POCH Laurent, Émile, Philippe

Par André Balent

Né et mort à Saint-Laurent-de-Cerdans (Pyrénées-Orientales) : 6 septembre 1884-4 février 1981. Ouvrier trépointeur. Second adjoint socialiste au maire de Saint-Laurent (1929-1940).

Fils d’un couple d’espadrilleurs, Laurent Poch travailla comme ouvrier trépointeur dans l’industrie sandalière de Saint-Laurent-de-Cerdans. Avant la Première Guerre mondiale, il fit partie du noyau de militants laurentins à la fois socialistes, syndicalistes et coopérateurs. Comme Joseph Nivet* ou Joseph Saquer*, il fut socialiste « reconstructeur », hostile à l’adhésion à la IIIe Internationale. Après la scission, il participa activement à la reconstitution de la section SFIO locale dont il fut le secrétaire jusqu’en 1940. En mai 1929, la victoire de la liste socialiste SFIO fut totale : Joseph Nivet devint maire, François Brunet premier adjoint et Laurent Poch deuxième adjoint (12 mai 1929). Aux élections de mai 1935, la liste socialiste SFIO fut reconduite, ainsi que le maire et les deux adjoints.

Laurent Poch fut l’un des animateurs de la Chambre syndicale CGT des ouvriers espadrilleurs, trépointeurs et tisseurs (OETT) de Saint-Laurent. Juste après la Première Guerre mondiale, il en devint le secrétaire. Pendant un mois (mars-avril 1920), il anima une grève des ouvriers sandaliers qui obtinrent une augmentation importante de leurs salaires. En novembre 1920, Laurent Poch fut un des signataires de l’appel « Pour le respect des droits syndicaux. » Il fut de ceux qui pensèrent que la coopération pouvait être l’outil de l’émancipation et devint président directeur gérant de la coopérative ouvrière, « l’Union des travailleurs syndiqués » créée en 1908. Il avait participé à sa fondation et à celle de « l’Union sandalière » dont il devint membre du conseil d’administration en 1923. Il s’efforça d’en assurer le développement, n’hésitant pas à se déplacer fort loin afin de prospecter des marchés. Le 1er juillet 1940, Laurent Poch fut désigné par le conseil d’administration de la coopérative comme président directeur gérant. Il assura ces fonctions pendant de nombreuses années.

En 1941, Laurent Poch fut destitué de son mandat d’adjoint par les autorités vichyssoises. Toutefois, ancien combattant, il adhéra à la Légion, ce qui lui valut d’être nommé conseiller municipal de Saint-Laurent-de-Cerdans par arrêté préfectoral du 31 mars 1941. Cependant, il ne versa pas dans la collaboration.

Laurent Poch fut encore conseiller municipal dans la municipalité provisoire nommée à la Libération et conserva ces fonctions jusqu’en avril 1945. Il demeura dans la mouvance de la SFIO puis du Parti socialiste. Pendant de nombreuses années, également, il s’occupa des anciens combattants.

Laurent Poch, qui eut un fils, mourut presque centenaire alors que « l’Union sandalière » victime à la fois de la crise économique et d’erreurs de gestion avait été contrainte, en 1978, de fermer ses portes. Il fut enterré civilement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article126695, notice POCH Laurent, Émile, Philippe par André Balent, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, 2 M 5/302, 303, 304. — Arch. privées M. Erre. — « Livre de raison » de L. Poch. — Le Courrier de Céret, 30 décembre 1923. — Le Cri catalan, 17 avril et 20 novembre 1920. — La Dépêche du Midi (Toulouse), 4 septembre 1922, 30 décembre 1923. — Souvenirs de L. Poch recueillis par par J. Saquer. — Entretiens avec J. Saquer, M. Erre. — Lettre de Pierre Raynaud.

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