JACOB Madeleine

Par Anne Mathieu

Née le 15 octobre 1896 à Paris (IXe arr.), morte le 8 octobre 1985 à Paris ; chroniqueuse judiciaire, grande reportrice et journaliste sociale.

Fille d’un horloger-bijoutier, Madeleine Jacob entra au magazine de mode Vogue en 1923 et y demeura cinq ans. C’est à Vu, l’hebdomadaire illustré de Lucien Vogel* auquel elle collaborait depuis 1929, qu’elle publia son premier grand reportage sur l’insurrection de Vienne (Autriche) en 1934. Elle effectua ensuite des chroniques judiciaires pour L’Œuvre de 1934 à 1940, journal auquel elle était attachée, chroniques judiciaires qu’elle transposa notamment au Petit Journal au premier semestre 1937. Si ce sont ses chroniques judiciaires qui la rendirent célèbre, elle fut aussi reportrice politique et de guerre, ainsi qu’une journaliste sociale.

Elle fit partie des premiers grands reporters français à être présents en Espagne quelques jours seulement après le coup d’État franquiste du 17/18 juillet 1936. Elle collabora alors à Vu , dont elle était secrétaire de rédaction (1929-1936) et à son numéro spécial du 29 août 1936, dans lequel elle accompagna son reportage de photographies prises par elle-même. Elle soutint les Républicains espagnols jusqu’en 1939, année où elle réalisa plusieurs reportages sur les camps d’internement du Sud-Est de la France, par exemple pour le compte de l’hebdomadaire de la CGT, Messidor.

Dans ce dernier, elle publia aussi, entre autres articles, un reportage sur l’Anschluss, en mars 1938, "J’ai vu mourir l’Autriche". La progression du nazisme la préoccupait, comme en témoigne par exemple un reportage à Sarrebrück effectué en janvier 1935 pour L’Œuvre, au moment du vote pour le rattachement de la Sarre à l’Allemagne.
Sur proposition de Paul Vaillant-Couturier, elle collabora pour quelques numéros à l’Humanité. Celui-ci décédé, Marcel Cachin s’employa à mener le projet à terme et c’est comme prévu selon le souhait de Jacob qu’elle se rendit en Allemagne. Pendant un mois, de la fin décembre 1937 à la fin janvier 193, elle livra une série "L’envers de la grande parade hitlérienne".

Elle fut décoré de la médaille de la Résistance en octobre 1945.

Après la Seconde Guerre mondiale, elle fut responsable jusqu’en 1948 de la rubrique judiciaire à Franc-Tireur, collabora à La France qui combat (1944-1947) puis elle écrivit dans Libération de 1949 à 1964 et France-Soir (1965-1967) ainsi que Paris-Presse-L’Intransigeant (1965-1966) ; elle tint finalement la chronique judiciaire de l’Humanité-Dimanche en 1967.

Elle couvrit nombre de procès, dont celui de Pétain, dont celui de Nuremberg.

« Admirée des uns, détestée des autres, redoutée de tous, observatrice avisée autant qu’amusée ou faussement irritée d’un microcosme qui avait fini, pour elle, par avoir les effets d’une drogue », Madeleine Jacob fut, au Palais « une personnalité hors du commun » et le « monstre sacré d’une chronique judiciaire où elle partageait la vedette avec un Pierre Scize et un Frédéric Pottecher ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article87690, notice JACOB Madeleine par Anne Mathieu, version mise en ligne le 23 avril 2010, dernière modification le 12 septembre 2020.

Par Anne Mathieu

ŒUVRE : À vous de juger, édition les Yeux ouverts, 1962. — Le Procès de Liège, édition les Yeux ouverts, 1963. — Quarante ans de journalisme, Julliard, 1970.

SOURCES : Jean-Marc Théolleyre, Le Monde, 15 août 1985. ; ; Madeleine Jacob, em>Quarante ans de journalisme, Julliard, 1970 — Anne Mathieu, « Envoyés spéciaux de la guerre d’Espagne », Le Monde diplomatique, août 2016, pp. 22-23.

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