BERTOLINO Jean-Marie.

Par Jacques Girault Jean-Marie Guillon

Né le 6 mars 1906 à Paris (XIVe arr.), mort en déportation à Mauthausen le 19 avril 1945 ; garçon de café ; militant communiste ; militant syndicaliste (CGT) du Var ; résistant.

Fils de cuisiniers, après avoir été à l’école jusqu’à treize ans, Jean-Marie Bertolino devint apprenti-cuisinier à Dieppe (Seine-Inférieure) puis travailla deux années dans le restaurant de ses parents dans cette ville où il se maria en décembre 1929. Il travailla à Paris et effectua son service militaire dans la Marine nationale en 1928-1929. Gérant d’un restaurant à Paris de 1929 à 1933, il travailla six mois à Nice (Alpes-Maritimes) avant de devenir garçon de café à Toulon, à l’Amirauté puis à la Civette Puget.

Bertolino était membre de la CGT depuis 1929 et du Parti communiste depuis 1934. Il devint membre de la commission exécutive de l’Union locale CGT à la fin de 1935. La police le présentait alors comme"sympathisant communiste". A la suite des grèves de l’été 1936, il resta plusieurs mois au chômage. Toujours membre de la commission exécutive de l’Union locale CGT, il devint secrétaire général, le 24 septembre 1937, puis secrétaire adjoint le 18 décembre 1937. Après la démission d’Antoine Berné, il assura l’intérim du secrétariat à partir du 11 mars 1938, et fut désigné secrétaire permanent le mois suivant. Au congrès de l’Union départementale de juillet 1937, il faisait partie de la commission des mandats. Il était aussi secrétaire départemental de "Paix et Liberté" depuis le 27 octobre 1938.

Mobilisé au début de la guerre comme cuisinier dans une unité de la Marine à Saint-Pons, Jean-Marie Bertolino fut l’objet de dénonciation de la part des syndicalistes non communistes de l’Union locale et fut arrêté le 14 avril 1940. Après avoir bénéficié d’un non lieu, le 10 juin, il fut démobilisé le 17 juillet 1940. Il fut licencié de son emploi de cuisinier sur « Le Rhin » en août 1940, bien que s’étant désolidarisé du Parti communiste. Interné au centre de séjour surveillé de Chibron (près de Signes, Var) le 22 novembre 1940, il travaillait aux cuisines. Transféré à Fort-Barraux (Isère), le 15 février 1941, puis à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), il s’évada fin février 1943 et vint se cacher dans les Maures, au quartier de Cargues, avec le Lucois Martin Mauro, évadé lui aussi. Ils y fabriquèrent du charbon de bois pour le compte de bûcherons des Mayons. Il fut rejoint par trois Toulonnais qui cherchaient à échapper aux Allemands et aurait été en contact avec l’AS de Toulon (Orsini) qui projetait de constituer un maquis. Bertolino renoua alors avec le Parti communiste clandestin et rejoignit les FTP. Autour de lui se constituèrent le camp « Faïta » et la 1re compagnie de Provence. Ses pseudonymes étaient alors "Jean le charbonnier" et "Jean Bellon". Il fut chargé par le responsable militaire départemental, Henri Faurite, de réceptionner les rescapés du maquis de Sainte-Maxime (mai 1943) et devint chef militaire du camp « Faïta ». Il en fut la personnalité forte, respectée des jeunes maquisards et ayant sur eux un ascendant considérable. Faurite lui donna la responsabilité des maquis de l’interrégion à l’automne 1943. Il fut arrêté avec Victor Labise le 26 novembre 1943 près de Flassans. Emprisonné à Toulon, déporté à Buchenwald, puis à Sarrebrück, il mourut à Mauthausen le 19 avril 1945. Il a été homologué comme capitaine à titre posthume le 22 avril 1947.

Aucune plaque, nulle part, ne rappelle son souvenir et c’est probablement l’une des plus choquantes anomalies en ce qui concerne la mémoire de la Résistance varoise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16527, notice BERTOLINO Jean-Marie. par Jacques Girault Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 24 mai 2020.

Par Jacques Girault Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Var, 4 M 50, 54, 56 10, 59.4 ; 7 M 12 2 ; 3 Z 3 40, 4 22, 16 5, 7, 8. — Le Var syndicaliste, n° 11 du 10 août 1945.

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