FLUCHE Pierre [dit Fluse] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Herre Sneyers

Né à Hodimont (Belgique) le 22 février 1841, mort le 5 décembre 1909. Tisserand, membre de l’AIT.

Le tisserand verviétois Fluche fit, en 1865, à l’âge de 24 ans, un voyage en France et devint en 1867 cofondateur du journal socialiste Le Mirabeau et du groupe proudhonien Les Francs Ouvriers.

Il fut l’une des figures les plus importantes de la Première Internationale en Belgique et représenta la Fédération des ouvriers de la vallée de la Vesdre lors du congrès international de Bruxelles (1868), lors de la conférence de Londres (1871) et lors du congrès de La Haye (1872). A ce moment-là, il défendit les positions anarchistes de la Fédération jurassienne. Avec les années, Fluche devint plus modéré. En 1877, il était encore contre l’action parlementaire et suivait en cela Kropotkine* et Guillaume* mais, au début de 1878, il permit que des positions gradualistes paraissent dans Le Mirabeau. Cela permit au moins un élargissement aux anarchistes locaux du groupe L’Étincelle. Même si Fluche n’était probablement plus anarchiste, il conservait néanmoins des sympathies pour le journal anarchiste Le Cri du Peuple (1878-1879). A cette période, il était encore surtout un révolutionnaire. C’est ainsi qu’il défendait des moyens d’action radicaux y compris avec des personnes qui se situaient aux marges de la légalité.

Le 25 décembre 1880, Fluche représenta le groupe En Avant au congrès révolutionnaire de Verviers. A cette occasion il plaida pour une réorganisation de l’Internationale sur des bases révolutionnaires et, antidogmatique comme il l’était, ne voyait pas d’un bon œil l’utilisation du mensuel anarchiste La Persévérance comme organe de presse momentané du mouvement.

D’autre part, il était contre toute forme de sectarisme exagéré et il trouvait qu’il fallait ménager les opposants idéologiques : "On a beaucoup attaqué, ajouta-t-il, ceux qui prônent le suffrage universel ; pour ma part, je ne croit pas à son efficacité ; il y a 15 ans que je sais que c’est le leurre véritable, mais d’honnêtes gens peuvent se fourvoyer et quand ils auront reconnu que leur maudit suffrage universel ne les mène à rien, ils reviendront parmi nous. En attendant, ne les attaquons pas."

Pendant l’année 1881, il finit même par mener – à la suite des partisans de l’association bruxelloise révolutionnaire Les Cercles Réunis – une propagande en faveur du suffrage universel. Fluche défendait le droit de vote pour tous pour les mêmes considérations tactiques que les révolutionnaires bruxellois. Il ne s’attendait pas à ce que cette exigence soit réalisée la décennie suivante.

En 1882, le groupe En Avant publia le journal La Sentinelle dans lequel les mêmes opinions radicales étaient véhiculées. Jusqu’en 1885, Fluche écrivit dans La Sentinelle mais il évolua bientôt vers des positions plus réformistes. En 1884, il devint président d’une coopérative boulangère à Verviers et après 1885, il devint actif au sein du POB réformiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153735, notice FLUCHE Pierre [dit Fluse] [Dictionnaire des anarchistes] par Herre Sneyers, version mise en ligne le 23 mars 2014, dernière modification le 12 janvier 2020.

Par Herre Sneyers

SOURCES : Freddy JORIS, Pierre Fluche et le mouvement ouvrier verviétois sous Léopold II, Tubize, Gamma Press - IEV, 1997 — traduit de http://janpelleringfonds.be par Patrick Duquesne

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