LAMBERT Lucien

Par Antoine Olivesi

Né le 18 janvier 1905 à Sénas (Bouches-du-Rhône), mort le 25 septembre 1971 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; cultivateur ; député communiste des Bouches-du-Rhône de 1946 à 1958.

Lucien Lambert appartenait à une famille paysanne de Sénas, localité de la vallée de la Durance. Son père était chef cantonnier, sa mère sans profession. Titulaire du CEP, il travailla comme domestique de ferme, maçon, artisan cordonnier. Il y était agriculteur lorsqu’il adhéra au Parti communiste en 1935, à la suite d’une réunion publique tenue dans cette commune. Auparavant, il était anarchiste et avait été déserteur.

Il devint, en 1936, membre du bureau régional de la Jeunesse communiste puis fit partie du secrétariat.

Il militait à la Fédération des petits commerçants et artisans , au SRI et pour les Locataires.

Le 1er mai 1938, il fut élu conseiller municipal de sa commune mais, mobilisé en 1939 (il combattit sur le front des Alpes), classé parmi les suspects, il fut déchu de son mandat, le 25 janvier 1940.

Chargé de la réorganisation clandestine du PC dans les cantons d’Orgon et d’Eyguières, il fut proposé à l’internement par la gendarmerie, puis la police, avec d’autres militants de Sénas, à la suite de la diffusion de papillons communistes en décembre 1942 et du journal Rouge Midi en janvier 1943. La principale source d’information des policiers provenait d’un inspecteur du Service d’ordre légionnaire (SOL) de la localité qui signala que, sous des dehors calmes, il se déplaçait beaucoup dans la région et à Marseille (Bouches-du-Rhône) et qu’il devait jouer le rôle d’agent de liaison. Un arrêté d’internement administratif pour le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) fut pris à son encontre le 11 mars 1943, mais il avait pris la fuite, avec un autre militant recherché, Pétrus Dupuy, le 14 février précédent. Il était alors célibataire et vivait avec sa mère qui était veuve.
Passé dans la clandestinité avec le pseudonyme de Paul, il est difficile de préciser quelles furent ses responsabilités précises. Il semblerait qu’il ait participé à la reconstitution du parti clandestin dans les Alpes-Maritimes dès 1942. Des témoignages varois le font membre de la direction du PC dans ce département. Il semblerait plus vraisemblablement qu’il ait eu en charge le secteur « paysan » du Var, des Basses-Alpes et des Alpes-Maritimes en liaison avec les directions clandestines du PC et des FTP (Francs tireurs et partisans) dans ces départements qu’il parcourt régulièrement à vélo. Il encouragea la constitution de Comités de défense et action paysanne (CDAP) et la diffusion de journaux spécifiques au monde agricole (La Terre et des journaux locaux). Il transmit aussi les instructions au moment de la mobilisation maquisarde de juin 1944. Il participa aux combats de la Libération dans les rangs des FTP. Il était alors très connu parmi les militants comme « Paul le paysan ».

Après la guerre, Lucien Lambert reprit son action militante dans les milieux paysans et fonda, en 1945, la coopérative générale de l’agriculture, encouragea le syndicalisme rural, fit diffuser le journal La Terre. Il présenta le rapport sur les problèmes paysans lors de la Conférence Fédérale le 15 juin 1947 au Grand Palais, Parc Amable Chanot et donna un cours sur « le travail de masse du Parti : question paysanne » dans le cadre d’une école de section en 1948. Il fut chargé par la Fédération de préparer avec Gaston Viens* la conférence départementale paysanne pour la paix en octobre 1952.

Secrétaire de l’ARAC, membre du bureau fédéral du PC pour les Bouches-du-Rhône, il fut élu député de la deuxième circonscription, de juin 1946 à 1958, avec une réélection en 1956. Il ne put retrouver son siège en novembre 1958.

Le 13 janvier 1956, le secrétariat national du PCF décida qu’il serait invité aux réunions générales de la section agraire et à participer à ces degrés divers au travail à faire parmi les ouvriers agricoles et les petits paysans. En février 1956, il fut délégué avec Hubert Ruffe*, Mariat* et Fraysse* au congrès de l’association nationale des cultivateurs directs d’Italie. En mars 1960, il fut propose pour être membre d’une délégation des paysans communistes en URSS. Responsable de la commission travail à la campagne, il était encore membre du comité fédéral à la suite de l’élection du 7 mai 1961.

Lucien Lambert, gravement malade pendant plusieurs années, mourut le 25 septembre 1971 et fut inhumé le 27 à Orgon. Léon David lui rendit hommage en présence de nombreux élus, militants et sympathisants communistes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89609, notice LAMBERT Lucien par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 8 octobre 2010, dernière modification le 10 janvier 2021.

Par Antoine Olivesi

ŒUVRE : Articles dans Rouge-Midi, notamment le 17 mars 1939 et le 21 octobre 1944 : « Paysans, unissez-vous ! »

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, VM 2/295 ; M 5/265 ; M 6/10809, M 6/11246 et
5 W 195 (dossier d’internement). — Archives de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône, listes établies à l’attention de la SMC entre mars 1952 et 1961. — Rouge-Midi, 3 mai 1938, 17 mars 1939, 21 octobre 1944 ; juin et octobre 1946. — La Marseillaise, juin 1951, janvier 1956, octobre-novembre 1958, 26, 27 et 28 septembre 1971 (nécrologie et photo) et autres périodiques locaux. —Max Burlando, Le Parti communiste et ses militants dans la Résistance des Alpes-Maritimes, La Trinité, Parti communiste français, Fédération des Alpes-Maritimes, 1974.—Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983. —Jean-Marie Guillon, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, Aix-en-Provence, Université de Provence (Aix-Marseille I), thèse de doctorat d’Etat, 1989 (www.var39-45.fr).—Louis Gazagnaire, Le peuple, héros de la Résistance. Témoignage de patriotes de Provence, Éditions Sociales, Paris, 1971, p 17. — Antoine Olivesi et Marcel Roncayolo, Géographie électorale des Bouches-du-Rhône, op. cit. —RGASPI, 495 270 4722, dossier du Komintern, 14/11/1933, classé B. — Témoignages. —Notes de Jean-Claude Lahaxe, Claude Pennetier et Jean-Marie Guillon.

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