DRULHON Aristide, Oscar, dit Fernand Delisle

Par Michel Cordillot, François Gaudin

Né le 20 mars 1831 à Anduze (Gard), mort à Paris (XVIIe arr.) le 25 janvier 1912 ; négociant ; journaliste, communard.

De son origine régionale, Aristide Drulhon conserva un intérêt pour le félibrige. Ayant épousé Sophie Louise Delisle, il vécut en Suisse, pays de sa belle-famille, et son fils Fernand Louis naquit à Lausanne, le 5 août 1858. Installé à Lausanne, 1, rue du Bourg, le couple Drulhon-Delisle faisait le commerce de cravates, foulards, chaussures de Paris, etc. Installés à Paris à la fin de l’empire 17, rue des Halles, il se lança dans la bonneterie en gros, toujours sous le nom de Drulhon-Delisle. Sophie décéda, à 36 ans, le 11 février 1869. En 1870, deux magasins portaient leur nom, l’un, Drulhon-Delisle, de fabrication de lainages et tissus au 2 rue des Halles ; l’autre, Drulhon-Delisle & Cie, au n° 17.
Durant la guerre de 1870, Aristide Drulhon s’engagea dans les chasseurs des Alpes et servit sous les ordres de Menotti Garibaldi, fils aîné de Giuseppe. Sous la Commune, il fut, commandant des dragons de la République et délégué à la mairie du VIIIe arrondissement, où il dirigea les cantines.
Après la défaite, il se rendit d’abord avec Hector France en Suisse où il sa famille le reçut mal. Puis il se réfugia en Belgique, où son arrivée à Bruxelles fut enregistrée par la police à la date du 24 octobre 1872. À Paris, il avait été mis en faillite par jugement du 8 juillet 1872. Il était alors enregistré aussi au 116, rue de Rivoli comme marchand de filets, coiffures et ganteries. Le 4e conseil de guerre le condamna par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée le 31 juillet 1873.
En exil, il travailla comme journaliste puis continua, une fois revenu en France, sous le pseudonyme de Francis Delisle, associant le prénom de son fils et le nom de sa femme. Il fut amnistié en 1879.
De décembre 1879 à juin 1880, il donna, dans Le Voltaire, un feuilleton intitulé "La Vie en exil" et écrivit une Histoire tintamarresque des Jésuites, publiée en 1880. Il souscrivit pour une statue de Giuseppe Garibaldi. Il collaborait à La Petite République, en 1882.
Avec Francis Enne, il publia La Comtesse Dynamite chez Henry Oriol et Aimé Lavy, en 1883. Il collaborait alors à l’hebdomadaire La Nouvelle Lune. Il fonda ensuite l’Almanach du bon français, dont l’édition 1884 fut assurée par Henry Oriol, qui dirigeait alors la Librairie du progrès fondée par Maurice Lachâtre. Parmi les signataires figuraient Paul Arène, Léon Cladel, Alphonse Daudet, Francis Enne Hector France, Léon Millot, Aurélien Scholl et Émile Zola. En octobre 1886, il prit la direction du Paris-Montmartre, journal libéral du XVIIIe arrondissement qui existait encore en février 1887
À l’ouverture, en novembre 1890, du Théâtre de l’Athénée-comique, il en était le secrétaire général. On le retrouve à L’Intransigeant, de 1892 à 1898 et à La Lanterne en 1894, Il semble avoir été opposé à Dreyfus puisque, dans La Patrie du 25 janvier 1898, il fustigea les dreyfusards dans la poésie intitulée « Le syndicat de l’Île au diable ». Cette année-là, il était enregistré comme voyageur de commerce 2, rue de Coulmiers, à Nogent-sur-Marne. Il était membre fondateur de l’Association des journalistes républicains et avait été décoré de l’ordre militaire de Savoie.
Il décéda à l’âge de 80 ans, dans le 17e arrondissement, et fut inhumé au cimetière des Batignolles, le 28 janvier 1912, après un service à l’église protestante.
Son fils, parti en Argentine, fut déclaré disparu l’année suivante. Il résidait Juncal, 2375, à Buenos Ayres, et travaillait alors à l’Inspection générale des armées. Il était secrétaire adjoint d’une société d’assurances en 1927.

Sources : Arch. Nat., BB 24/856 A. – Arch. Min. Guerre, 4e conseil (n° 1183). – Archives du Service historique de la Défense : 8J 145, 236. – Arch. PPo., listes de contumaces. – L. Plüger, Nouveau guide de l’étranger à Lausanne et dans ses environs, Lausanne, Au Bazar vaudois, au Chemin-neuf et à sa succursale, 1855. – Arch. Paris, 17 D 179. Indicateur universel du commerce des tissus, 1870. – Le XIXe siècle, 17 février 1872, p. 4. – Journal Officiel de la République française, 6 janvier 1913. – Almanach des 40 000 adresses des fabricants de Paris…, 1872. – Le Voltaire, 6 juin 1880, p 3. – La Petite République, 7 mai 1882, p. 5. – Le Rappel, 5 juillet 1882. Vert-vert, 18 novembre 1890, p. 3. – La France militaire, 10 octobre 1890, p. 3. – Revue mensuelle du Touring-club de France, 15 octobre 1898. – La Patrie, 30 janvier 1912, p. 3. – Anuario Kraft, 1913, p. 1096. – Annuaire général de l’épicerie française et des industries annexes, Paris, Publication de « L’Épicier », 1923. – Prosper-Olivier Lissagray, Histoire de la Commune de 1871, Petit collection Maspero, François Maspero, 1971, Paris. – F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971. – Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880), LIR3S (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 26 septembre 2019, URL : https://communards-1871.fr.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article57914, notice DRULHON Aristide, Oscar, dit Fernand Delisle par Michel Cordillot, François Gaudin, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 5 février 2022.

Par Michel Cordillot, François Gaudin

ŒUVRE : Histoire tintamaresque des Jésuites, des inquisiteurs et autres calotins depuis l’invention des bûchers religieux jusqu’au martyre des cléricaux en 1880, Paris, Périnet, 1880, 239 p. – avec Francis Enne, La Comtesse Dynamite, Henry Oriol et André Lavy, 1883. – Almanach du bon français, Paris, Henry Oriol, 1884.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/856 A. — Arch. Min. Guerre, 4e conseil (n° 1183). — Arch. PPo., listes de contumaces. — Lissagaray, Histoire de la Commune, op. cit. — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971. — Notes de M. Cordillot.

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