DECOUFLET Eugène, Gaston

Par Gabriel Désert

Né en 1883 à Caen (Calvados) ; cheminot à la Compagnie de l’Ouest ; syndicaliste.

Eugène Decouflet entra comme ajusteur à la Compagnie de l’Ouest, puis devint mécanicien (1910) et chauffeur (1919). Animateur de la section caennaise de la Fédération des mécaniciens et chauffeurs des chemins de fer, il participa, à partir de 1909, à plusieurs réunions syndicales dans les principaux centres ferroviaires du département.
Il fut l’un des organisateurs de la grève d’octobre 1910. Il recommandait le calme à ses camarades et condamnait les sabotages. Membre du comité de grève, il en devint le secrétaire. Son action lui valut d’être révoqué mais il fut réintégré au bout de quelques mois.
Syndicaliste ardent, Decouflet était aussi un militant socialiste. Considéré comme un anarchiste — son nom paraît en 1912 sur une liste des anarchistes (?) du Calvados, mais le prénom n’est pas précisé —, le préfet le présentait comme « un provocateur et un meneur des plus dangereux ». Il fut condamné, en octobre 1911, à deux amendes : l’une pour menaces et outrages aux agents de police, l’autre pour ivresse publique, motifs traditionnels et sans signification.
En 1917, on le retrouve membre du syndicat caennais des travailleurs des chemins de fer et ses camarades le déléguèrent au congrès des cheminots qui se tint à Nantes. Trois ans plus tard il les représentait au congrès régional du Havre.
En février 1920, il déclarait : « l’état actuel résulte de la situation de fièvre qui règne chez les cheminots depuis le 21 juillet 1919 où la première manche a été perdue. Il faut que les cheminots gagnent la seconde manche ». Aussi joua-t-il un rôle actif dans la préparation et le déroulement des grèves de mars et mai 1920. Lorsque cette dernière s’essouffla, il soutint que le mouvement ne devait pas s’arrêter avant que les cheminots aient obtenu satisfaction et il attaqua ses camarades modérés, dont Boisjoly. À la suite de cette attitude dure, il fut rayé des cadres. Il devint alors mécanicien à la Société normande de Métallurgie. On perd depuis sa trace en tant que militant syndicaliste.
La femme d’Eugène Decouflet, née aussi à Caen, en 1881, y exerçait la profession de couturière. Ils avaient, en 1921, trois enfants nés entre 1908 et 1913.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article2887, notice DECOUFLET Eugène, Gaston par Gabriel Désert, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 14 janvier 2012.

Par Gabriel Désert

SOURCES : Arch. Dép. Calvados, M. 9130, 9133 bis et Z Pont-l’Évêque, 41. — Ch. Billy et J. Quinette, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1884-1922, Mémoire de Maîtrise, Caen, 1971. — M. Simon, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1919-1931, Mémoire de Maîtrise, Caen, 1973.

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