VICARIOT Odilon, Jean-Baptiste, Marius

Par Justinien Raymond

Né le 3 avril 1883 à Marvejols (Lozère), mort le 23 décembre 1953 à La Varenne-Saint-Hilaire (Seine, Val-de-Marne) : professeur de lettres ; militant socialiste de la Lozère, de la Loire puis de la Seine ; conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne), conseiller général de la Seine.

Fils d’un instituteur lozérien, Marius Vicariot, après ses études secondaires, titulaire du baccalauréat (série “Philosophie“) en 1902, devint maître d’internat au collège de Mende (Lozère). Il obtint la licence ès-lettres à la Faculté des Lettres de Montpellier (1912). Marié en 1908, il effectua un an de service militaire et fut réformé. Après avoir été répétiteur aux collèges de Pézenas (Hérault) en 1905 et de Narbonne (Aude) en mars 1906, il enseigna à partir d’octobre 1906 au collège de Mende jusqu’en 1911, chargé de la surveillance générale la dernière année. Il fut nommé ensuite en 1928 au lycée de Roanne (Loire) en 1912 où il fut aussi chargé de la surveillance générale en complément de son enseignement jusqu’en 1938. A partir d’octobre 1938, il fut nommé professeur de grammaire au lycée Marcelin-Berthelot à Saint-Maur (Seine).

Militant socialiste, Marius Vicariot mena toute son action en Lozère jusqu’en 1929. Membre en 1903 du groupe des Étudiants collectivistes à Montpellier, il adhéra à l’Union socialiste (Parti socialiste français). En 1911, il fondait le groupe socialiste de Mende. Il le représenta au congrès fédéral le 7 septembre 1919, au cours duquel il préconisa la constitution d’une liste avec les radicaux pour les élections législatives du 16 novembre 1919. Il obtint gain de cause et fut désigné comme éventuel candidat si telle était la tactique du Parti socialiste. Mais celui-ci se prononça pour des listes socialistes. Vicariot fut l’un des trois membres de la liste socialiste qui échoua. Opposé à l’adhésion à la IIIe Internationale, Marius Vicariot qui n’appartenait plus au bureau fédéral depuis le congrès du 8 avril 1921, rédigeait son bulletin mensuel. Le sénateur-maire de Mende avait demandé des sanctions après ses écrits dans la presse en 1923. D’assez vives polémiques l’opposèrent au Parti communiste. L’édition du Midi de l’Humanité du 18 janvier 1924 le qualifiait de franc-maçon. Sous Vichy, cette appartenance fut confirmée : une fiche du service spécial des Associations dissoutes (Service des sociétés secrètes) de la Préfecture de police le donna comme ancien membre de la loge “L’union Lozérienne“, Orient de Mende du GOF et de la Loge “Les écossais Roannais de l’Orient“ de Roanne, initié en 1911, vénérable en 1920-1922, orateur en 1936-1937.

Aux élections législatives de mai 1924, Marius Vicariot, candidat sur la liste « de concentration républicaine et de Cartel des gauches », obtint 8 791 voix sur 32 932 inscrits. Il se fit élire conseiller municipal de Marvéjols en 1925. En 1927, il présidait la fédération de la Lozère de la Ligue des droits de l’homme et du citoyen. Candidat en 1928 dans l’arrondissement de Mende, il rassembla 1 198 voix à l’unique tour de scrutin. Lors du congrès socialiste départemental du 13 mai 1928, Vicariot appartenait toujours au bureau fédéral, mais en 1928, il quitta la Lozère.

Secrétaire de la section socialiste SFIO de Roanne (Loire), Marius Vicariot fut élu conseiller municipal aux élections de 1935 sur la liste conduite par Albert Sérol* et participa activement à la vie de la section locale et de la Fédération de la Loire dont il animait le journal La Voix populaire où il défendait la politique de Léon Blum et d’Albert Sérol. Délégué au congrès SFIO de Royan de juin 1938, il vota la motion Blum. Il dénonça dans La Voix populaire du 24 juin 1938 l’attitude des radicaux lors de l’élection partielle du 12 juin 1938 à Saint-Étienne, qui opposa le communiste Marcel Thibaud à Antoine Pinay, déplorant que le radical Fouilland se soit désisté purement et simplement, favorisant l’élection de Pinay. Il soutint encore Sérol en protestant contre les pacifistes partisans d’un accommodement avec l’Allemagne et le suivit lors du congrès de la fédération SFIO de la Loire le 18 décembre 1938, en appuyant la motion Blum contre une motion Paul Faure.

Marius Vicariot, révoqué de l’enseignement, le 7 novembre 1941, comme franc-maçon (Journal officiel, 1er octobre 1941), en 1943 résidait à Thomery (Seine-et-Oise). Réintégré le 28 août 1944, il demanda sa retraite dont il avait refusé de faire valoir ses droits à partir de novembre 1942.

Après la Libération, il fut candidat de la SFIO à la première Assemblée constituante en octobre 1945 dans la 4e circonscription de la Seine, puis aux législatives de novembre 1946 et 1951. Membre de la Commission exécutive de la fédération socialiste de la Seine en 1948, il signa l’appel à la reparution de La Bataille socialiste.

Marius Vicariot fut élu conseiller municipal socialiste de Saint-Maur-des-Fossés et conseiller général de la Seine. En novembre 1951, il devint président du conseil général de la Seine. Il présidait aussi la commission mixte des transports à l’Hôtel de Ville de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article74318, notice VICARIOT Odilon, Jean-Baptiste, Marius par Justinien Raymond, version mise en ligne le 25 septembre 2009, dernière modification le 23 juin 2016.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3229, F/1cII/113/B, 125/A, F17/24031, Z/6/1927. — Arch. Com. Roanne, 1 X 4, art. 26. — Conseils généraux, élections, résultats officiels, juillet 1925-octobre 1928, Paris, J.L.L. D’Artrey directeur. — Profession de foi aux élections municipales de 1953. — Arch. de l’OURS, dossiers Seine, fonds C. Fuzier. — La Voix populaire, 29 avril, 5 mai, 24 juin 1938. — Le Réveil socialiste du Gard et de la Lozère, 14 septembre 1919. — Le Populaire Dimanche, 27 décembre 1953. — Rens. mairie de Mende. — Notes de R. Estier, de Jacques Girault et de Gilles Morin.

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