GUYON François, Élisée

Par Notice revue et complétée par Marc Vuilleumier

Né en janvier 1811 à Miège (Jura), mort le 7 juillet 1886. Berger, puis instituteur, puis marchand de vins, puis teneur de livres et enfin photographe. Républicain convaincu dès la fin de la Restauration, Quarante-huitard, Communard.

il fut berger avant de devenir instituteur. Il enseigna de 1829 à 1830 à Prétins, près de Salins (Jura) où il fut touché par la propagande fouriériste, abonné aux publications de la librairie animée par Considerant*. A Paris, à la fin de 1830, Guyon adhéra à l’Association libre pour l’instruction du peuple, puis à la Société des Droits de l’homme. Blessé au cours des journées de juin 1832, il fut emprisonné à Sainte-Pélagie en 1833 pour provocation au désordre et cris séditieux. En 1834, établi marchand de vin, rue Michel-Lecomte (VIIe arr., maintenant IIIe) sa femme et lui soignèrent les blessés qui avaient échappé au massacre de la rue Transnonain. Le lendemain, sa maison fut occupée et mise à sac par les soldats et sa femme arrêtée. Il dut s’enfuir et se cacher quelque temps. Membre de la Société des saisons en 1839 et de toutes les actions entreprises sous la monarchie de Juillet, il gagna sa vie comme teneur de livres dans différentes maisons de commerce et voyageur de commerce pour un fabricant de poterie du faubourg Saint-Denis.
Guyon combattit sur les barricades de février 1848 et le 27 signa avec Baillet* et Louis Maisons* l’appel au gouvernement provisoire à présenter au peuple, comme base de la constitution nouvelle la Déclaration des Droits de l’Homme de Robespierre de 1793. C’est l’origine du club des Droits de l’Homme où il exprimait un républicanisme égalitaire qui l’opposait aux républicains bourgeois. Parallèlement la Société des droits de l’homme, dont il fut secrétaire, se reconstitua et fut dotée d’une organisation par sections. Guyon fut délégué au Comité démocratique socialiste pour les élections de 1850 et membre du Comité centralisateur. Il prit une part active à la résistance républicaine au coup d’État du 2 décembre. Signalé comme ayant élevé une barricade au faubourg Saint-Denis et l’un des rédacteurs du manifeste du Comité centralisateur appelant aux armes. Il réussit à se cacher, mais la police arrêta temporairement sa femme. Les deux époux parvinrent néanmoins à gagner la Belgique, mais à peine Guyon y avait obtenu un emploi, qu’ils en furent chassés sous pression du gouvernement français. Ils réussirent à rejoindre Genève dont le gouvernement cantonal ferma les yeux sur leur présence. Ils purent régulariser leur situation après l’amnistie de 1859 et il s’établit comme photographe, d’abord au Pré-Lévêque, puis au Clacis-de-Rive. En étroit contact avec les nombreux républicains de différents pays proscrits à Genève, il fut membre de la section française de l’Internationale à ses débuts et participa au fameux Congrès de la Paix de 1867. En 1870, après la proclamation de la République et l’invasion prussienne, il courut s’engager dans la Garde nationale où il servit pendant le siège de Paris. Il prit fait et cause pour la Commune qu’il servit jusqu’à la fin comme attaché au ministère de la Justice. Il parvint à fuir la répression versaillaise et revint à Genève où il reprit son métier de photographe et fréquentait les milieux de la proscription communaliste, nombreuse à Genève jusqu’aux amnisties de 1879 et 1880. Il se lia particulièrement avecFerdinand Gambon* et avec Jules Perrier qui l’aida à terminer sa vie, rendue difficile par l’attribution de misère au titre des victimes du Deux décembre..

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article32275, notice GUYON François, Élisée par Notice revue et complétée par Marc Vuilleumier, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 13 janvier 2017.

Par Notice revue et complétée par Marc Vuilleumier

SOURCE : Arch. Min. Guerre, B 1202. — Marc Vuilleumier, « Un quarante-huitard inconnu : le citoyen François Élisée Guyon », Musées de Genève, avril 1969.

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