la CGT, au syndicat des métaux de la Région parisienne. Henri Fongarnand adhéra au parti communiste le 21 octobre 1936, à Asnières à la cellule Paul Vaillant-Couturier. Il eut des responsabilités politiques : secrétaire de cellule, trois mois ; membre du comité de section, un an ; secrétaire de section, quatre mois.
Le Front populaire avait créé une dynamique sociale, syndicale, politique et culturelle. Henri Fongarnand s’investit dans plusieurs associations : Paix Liberté, Radio Liberté, Ciné Liberté et au comité du Front Liberté. Il participa un mois à une école du parti communiste en janvier 1937.
Henri Fongarnand fut volontaire en Espagne républicaine, il arriva en Espagne le 7 novembre 1937. Il fut affecté à la XIVe Brigade internationale, 9e bataillon, 1ère compagnie, commissaire politique des transmissions de la XIVe Brigade. Il participa aux combats de Caspe (mars 1938) et de l’Ebre, (juillet 1938). D’Espagne, il encouragea les lecteurs de l’hebdomadaire Le travailleur de la Banlieue ouest à protester contre la non-intervention, et à développer la solidarité : « Nous sommes sûrs que par votre action solidaire, sans distinction de tendances politiques ou confessionnelles, par votre action inlassable, vous apporterez au peuple espagnol l’aide dont il a besoin ».
Henri Tanguy, le futur Rol Tanguy commissaire politique de la XIVe Brigade porta des appréciations élogieuses sur l’activité militaire d’Henri Fongarnand : « Travaille avec méthode, son service est l’un des meilleurs de la Brigade », « Bonne conduite morale, bon antifasciste, discipliné ». Il soulignait qu’il avait progressé « dans la partie technique ». Lucien Bigouret, responsable du Comité de parti, mit dans ses appréciations l’accent sur son : « Attitude très courageuse au front. Faisant un travail politique », mais soulignait-il : « À l’arrière extrêmement dur avec ses hommes. Il s’est complètement isolé ». Il concluait : « Défaut trop autoritaire, il a laissé [de ce fait] une mauvaise impression ». Il soulignait comme qualités : « Discipliné, sérieux et courageux ».
Le 3 septembre 1938, Henri Fongarnand regagna la France pour y effectuer une période militaire. Il continua son action au sein du Comité d’aide à l’Espagne Républicaine.
Mobilisé lors de la déclaration de guerre, Henri Fongarnand fut fait prisonnier par les allemands lors des combats de 1940, il s’évada. Il était, sous le pseudonyme de « René Rolland », responsable militaire FTP de la région P1 de l’inter région parisienne à l’automne 1942 ; il aurait aussi assuré un temps l’intérim sur P2. Il habitait 14 rue Collange à Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine). Il fut arrêté dans cette ville le 13 décembre 1942, au moment où selon la police : « Il échangeait des documents suspects sur la voie publique, en face de la gare de Clichy-Levallois » avec Roger Pinçon. Henri Fongarnand était en possession de documents ayant trait à son activité clandestine. Il était muni d’une fausse carte d’identité au nom de René Prioux et était connu comme responsable militaire des Francs-Tireurs et Partisans.
Une prime de 200 francs fut octroyée, le 15 décembre 1942, à l’Inspecteur principal adjoint à l’initiative des deux arrestations. Le 15 janvier 1943, cette prime fut portée à 1 200 francs : « avec félicitations du directeur [de la police] pour zèle obstiné et courageux dévouement dans la lutte contre le terrorisme . »
Henri Fongarnand et René Pinçon prirent le chemin du commissariat de Levallois-Perret, puis emmenés à la Préfecture de police dans les locaux de la Brigade spéciale n° 2. Henri Fongarnand fut interrogé, certainement durement, une dizaine de jours par les policiers. Il fut remis aux Allemands, à la prison de Fresnes le 24 décembre. À la suite de ces deux arrestations, les policiers de la BS2 arrêtèrent trente-quatre résistants.
Interné à Romainville puis à Drancy, Henri Fongarnand fut déporté le 8 juillet 1943 dans le même convoi que Roger Pinçon, de la gare de l’Est à Paris vers le camp de Natzweiller. Transféré à Dachau « NN », il mourut à Augsbourg le 13 février 1945.
François Moratti, technicien électricien qui vivait 14 rue Collange à Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine) renouvela le 9 avril 1945 une plainte qu’il avait déposée au commissariat de Levallois-Perret le 4 octobre 1944. Après l’arrestation d’Henri Fongarnand, des inspecteurs des Brigades spéciales occupèrent pendant douze jours le logement de François Moratti. Ils s’emparèrent notamment : de trois costumes, un pardessus, un imperméable, de paires de chaussures, de chemises, caleçons, cravates, un réveil, de l’outillage, de son passeport italien, de sa feuille de démobilisation de la Légion Étrangère (1939-1940).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article24026, notice FONGARNAND Henri, François dit René ROLLAND par Daniel Grason, version mise en ligne le 14 mai 2020, dernière modification le 14 mai 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : RGASPI 545.6.1186, BDIC 880/15, RGASPI 517.1.1876, BDIC mfm 880/45. – Arch. PPo, BS2, 41, GB 133, PC carton 13, KB 24, KB 29, KB 86, KB 102, 77 W 3113-293378. – SHD, Bureau Résistance (pas de dossier). – Notes de Jean-Pierre Besse. – Arch. André Marty, S 1. – AVCC, Caen. – AM Gennevilliers, Le Travailleur de la banlieue ouest, 25 mars 1938, La Voix populaire, 18 novembre 1938, 31 décembre 1938. – FMD Le Livre-Mémorial…, op.cit. — La production des maisons d’édition du PCF (1921-1956), Marie-Cécile Bouju. – État-civil, Puteaux.

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