BLANCHARD Marius

Par Jean Maitron

Né le 13 avril 1879 à Mâcon (Saône-et-Loire) ; mort à Paris le 30 octobre 1931 et enterré au Père-Lachaise ; ouvrier en instruments de précision ; marié, père d’un enfant ; secrétaire de la Fédération des Métaux.

Marius Blanchard
Marius Blanchard

Tourneur-robinettier à Lyon, militant libertaire, M. Blanchard devint secrétaire du syndicat local de sa profession en 1903. Deux ans plus tard, à la suite des grèves de Meurthe-et-Moselle de 1905 et des études et voyages de Merrheim consacrés aux problèmes des mines de fer et de la sidérurgie lorraine, la Fédération de la Métallurgie créait un poste de secrétaire régional en 1905. Ce poste fut occupé par Marius Blanchard qui se livra à une propagande intense. Son effort principal fut centré sur les mines et usines de Meurthe-et-Moselle, mais la répression, les divisions du mouvement ouvrier ne lui permirent pas de multiplier les syndicats ni même de maintenir en activité tous ceux qui existaient à son arrivée à Nancy (début 1906). Le XIIIe congrès national des ouvriers métallurgistes (Paris, septembre 1907) discuta longuement de son action et supprima son poste, mais lui confia celui de la propagande dans tout le pays, soulignant ainsi qu’il n’avait pas démérité dans l’Est. Blanchard avait donné de nombreux articles, durant sa présence à Nancy, aux journaux Le Cri populaire et La Vie sociale et ces articles constituent une des sources principales de l’histoire ouvrière en Lorraine durant les années 1906-1907.

Marius Blanchard participa à de nombreux congrès nationaux corporatifs. Citons, avant la Première Guerre mondiale, le XIVe — 8e de la CGT — tenu à Bourges du 12 au 20 septembre 1904 ; le XVe, Amiens, octobre 1906 ; le XVIe, Marseille, octobre 1908 ; le XVIIe, Toulouse, octobre 1910 ; le XVIIIe Le Havre, septembre 1912.

En 1910, à Toulouse, il intervint à propos de la Maison des Fédérations : « Nous exigeons, déclara-t-il, que la question de la Maison des Fédérations soit discutée à fond » ; et il se prononça contre Griffuelhes — cf. c. rendu, pp. 98-104. De Marmande a remarqué à ce propos : « Costaud, l’œil pétillant de malice et dur à volonté, la lèvre forte sachant porter la santé et découvrir, dans un sourire, des dents serrées qui mordaient à l’occasion, Blanchard, prompt à la riposte, avait pourtant avec Griffuelhes un trait commun : le goût de l’indépendance syndicaliste » (Syndicats, 27 avril 1939).

Après la fusion en une seule des quatre Fédérations métallurgistes : métaux, cuivre, mécaniciens, mouleurs, Blanchard fit partie du bureau. En 1909, il remplaça Galantus au secrétariat de la Fédération. Il était toujours secrétaire en 1925. Lorsque Lenoir devint, en 1923, membre du bureau confédéral, Blanchard le remplaça comme secrétaire chargé de la trésorerie de la Fédération. En décembre 1930, le bureau de la Fédération CGT des Métaux était dirigé par Blanchard, Galantus et Chevalme. Depuis 1923, Blanchard était membre de la CA de la CGT et membre du Parti socialiste SFIO.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article100406, notice BLANCHARD Marius par Jean Maitron, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 13 mai 2012.

Par Jean Maitron

Marius Blanchard
Marius Blanchard

COLLABORATIONS : ci-dessus citées. En outre, Terre libre de Janvion, n° 1, 15 novembre 1909. — L’Information sociale, 1918-1922.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13053 et F7/13771, décembre 1930. — La Voix du Peuple, 1931. — L’Information sociale, 5 novembre 1931. — Comptes rendus des congrès et notamment du XIe congrès CGT Métaux, Paris, septembre 1933.

ICONOGRAPHIE : La CGT, op. cit., p. 405.

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