DURAND Jacques, Louis

Né le 20 août 1817 à Pézenas (Hérault) ; cordonnier (coupeur en chaussures) ; membre de la Chambre syndicale des ouvriers en chaussures adhérente à l’Internationale ; élu membre de la Commune de Paris ; fusillé le 25 mai 1871.

Jacques Durand, qui s’était « toujours occupé de politique », aurait été compromis « dans les affaires de juin 1848 et de décembre 1851 ». Toutefois, aucune condamnation ne figure à son dossier judiciaire.
Président du bureau électoral des cordonniers parisiens constitué pour la désignation de leurs représentants à l’Exposition universelle de 1867, il fut à ce titre membre de droit de la Commission ouvrière fondée à cette occasion, y participant avec ses camarades élus Gérard, Clément Léopold, Lemoine et Gayou. Il présenta également lors des travaux de la Commission ouvrière de 1867, la Société de l’Assiette, réunion libre des ouvriers coupeurs.
Il habitait alors 307, rue Saint-Denis.
En 1869, il était rédacteur à La Voix du Peuple (6 février-28 août 1869), organe des chambres syndicales. Fribourg, dans l’Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871 (cf. p. 428), soutint qu’il n’était pas de l’Internationale, mais appartenait à la société « Extinction du paupérisme : invalides civils », constituée « sous la protection de l’empereur Napoléon III » (art. 2) et destinée à assurer « le bien-être des masses en consolidant leur alliance avec la dynastie » (art. 3).
Quoi qu’il en soit, Jacques Durand signa le manifeste de l’Internationale contre la guerre adressé aux travailleurs de tous pays, en juillet 1870 (cf. Dict., t. IV, p. 44) et quelques mois après la chute de l’Empire, il fut au nombre des 43 socialistes révolutionnaires présentés aux élections du 8 février 1871 par l’Internationale, la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et la Délégation des vingt arrondissements de Paris.
Garde national au 181e bataillon, Jacques Durand appartint au Comité central de la Garde nationale. Il en démissionna le 15 mars. Il fut élu, le 16 avril, par le IIe arrondissement, membre de la Commune, avec 2.874 voix. Il appartint à la commission de la Justice à partir du 21 avril et vota pour le Comité de Salut public. Au cours d’une perquisition opérée à son domicile en juillet 1871, on saisit « un compte rendu officiel de la Société internationale » [l’Internationale].

Le 25 mai, alors que les combats étaient terminés dans son quartier, on vint l’arrêter chez lui, 8 rue Thévenot. Il fut brièvement interrogé par un officier versaillais à la mairie du deuxième et fusillé « séance tenante » derrière l’église Notre-Dame des Victoires, ainsi qu’un voisin qui en fut témoin l’a raconté à Maxime Vuillaume.

Il fut néanmoins condamné par contumace à la peine de mort le 30 janvier 1873 (le 20, selon un autre texte), mais, indiquait une note du 30 janvier 1879, « d’après la rumeur publique, il aurait été fusillé le 25 mai [1871, à l’École militaire] et sa femme [Anne Mellarede] porterait le deuil ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article58447, notice DURAND Jacques, Louis, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 23 février 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/856, n° 2756. — Arch. Min. Guerre, 4e conseil, n° 876. — Eugène Tartaret, Commission ouvrière de 1867. Recueil des procès-verbaux des assemblées générales des délégués et des membres des bureaux électoraux, Paris, Imp. Augros, 1868, X-320 p. — Maxime Vuillaume, Mes Cahiers rouges, op. cit. — Notes de R. Skoutelsky, Maxime Jourdan et Michèle Audin.

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