MAUCOLIN François

Par Jean-Luc Pinol

Ouvrier terrassier ; syndicaliste CGT du Bâtiment et de la Seine.

Ouvrier terrassier, secrétaire du syndicat de la Seine de sa corporation, Maucolin assista comme délégué au XVe congrès national corporatif — 9e de la CGT — et à la conférence des Bourses du Travail tenus à Amiens du 8 au 16 octobre 1906. En 1909-1910, secrétaire adjoint de la fédération du bâtiment, il contribua activement à la réussite de la grève des ouvriers employés à la construction du canal du Nord dans la région d’Ytres (Somme) et de Bertincourt (Pas-de-Calais).

Membre de la commission exécutive de la Fédération du Bâtiment, élue en juillet 1914, Maucolin était en 1918 secrétaire adjoint de la 18e région fédérale (région parisienne). Délégué au VIe congrès fédéral en juillet 1918, il représenta les syndicats des granitiers, des carreleurs et des faïenciers de Paris. Membre de la minorité fédérale, il proposa les candidatures de Péricat et de Barthe au bureau fédéral. Bien que la majorité eût conservé sa prééminence, Maucolin fut réélu comme membre suppléant de la commission exécutive. Voir Bazin.

Pendant l’année 1919, Maucolin se montra très actif. Participant à de nombreux meetings, il se révéla un orateur vigoureux et parfois violent. Le 20 janvier 1919, il déplora la présence de « traîtres et de vendus » au sein de la classe ouvrière. « Ces traîtres, vous les connaissez, ce sont les secrétaires de nos organismes centraux, il vous appartiendra dans quelque temps de les traiter comme ils le méritent. » A la veille du 1er Mai 1919, il déclara : « Le gouvernement actuel ne fera rien, car il soutient la réaction contre nous... je puis, moi terrassier et syndicaliste militant, vous en parler car je me souviens des passages à tabac des flics de Clemenceau et des représailles sanglantes de Villeneuve-Saint-Georges et de Draveil-Vigneux... » A propos des augmentations de salaires, il développa sa conception de la famille : « Il faut que le salaire soit élevé de manière que la femme, cette compagne de l’homme, ne soit pas obligée de travailler et reste dans son rôle que la guerre lui a fait abandonner, il faut qu’elle reste à la maison... »

Maucolin se vit reprocher ses prises de position par la commission exécutive fédérale dominée par les majoritaires. Ces derniers envisagèrent de présenter contre lui, au poste de secrétaire de la 18e Région, Chazot ou Cretaud mais ce fut David, un autre minoritaire, qui lui succéda dans cette fonction. Après son départ du secrétariat, Maucolin participa avec moins d’intensité à la vie syndicale. Il milita au syndicat des terrassiers et resta membre de la commission exécutive fédérale. Il démissionna de cet organisme, en janvier 1921, avec Barthe, Le Pen, Fève et David. Ces militants entendaient protester contre l’attitude des majoritaires et surtout contre la prise de position de Chanvin, le secrétaire fédéral, qui avait approuvé au conseil national de la CGT, en novembre 1920, la motion Dumoulin sur l’exclusion des minoritaires.

De 1921 à 1926, Maucolin fut conseiller prud’homme de la Seine, section du Bâtiment.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article121130, notice MAUCOLIN François par Jean-Luc Pinol, version mise en ligne le 21 novembre 2017, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Jean-Luc Pinol

SOURCES : Arch. Nat. F7/13649, F7/13650 et F7/13651. — Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 2068. — Compte rendu du congrès fédéral cité et du congrès national d’Amiens, octobre 1906. — Agendas de la Bourse du Travail de Paris. — Dictionnaire, t. 14. — La Bataille syndicaliste quotidienne, 9 juin 1911-9 décembre 1912 (BNF Gallica). — Notes de Louis Botella.

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