ALPI Cleto. Pseudonyme de guerre : Georges.

Par Anne Morelli

Né à Monghidoro (pr. Bologne, Italie), le 13 octobre 1907. Ouvrier d’aciérie, responsable de la section du Parti communiste belge et dirigeant de l’Unione popolare italiana de Châtelineau (aujourd’hui commune de Châtelet, pr. Hainaut, arr. Charleroi), résistant armé, commandant-adjoint de l’Armée belge des partisans, expulsé après vingt-sept années de séjour en Belgique.

La famille Alpi, antifasciste, s’installe en Belgique en 1923. Le frère de Cleto, Carlo, responsable des Jeunesses communistes, est expulsé en 1930 à la suite d’une perquisition, la veille du 1er mai dans une cantine de Couillet (aujourd’hui commune de Charleroi, pr. Hainaut, arr. Charleroi), où il est trouvé en possession de matériel de propagande à distribuer. Cleto est inscrit au Parti communiste belge (PCB) depuis 1924. Il milite dans des groupes de langue italienne et au sein des Ligues italiennes antifascistes de Belgique (LIAB). Avant la guerre, il est responsable de section du PCB et il dirige l’Unione popolare italiana (UPI) de Châtelineau, organisation de front unique largement dominée par les communistes mais qui, appuyée par les socialistes, peut tenir ses réunions à la maison du peuple locale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Cleto Alpi devient un responsable important de l’Armée belge des partisans. Il recrute dans la région de Charleroi de nombreux immigrés italiens qui vont le rejoindre dans les Partisans armés. Devenu commandant-adjoint, il forme des groupes de sabotage et dirige des groupes de choc. Il aide à l’évasion de prisonniers russes, héberge des personnes recherchées, diffuse la presse clandestine et collabore aux services de renseignements. Activement recherché, il entre dans la clandestinité le 1er mai 1944.

Après la Libération, Cleto Alpi se porte volontaire pour continuer les combats et n’est démobilisé que le 7 décembre 1944. La Belgique lui accorde le titre de résistant armé et reconnaît qu’il a notamment assuré près de 400 contacts et liaisons pendant l’Occupation. Il reçoit une distinction honorifique britannique, accompagnée de la citation suivante : « Élément courageux et de valeur, il remplit toujours ses missions à l’entière satisfaction de ses chefs. À la tête de ses hommes, prend une part active aux combats de la libération. Par son abnégation et son mépris du danger, il contribue largement au succès des armes britanniques dans leur offensive en Belgique. A assuré avec courage et abnégation les missions qui lui sont confiées ». Alpi est également cité à l’ordre du jour de l’Armée belge des partisans « pour avoir, depuis mai 1941, participé au sein de l’ABP, avec une splendide ardeur et une persévérance tenace, à la lutte contre l’occupant (...). A bien mérité de son pays d’adoption. »

En 1950, ce héros de la résistance est expulsé de Belgique où il laisse deux enfants. L’arrêté ministériel du 22 août 1950 précise que la présence de ce communiste en Belgique est « nuisible pour la sécurité du pays ». Il est hébergé par son frère Carlo qui a été pendant douze ans prisonnier des geôles fascistes et est le premier bourgmestre de leur village natal après la Libération. En 1960, Cleto Alpi revient à Châtelineau où il reprend ses activités de sidérurgiste. Il est l’époux de Giuseppina Michelin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143064, notice ALPI Cleto. Pseudonyme de guerre : Georges. par Anne Morelli, version mise en ligne le 16 novembre 2012, dernière modification le 19 novembre 2017.

Par Anne Morelli

SOURCES : Interview de Raoul Baligand réalisée le 30 janvier 1978 – Archives centrales de l’État à Rome, ACS, CPC 125691 – CEGESOMA, Dossier au Front de l’indépendance (PA 3 375) – SPF Sécurité sociale, service de réparation des dommages de guerre, Bruxelles – Lettre de Mr. Raes, administrateur-directeur général de la Sûreté, à l’auteur, en date du 14 avril 1981 – COMELLINI, V., Voci e Volti, s.l., (2010).

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