BOGACKI Edmond

Par Daniel Grason

Né le 16 novembre 1893 à Dembina, Silésie (Pologne) ; peintre en bâtiment ; volontaire en Espagne républicaine ; antifasciste ; déporté.

Edmond Bogacki fils de Stanislas et de Julienne, née Globite, arriva en France le 26 décembre 1921, doté d’une solide instruction, il parlait plusieurs langues. Il travailla et demeura à Hayange (Moselle), jusqu’en 1923 ; au Havre (Seine Inférieure, Seine-Maritime), l’année 1924 ; et à Anzin (Nord), jusqu’en 1930. Le 30 janvier 1928, il se maria avec Marie Boulan, née le 10 janvier 1900 à Saint-Sulpice-de-Favières (Seine-et-Oise, Essonne). En 1930 le couple vint habiter au 7, rue Charlemagne, à Paris IVe arr. (Seine), il travaillait comme peintre en bâtiment chez Thomas Harrisson de 1930 à 1933, puis pour la maison Grossiether jusqu’en 1936. En octobre 1933, il fit une demande de naturalisation. Pour montrer son attachement aux valeurs républicaines, il précisa qu’il avait combattu comme volontaire de 1919 à 1920 dans l’armée polonaise contre l’Armée rouge.

En octobre 1936, il partit en Espagne dans les Brigades internationales, il fut rapatrié en France le 12 février 1939. Edmond Bogacki regagna son domicile et se mit en règle avec les autorités administratives. Pendant la guerre, il travailla comme manœuvre à l’entreprise Burmeister à Boissy-L’Aillerie (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) pour le compte des autorités allemandes. Il était porteur d’une carte d’identité valable jusqu’au 12 décembre 1942.

Les autorités d’occupation demandèrent à la préfecture de police, l’établissement d’une liste des ex-Brigadistes en Espagne. Établie par la 3e section des Renseignements généraux, elle fut prête le 19 septembre 1941. Le conseiller Karl Boemelburg, commandant SS-Sturmbannführer qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français, décida d’une opération d’ensemble dans le département de la Seine. Elle se déroula le 24 décembre 1941, Edmond Bogacki figurait sur la liste, il fut appréhendé à 21 heures à son domicile, par le commissaire et un inspecteur du quartier Saint-Gervais. Ils procédèrent à une perquisition, sans résultat…

Interrogé sur sa participation à la guerre d’Espagne dans les rangs républicains, il répondit qu’il était à cette date au chômage, de ce fait, il était une charge pour sa femme. Il s’était enrôlé, mais prétendit qu’il ne fut pas combattant, mais infirmier rétribué mille six cents francs par mois. Les policiers restèrent dubitatifs, les preuves de sa bonne foi manquaient. Le jour de Noël, Edmond Bogacki était interné à la caserne des Tourelles, XXe arr., en décembre 1942, il était transféré au camp d’internement de Rouillé (Vienne), puis le 6 mai 1943, à Compiègne (Oise).

Le 25 juin 1943, il partit dans un convoi de neuf cents quatre-vingt-dix-neuf déportés : huit cents soixante français, cent trente-neuf étrangers dont soixante-deux Néerlandais, quarante-trois Polonais et dix-neuf Belges à destination de Buchenwald (Allemagne). Trente-quatre s’évadèrent avant Châlons-sur-Marne (Marne), huit furent repris. Le convoi arriva le 27 juin à destination. Edmond Bogacki fut affecté au Kommando de travail de Dora, les détenus devaient creuser un tunnel destiné à installer des armes redoutables, les fusées V2, ce travail fut meurtrier, plus de la moitié des déportés trouvèrent la mort ou disparurent. Edmond Bogacki matricule 14935 fut libéré le 11 avril 1945 par l’armée américaine, et rapatrié en France le 24 mai 1945. En 1947, il était titulaire d’une carte d’identité délivrée le 21 janvier 1946, au titre de « travailleur industriel », valable jusqu’au 13 mai 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article137489, notice BOGACKI Edmond par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 juillet 2011, dernière modification le 8 juillet 2011.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, RG77W, 160. – Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Ed. Tirésias, 2004.

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