COLLIBEAUX André

Par Daniel Grason

Né le 29 avril 1920 à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne), disparu le 18 août 1944 à la caserne Prince Eugène place de la République à Paris (Xe arr.) ; chauffeur-livreur, gardien de la paix ; membre d’Honneur de la Police ; résistant.

Fils de Lucien, employé d’Octroi et de Marie-Louise née Vollaire, André Collibeaux obtint à l’issue de sa scolarité primaire le CEP, il suivit pendant deux ans un cours complémentaires en action commerciale, il fit une partie de son éducation scolaire à Fontenay-sous-Bois. Il demeurait dans sa ville natale chez ses parents 32 rue de Joinville.
Le 16 juillet 1935 il entra à la Maison André Bahu comme employé aux écritures au 17 avenue Victoria à Paris (Ier arr.). Du 21 décembre 1935 au début septembre 1936 il traversa une période de chômage. Il devint aide-livreur le 28 septembre 1936 à la Maison Bouveret 18-20 boulevard de Neuilly à Paris (XIIe arr.). Ayant passé avec succès le permis poids lourds il entra le 4 mai 1937 en tant que chauffeur-livreur à la société des Transports Automobiles au 5 avenue Hoche à Paris (VIIIe arr.). André Collibeaux épousa Raymonde Bourbon le 29 janvier 1939 à Maison-Alfort (Seine, Val-de-Marne), le couple eut un enfant.
Il sollicita en octobre 1941 un emploi de gardien de la paix auprès de la préfecture de police de Paris, il commença le 1er octobre 1941, fut affecté au commissariat du XIe arrondissement. De haute stature, mesurant un mètre quatre-vingt-huit, il devait en imposer. Il aurait rejoint la résistance en mai 1943.
Le 17 août 1944 André Collibeaux faisait partie de l’équipe des F.F.I. qui participa à la prise du poste Radio-Paris 116 avenue des Champs-Elysées qui était aux mains des Allemands. Alors qu’il regagnait avec deux collègues Louis Claeysen et Raymond Perretin le poste de police du XIe arrondissement pour y chercher des armes, vers 23 heures 45, ils furent interpellés par des soldats allemands aux abords de la porte Saint-Martin, conduits à la caserne Prince Eugène place de la République. Là se perdit la trace des trois policiers. Prévenue Denise Claeysen épouse de Louis se présenta à la caserne Prince Eugène. Reçue par un officier allemand, celui-ci lui affirma que son mari était un terroriste.
Lucien Collibeaux, père d’André se rendit à l’Institut Médico-Légal quai de la Râpée et à la mairie de Vincennes où de nombreux corps étaient alignés. Il ne reconnut pas celui de son fils. La Sécurité Militaire et l’Inspection Générale des Services ouvrirent une enquête… en vain.
En 1946, un prisonnier français en Allemagne au stalag II A raconta qu’il s’était enfui lors des bombardements du camp avec d’autres prisonniers. Le 30 avril 1945 ils rencontrèrent des troupes russes aux environs de Stettin, transférés en Union Soviétique près de Minsk dans un camp de prisonniers français, il aurait rencontré André Collibeaux. L’homme qui habitait également Maisons-Alfort rencontra Lucien Collibeaux à son magasin de cycles, lui annonça la bonne nouvelle. Il fit de même auprès des autorités policières qui accueillirent la nouvelle avec circonspection.
Dans une lettre du 22 juillet 1946 au général Guillaume, chef de la Mission Militaire en URSS, Arthur Airaud ancien cheminot, communiste, responsable du Front national de la police, présentement inspecteur général de la préfecture de police avec rang de préfet accueillit l’information avec circonspection. Il écrivit : « Vraisemblablement, cet individu, qui paraît assez simple d’esprit, a colporté des bruits sans fondement. Néanmoins j’estime qu’il y a intérêt à obtenir une mise au point de vos Services. »
Nulle trace d’André Collibeaux ne fut retrouvée, ni en France ni en Union Soviétique. Le 15 avril 1952 un jugement déclaratif de décès d’André Collibeaux était rendu par la Chambre du conseil du Tribunal civil de la Seine. Dès 1948, le commissaire principal du XIe arrondissement fut désigné comme le tuteur de Jean-Pierre fils d’André et de Jeanne.
Déclaré « Victime du devoir », le ministère des Anciens combattants attribua à André Collibeaux la mention « Mort pour la France », il fut homologué membre de la Résistance Intérieure Française (R.I.F.) du 3 mai 1943 au 17 août 1944.
Le nom d’André Collibeaux figure sur la plaque commémorative apposée en mairie du XIe arrondissement avec ceux des sept autres policiers Morts pour la France pendant la Libération de Paris, ainsi que sur le monument de Fontenay-sous-Bois dédié à « la mémoire des élèves des écoles laïques de la ville de Fontenay-sous-Bois » morts pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178739, notice COLLIBEAUX André par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 avril 2016, dernière modification le 18 août 2020.

Par Daniel Grason

André Collibeaux et son épouse

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, KC 8, JA 246. — SHD, Caen AC 21 P 47374. — Bureau Résistance : GR 16 P 137588. — Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. — Site internet GenWeb. — État civil.

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