DAUBEUF Vittoria, Gorizia dite Viva [née NENNI Vittoria]

Par Daniel Grason

Né le 31 octobre 1915 à Ancône (Italie), morte le 16 juillet 1943 à Auschwitz (Pologne) ; antifasciste.

Fille de Pietro Nenni, secrétaire du Parti socialiste italien, Vittoria vécut à Milan jusqu’en 1928. Face à la montée du fascisme, la famille s’exila en France, Vittoria alla à l’école secondaire à Paris. Elle épousa en 1937 Henri Daubeuf, par son mariage, elle acquit la nationalité française. Son mari prit la gérance de la Société Française d’Impressions et d’Éditions qui appartint à son beau-père. Le couple demeurait 22 rue Rémy et Jean de Gourmont à Paris XIXe arr.

En 1942, Henri Daubeuf était sollicité par le Parti communiste pour imprimer des tracts et des brochures, il en parla à sa femme, elle répondit « Mon père le ferait ». Des inspecteurs de la BS 1 se présentèrent le 19 juin 1942 à l’imprimerie 14 rue de Bellevue dans le XIXe arr. Lors de la perquisition des débris de tracts en partie incinérés furent découverts, Henri Daubeuf était arrêté sous l’inculpation d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Emmené dans les locaux de la préfecture de police, il fut interrogé dans les locaux des Brigades spéciales. Au lieu de fuir, Vittoria lui rendit visite chaque jour, lui apportant de quoi de restaurer, elle était interpellée le 23 juin.

Elle fut incarcérée au Dépôt, de même les hommes arrêtés lors de l’opération policière contre les ateliers d’artisans qui imprimaient la propagande clandestine communiste. Le 10 août 1942, les hommes quittaient le Dépôt, ils furent fusillés comme otages le lendemain au Mont Valérien à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine).

Les femmes elles étaient prisonnières au Fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis). L’une de ses sœurs également française par son mariage multipliait les démarches auprès de personnalités qui avaient connus leur père dans l’espoir de la faire libérer. Vittoria fut appelée à la Kommandantur du camp, le commandant lui proposa de renoncer à la nationalité française et elle serait envoyée en Italie. Elle refusa pensant : « Mon père ne se désolidariserait jamais ».

Elle fut déportée le 21 janvier 1943 de Compiègne à destination d’Auschwitz (Pologne), deux cent trente femmes étaient dans ce convoi. Son surnom de Viva provint probablement de son enthousiasme dans les épreuves qu’elle traversait. Matricule 31635, Vittoria Daubeuf était atteinte par le typhus le 26 avril, soignée, elle connue une rémission puis mourut le 16 juillet à l’âge de vingt-huit ans. Sur deux-cent trente femmes qui étaient dans ce convoi cent quatre-vingt une moururent (78,7%).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145600, notice DAUBEUF Vittoria, Gorizia dite Viva [née NENNI Vittoria] par Daniel Grason, version mise en ligne le 15 mars 2013, dernière modification le 18 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BS1 GB 50 et 77W 1265. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Éd. de Minuit, 1995. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

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